Une convention historique en faveur des travailleurs domestiques

Les défenseurs des droits des travailleurs domestiques célèbrent l’adoption d’une convention de l’Organisation internationale du Travail (OIT) reconnaissant le travail domestique comme un véritable travail. Selon une importante organisation de défense des droits humains, cette convention était attendue depuis longtemps et offre enfin visibilité et protection à des individus qui sont souvent exploités.



« Les travailleurs domestiques sont parfois confrontés à des sévices physiques et sexuels, au non-paiement de leur salaire et à la traite d’êtres humains. Ils passent par toute la gamme d’abus physiques et mentaux utilisés pour contrôler une personne. Certains employeurs les traitent comme des esclaves », a dit Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch (HRW). « Il y a suffisamment de cas d’abus pour justifier la mise en place d’un cadre de protection pour les travailleurs domestiques ».



Pour les militants et les travailleurs domestiques qui célèbrent l’adoption de cette convention historique à Genève et ailleurs, ce qui est le plus novateur dans le document, c’est le fait qu’il reconnaît le travail domestique comme un véritable travail.



« Ça semble élémentaire, mais c’est très important », a dit à IRIN Ip Puiyu, directeur du Réseau international des travailleurs domestiques (International Domestic Workers Network, IDWN) pour l’Asie, en marge de la session de la Conférence internationale du Travail lors de laquelle la convention a été adoptée par un vote de 396 contre 16 et 63 abstentions.



Les gouvernements de la Malaisie, de Singapour et de la Thaïlande font partie de ceux qui se sont abstenus.



Selon l’OIT, l’Asie est particulièrement en retard en ce qui concerne l’adoption de normes de protection internationales pour les travailleurs domestiques, et HRW craint que l’abstention de la Thaïlande ne reflète son intention de continuer d’ignorer les problèmes que rencontrent ces travailleurs.



« L’abstention de la Thaïlande vient entacher sa réputation. C’est honteux : le gouvernement devrait apporter son soutien à la mise en œuvre de la convention », a dit M. Robertson depuis Bangkok.



L’OIT estime que 41 pour cent des 53 millions de travailleurs domestiques répartis dans le monde entier se trouvent en Asie. L’Asie est la principale source de travailleurs domestiques migrants pour le Moyen-Orient, le Canada et l’Europe, ainsi que pour des pays asiatiques plus riches comme le Japon et Hong Kong.



« En établissant des normes minimales, [la convention] offre une plateforme permettant à un plus grand nombre de pays de s’engager dans un processus de réforme destiné à accorder aux travailleurs domestiques les même droits que les autres travailleurs en matière de protection sociale et du travail », a dit Amelita King Dejardin, conseillère technique principale sur les travailleurs domestiques pour le Programme sur les conditions d’emploi et de travail de l’OIT.



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