M. Poutine décline l’invitation au Sommet mondial sur l’action humanitaire

Ben Parker

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Le président russe Vladimir Poutine n’ira pas au Sommet mondial sur l’action humanitaire qui se tiendra prochainement à Istanbul. La Russie refuse par ailleurs d’être liée par les résultats d’un processus qui, selon elle, n’a pas pris en compte ses opinions.

IRIN a mis la main sur un communiqué russe selon lequel les conclusions du sommet, quelles qu’elles soient, ne constitueraient pas un motif légitime pour changer l’organisation du système d’aide humanitaire d’urgence des Nations Unies.

Ce communiqué, qui ne mâche pas ses mots, a été distribué aux États membres des Nations Unies la semaine dernière, mais les médias n’en ont pas encore fait mention. La Russie y déclare « avec une grande déception » avoir conclu que le Sommet mondial sur l’action humanitaire avait laissé l’opinion des États membres des Nations Unies « sur le bas-côté » dans « des circonstances alarmantes ».

Le porte-parole du sommet Hervé Verhoosel a écrit à IRIN que la conférence avait été conçue dès le début pour être plus ouverte qu’une simple réunion entre États : « C’est le résultat de trois ans de consultations, qui n’ont cessé de souligner l’importance d’une large participation. »

D’après M. Verhoosel, la Russie a participé à deux consultations régionales et a eu de nombreuses opportunités de faire passer ses idées. Les États membres « ont une bonne occasion de se réunir pour changer les choses », avec d’autres parties prenantes, a-t-il dit avant d’ajouter que les ces États allaient pouvoir discuter des résultats de ces consultations lors des processus officiels des Nations Unies plus tard cette année.

Les nouvelles étaient meilleures pour les organisateurs du sommet, quand elles ont pu annoncer la présence de la chancelière allemande Angela Merkel. Mme Merkel est la première dirigeante d’un pays du G7 à avoir confirmé sa venue. Les chefs d’État de la République centrafricaine, du Koweït, du Liban, des Pays-Bas et du Niger, entre autres, ont eux aussi confirmé leur présence, mais des dizaines d’autres manquent encore à l’appel.

La mission russe auprès des Nations Unies a écrit à IRIN que le vice-ministre des Situations d’urgence Vladimir Artamonov dirigera la délégation russe au sommet, qui comprendra également des représentants du ministère des Affaires étrangères (diplomatiquement, envoyer un vice-ministre à un sommet de haut niveau est le signe d’un très faible enthousiasme).

La Russie a ajouté qu’elle ne se pliera pas aux « responsabilités fondamentales » définies par les organisateurs du sommet, qui, a-t-elle dit, impliquent des « obligations de grande portée ». Ces cinq responsabilités fondamentales sont : réduire et prévenir les conflits, respecter le droit humanitaire, faire en sorte que moins de personnes soient laissées pour compte, réduire les risques et améliorer et multiplier les financements. M. Verhoosel a précisé que ces responsabilités fondamentales étaient basées sur « des problèmes soulevés par des milliers de personnes » et étaient « ancrées dans les cadres juridiques et intergouvernementaux existants ».

Dans son communiqué, la Russie a déclaré « absolument inadmissible » la manière dont les préparatifs se sont conclus et ont « privilégié certaines parties prenantes au détriment des autres ».

Les évènements du sommet sont organisés d’une telle manière qu’ils limiteront l’influence des gouvernements pourtant « appelés à jouer un rôle décisif dans la conduite de l’aide humanitaire », peut-on lire dans le communiqué. La semaine dernière, Médecins sans frontières a décidé de se retirer du sommet, en partie parce que des gouvernements puissants, dont la Russie, n’étaient pas mis face à leurs responsabilités pour les dommages causés aux civils dans les conflits actuels.

Le sommet, qui débutera le 23 mai à Istanbul et durera deux jours, réunira 6 000 représentants des gouvernements, des organisations d’aide humanitaire, des communautés touchées, de la société civile et du secteur privé. 

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