Un groupe d’ONG opposé au retour « prématuré » des réfugiés

Le gouvernement irakien encourage le retour de ses ressortissants réfugiés dans les pays du Moyen-Orient en proposant des vols gratuits, mais un groupe de plus de 100 organisations non-gouvernementales (ONG) irakiennes et internationales a publié un communiqué avertissant des risques du rapatriement.

« Un processus de retour précipité et prématuré aurait des conséquences désastreuses à la fois pour les déplacés et pour la stabilité de l’Irak », pouvait-on lire dans ce communiqué, daté du 8 août.

« Les violences sont encore généralisées, et les services les plus essentiels, comme l’accès aux soins de santé, à l’eau salubre et à un logement adéquat, ne sont pas assurés dans un grand nombre de régions du pays », toujours selon le communiqué, dans lequel il était également indiqué que la situation en Irak n’était pas encore propice au retour des réfugiés et des familles déplacées à l’intérieur du pays.

Des dizaines d’Irakiens réfugiés en Egypte sont retournés en Irak dernièrement, leurs frais de voyage couverts par le gouvernement irakien. Cette mesure était destinée à encourager le retour des réfugiés, a expliqué un responsable irakien, le 11 août.

« Depuis l’année dernière, nous avons réussi à accomplir de remarquables progrès en termes de sécurité. Cela devrait permettre aux familles déplacées et aux réfugiés irakiens de rentrer chez eux et de mener une vie normale », a déclaré le major-général Qassim el Moussawi, porte-parole de l’armée irakienne à Bagdad, en accueillant environ 250 réfugiés irakiens à l’aéroport international de Bagdad.

Le major-général el Moussawi a expliqué que le gouvernement espérait réserver jusqu’à deux vols par semaine à ses ressortissants de retour des différents pays de la région.

''Je n’ai plus d’argent pour nourrir ma famille et subvenir à ses besoins, et c’était dur de trouver un travail digne de ce nom là-bas ?[en Egypte] à cause de mon statut ; c’est pour cela que nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il valait mieux retourner en Irak, bien qu’ici, la situation de sécurité soit précaire''

« J’ai épuisé tout mon argent »

À l’aéroport, certains rapatriés ont expliqué qu’ils étaient rentrés car ils avaient épuisé leurs économies ; d’autres ont dit avoir été mal traités et privés de leurs droits dans leurs pays d’accueil.

« C’est devenu dur de continuer à vivre à l’étranger », a confié Abdou Hussein, 40 ans et père de trois enfants, qui est parti se réfugier en Egypte à la fin de l’année 2006 en raison de l’insécurité croissante qui régnait en Irak.

« Je n’ai plus d’argent pour nourrir ma famille et subvenir à ses besoins, et c’était dur de trouver un travail digne de ce nom là-bas à cause de mon statut ; c’est pour cela que nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il valait mieux retourner en Irak, bien qu’ici, la situation de sécurité soit précaire », a-t-il raconté.

Les ONG ont appelé les gouvernements irakien et américain, et les pays de la région à ne pas encourager le retour des réfugiés en Irak « avant que les conditions nécessaires à un processus de rapatriement durable, sûr et volontaire ne soient réunies ».

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