Poursuite des combats, les hôpitaux « débordés »

L’hôpital principal de Mogadiscio est débordé par le nombre de blessés qu’il reçoit depuis l’intensification des affrontements dans la capitale, selon des sources du corps médical.

« Nous recevons plus de blessés que nous sommes raisonnablement capables d’en assumer ; nous sommes complètement débordés », a déclaré Abdi Mohamed Hangul, médecin à l’hôpital de Medina, le 24 septembre.

Chaque jour, dit-il, davantage de personnes se présentent à l’hôpital pour recevoir des soins.

« Rien que la nuit dernière, nous avons reçu 30 personnes en une heure. Je travaillais comme médecin pendant la guerre civile et je dois dire que la population traverse aujourd’hui une des pires périodes jamais vécues. C’est une catastrophe », a estimé le docteur Hangul.

Les lits de l’hôpital sont pleins, a-t-il ajouté, et les patients sont traités dans les couloirs ou [dans la cour], sous les arbres. « Nous avons plus de gens à l’extérieur qu’à l’intérieur ».

D’après le docteur Hangul, l’hôpital ne manque pas de médicaments pour traiter l’afflux de patients, « mais la question de la main-d’œuvre est de plus en plus problématique ».

Certains employés n’ont pas pu venir travailler en raison des violences, et ceux qui ont réussi à venir travaillent depuis plus de 48 heures en prenant à peine le temps de se reposer, ou sans s’arrêter du tout, a-t-il expliqué. De même, dans les autres hôpitaux de la ville, les blessés affluent.

« Pour l’instant, les deux hôpitaux de la capitale [Keysaney et Medina] ont assez de matériel médical pour faire face à l’afflux des blessés, et nous leur en fournirons davantage, si nécessaire », a assuré Pedram Yazdi, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Selon une autre source du corps médical, le bilan des morts s’élève à plus d’une centaine, et au moins 300 personnes ont été blessées aux quatre coins de la ville, depuis le 22 septembre. « La nuit dernière [23 septembre], un grand nombre de personnes ont été tuées et blessées pendant les affrontements et les bombardements », selon cette source.

« De nombreuses personnes, en plus des blessés dans les hôpitaux, sont soignées dans leurs quartiers ; parce qu’il n’est pas possible de les évacuer vers les hôpitaux en raison de l’insécurité qui règne sur les routes », a déclaré un activiste de la société civile, sous couvert de l’anonymat.

D’après un journaliste local, les affrontements étaient tout aussi intenses pendant la nuit du 23 septembre que le 22 septembre, un jour après le début des échauffourées. La situation s’était toutefois apaisée à Mogadiscio le 24 septembre, à la suite d’une nuit de bombardements nourris.

« [La ville] est très silencieuse depuis une heure du matin, heure locale », a déclaré le journaliste, ajoutant : « Personne ne s’attend à ce que cela dure ».

Depuis le début des affrontements qui opposent les forces somaliennes, soutenues par l’Ethiopie, aux insurgés, au début de l’année 2007, environ un million de Somaliens ont fui. Quelque 8 000 civils ont été tués. Selon les estimations des Nations Unies, 3,2 millions de Somaliens ont besoin d’aide.

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