DERNIÈRES NOUVELLES : La recherche des survivants du séisme se poursuit dans la province indonésienne d’Aceh

Jack Hewson

Journaliste indépendant 

Douze ans après que le tsunami le plus meurtrier au monde eut frappé les côtes d’Aceh, les habitants des régions situées à proximité de la pointe nord de la province indonésienne doivent encore une fois compter leurs morts et chercher les survivants sous les décombres à la suite d’un funeste tremblement de terre.

*Au moins 102 personnes ont été tuées, selon le bras humanitaire de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). Jeudi, l’organisation a dit qu’un hôpital et une école s’étaient effondrés, ainsi que plus d’une centaine de commerces et 14 mosquées. Le séisme a « lourdement endommagé » au moins 161 maisons et 3 267 personnes sont actuellement hébergées dans des abris temporaires.

Neuf corps supplémentaires ont été tirés des décombres depuis mercredi, lorsque le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes Sutopo Purwo Nugroho a dit à IRIN que de jeunes enfants comptaient parmi les victimes. Au moins 128 personnes ont été gravement blessées, a-t-il ajouté.

Selon l’Institut de veille géologique des États-Unis (United States Geological Survey, USGS), le séisme sous-marin en eau peu profonde qui a frappé à 5 heures mercredi matin a atteint une magnitude de 6.5.

Son épicentre se trouvait à une profondeur de 8,2 kilomètres, juste au large de Pidie Jaya, une région située sur la côte est de l’île de Sumatra, à environ 70 kilomètres au sud-est de la capitale provinciale Banda Aceh.

Le tremblement de terre a frappé à l’aube, alors que de nombreux habitants de cette région majoritairement musulmane se levaient pour faire leurs prières. Au moins cinq répliques ont été ressenties dans les heures qui ont suivi la secousse principale. Les efforts de secours se concentrent actuellement sur Meureudu, la ville la plus proche de l’épicentre.

Les stations de télévision locales diffusent des images de bâtiments effondrés, de routes fissurées et d’hôpitaux de fortune mis en place sur le bord de la route pour soigner les survivants.

Le président Joko Widodo a annoncé que son chef de cabinet se rendrait par avion dans la région pour superviser les opérations de secours. L’armée a quant à elle déployé 740 soldats pour aider la population locale.

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Mauvais souvenirs

Le tsunami de 2004 dans l’océan Indien est encore frais dans la mémoire de nombreux habitants d’Aceh. Ils ont souvent le réflexe de se précipiter vers un terrain surélevé lorsque des secousses sismiques surviennent.

Une habitante de Pidie Jaya a dit à AP qu’elle s’était réfugiée sur une colline environnante avec son mari et ses enfants lorsque le séisme de mercredi les a réveillés.

« J’étais terrifiée. J’avais de la difficulté à respirer et à marcher », a-t-elle dit. « Nous nous sommes réfugiés sur une colline des environs parce que notre maison est située près de la plage. Nous avions peur qu’un tsunami puisse survenir à n’importe quel moment. »

Des travailleurs humanitaires se plaignent du manque de personnel médical disponible dans la région. On rapporte par ailleurs que de nombreux blessés doivent être transportés sur de longues distances pour être soignés dans les districts voisins.

Offres d’aide

Dans une déclaration écrite, l’organisation Plan International a indiqué qu’elle travaillait en collaboration avec les agences locales et nationale de gestion des catastrophes et les organisations d’aide humanitaire présentes dans le pays et qu’elle était prête à intervenir si on lui demandait de le faire.

« Nous avons des fournitures d’urgence prépositionnées pouvant être distribuées, y compris des kits d’abris d’urgence et d’autres articles humanitaires d’urgence », a dit Wahyu Kuncoro, qui travaille pour l’organisation humanitaire.

« De nombreuses écoles sont fermées à cause du tremblement de terre, ce qui signifie que des milliers d’enfants ne peuvent pas reprendre les cours. Il se peut dès lors que ces enfants ne bénéficient pas de la protection physique et du soutien affectif que leur fournit leur environnement scolaire. »

*La Malaisie a offert d’envoyer sur place son équipe d’aide et de sauvetage en cas de catastrophe. Selon l’ANASE, l’Indonésie n’a pas demandé une aide internationale, mais l’organisation recommande à toutes les équipes d’intervention en cas de catastrophe de se tenir prêtes.

En raison de sa situation sur la tristement célèbre « ceinture de feu » – l’ensemble de lignes de faille qui bordent le bassin Pacifique –, l’Indonésie est régulièrement touchée par de puissants séismes.

En mars dernier, un tremblement de terre de magnitude 7.8 a frappé la côte sud-ouest de Sumatra, mais aucun tsunami n’a été enregistré et aucun décès n’est survenu.

Le tsunami de 2004 dans l’océan Indien et le séisme qui l’a provoqué – d’une magnitude de 9.1 selon l’USGS – ont fait plus 230 000 victimes dans une douzaine de pays, dont 170 000 dans la province d’Aceh seulement.

jh/ag-gd/amz
 

*(Cet article a été mis à jour en se basant sur les nouvelles estimations de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est concernant le nombre de victimes, les dommages causés aux infrastructures et l’offre de la Malaisie d’envoyer sur place une équipe d’intervention en cas de catastrophe.)

(PHOTO DE COUVERTURE : Des secouristes aident une victime du tremblement de terre. CRÉDIT : Croix-Rouge indonésienne)