L’aide d’urgence aux victimes des inondations se poursuit

Des centaines de résidents des zones situées en bord de mer à Monrovia, la capitale, ont perdu ou n’ont toujours pas pu regagner leur logement, près de deux mois après le début des fortes intempéries qui ont frappé le pays, selon les travailleurs humanitaires.

La Société de la Croix-Rouge libérienne estime qu’environ 1 400 personnes ont été affectées par les inondations depuis le 20 juillet.

Les efforts se poursuivent pour venir en aide à ces victimes, qui ont trouvé refuge chez des membres de leur famille ou des amis, a dit Pappie Toe, chargé de l’aide d’urgence à la Croix-Rouge. « Nous leur distribuons des vivres, ainsi que des médicaments. Et un autre kit d’aide est donné aux familles qui se trouvent dans des conditions encore plus difficiles ».

John Sah, père de six enfants, a expliqué à IRIN qu’il n’avait toujours pas pu rentrer chez lui. « La situation est frustrante pour nous. Notre maison a été envahie par les eaux. Nous avons dû évacuer les enfants très vite [après les intempéries de juillet]. Nous nous sommes réfugiés ici jusqu’à ce que l’eau se retire. Mais c’est une situation terrible pour ma famille ».

Kokpar Wohwoh, directeur de l’unité de gestion de la santé et des catastrophes à la Croix-Rouge, a précisé que les communautés les plus affectées étaient celles vivant dans les zones côtières en périphérie de Monrovia, y compris les zones de Banjor, Popo Beach, Hotel Africa et King Gray. « Nous gardons un œil sur ces [zones] pour nous assurer qu’elles restent assez sûres pour y vivre ».

Les zones côtières toujours vulnérables

Des responsables du gouvernement ont estimé que ces zones étaient plus exposées aux risques d’inondations et de dégâts des eaux parce que la montée du niveau des eaux dans le golfe de Guinée, liée au changement climatique, a dangereusement rapproché l’océan des habitations situées en bord de mer.

Selon des responsables de l’Agence libérienne de protection environnementale (EPA), l’engorgement du système d’évacuation des eaux de la ville constitue une autre cause de l’intensité des inondations cette année.

Jerome Yenkan, directeur adjoint d’EPA, a expliqué à IRIN que de nouveaux chantiers de constructions illégales, directement au-dessus de ce système d’évacuation des eaux, l’avaient en partie obstrué. « Nous avons pris la décision d’agir de manière radicale avec les gens qui [obstruent] les réseaux [de drainage des eaux] », a-t-il dit.

Les inondations de cette année ont poussé le gouvernement libérien à mettre en place son premier comité de gestion des catastrophes, chargé de prévenir les inondations, et d’y répondre.

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