Des inondations font des dizaines de milliers de déplacés sur la côte

Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les inondations causées par des marées anormalement hautes, ces derniers jours, le long du littoral nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG). Les eaux ont inondé les habitations et détruit les potagers.



Selon le Service national de météorologie, le niveau élevé des eaux des mers de Bismarck et des Salomon est dû à la présence d’une zone de faible pression, au large de Guam et de la Nouvelle Calédonie.



Aucun changement climatique n’est prévu ces quelques prochains jours. Les provinces du littoral nord de la PNG sont les plus touchées. Selon le Centre de gestion des catastrophes (CGC), la situation est particulièrement grave en Nouvelle-Irlande, où selon les autorités de la province, 20 000 à 30 000 habitants ont été touchés ; ainsi que dans la province du Sepik oriental, en particulier aux alentours de la ville de Wewak, où 500 à 600 personnes sont désormais sans abri et où un enfant a trouvé la mort, selon Save the Children.



Les raz-de-marée continuent de faire des ravages dans la région, selon les autorités de la province : un quai a été détruit à Markham Point, un hôtel et deux pavillons ont été partiellement démolis, et les magasins et les infrastructures publiques sont menacés.



Plus de 50 000 victimes



Des évaluations rapides sont menées, à l’heure actuelle, par les Centres provinciaux de gestion des catastrophes et les organisations non-gouvernementales (ONG). Selon les estimations des autorités papouasiennes, 50 000 à 80 000 personnes auraient été touchées.



L’état des lieux se déroule toutefois lentement, bon nombre de zones se situant dans des régions reculées, qui manquent, pour certaines, d’infrastructures routières, et dont les ressources humaines et matérielles sont limitées. L’Etat d’urgence n’a pas été déclaré, mais le Centre national de gestion des catastrophes (CNGC) a qualifié la situation de catastrophe nationale.



« À ce stade, la plus grosse lacune est le manque d’informations concrètes en provenance du terrain. Nous savons que beaucoup de gens sont déplacés, mais avec les raz-de-marée qui continuent de déferler et l’éloignement géographique des différentes régions touchées, il est difficile de mener des évaluations minutieuses », a indiqué à IRIN Jacqui Badcock, coordinateur résident des Nations Unies en PNG.



Le 11 décembre, le Comité exécutif national (CEN) a approuvé le versement de 50 millions de kinas (20 millions de dollars), pour financer les secours : « Au cours de la réunion d’urgence d’aujourd’hui (11 décembre), le CEN a approuvé le versement d’un maximum de 50 millions de kinas, mais il a immédiatement mis 20 millions de kinas à la disposition des SNGC [Services nationaux de gestion des catastrophes] pour apporter des secours aux populations des régions touchées », a déclaré le Premier ministre Sir Michael Somare.



Le 12 décembre, Manasupe Zurenuoc, président du CNGC, a appelé les bailleurs à envoyer du matériel de secours, notamment des bâches, des conteneurs d’eau, de l’eau potable, des couvertures, des outils et du matériel de construction de base, et des médicaments. Il a également demandé qu’une équipe onusienne de coordination et de gestion des catastrophes (UNDAC) soit dépêchée sur place.



Les opérations de secours



À l’heure actuelle, la Société de la Croix-Rouge papouasienne mène des états des lieux et distribue des secours aux populations de la province de la Nouvelle-Irlande et déploiera ses opérations jusque dans la province de Sandaun et dans d’autres provinces touchées où la Croix-Rouge est implantée.



Save the Children et Oxfam apportent déjà des secours aux populations de la région de Wewak, dans la province du Sepik oriental. Caritas porte également assistance aux populations des provinces de Manus et de la Nouvelle-Irlande.



L’Agence australienne d’aide au développement international (AusAID) s’est engagée à verser 500 000 dollars australiens par le truchement de plusieurs ONG partenaires, et le gouvernement australien enverra un avion militaire C-130 chargé de bâches, de conteneurs d’eau et de pastilles de purification de l’eau dans les provinces de la Nouvelle-Irlande et de Manus.



L’Agence néo-zélandaise d’aide au développement international, l’ambassade du Japon et l’Agence japonaise de coopération internationale se sont également engagées à verser une aide financière.



Quant au Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), il déploie actuellement du personnel supplémentaire sur place : « Nous sommes prêts à apporter une aide supplémentaire si nous en recevons la demande, et nous restons en contact étroit avec le Centre national de gestion des catastrophes de PNG et le Coordinateur résident des Nations Unies en PNG », a assuré Terje Skadval, directeur du bureau régional d’OCHA pour l’Asie et la région Pacifique, à Bangkok.



bj/cb