Cantonnement volontaire de combattants rwandais

Le désarmement volontaire de 67 combattants hutus rwandais et des personnes à leur charge, en République démocratique du Congo (RDC), devrait encourager d’autres combattants à renoncer au conflit armé, selon une responsable des Nations Unies.

« Nous devrions envisager le désarmement volontaire comme un geste encourageant », selon Sylvie van Wildenberg, porte-parole de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC).

« Nous n’avons pas assisté depuis 2006 à la capitulation d’un groupe aussi important que les FDLR [Forces démocratiques pour la libération du Rwanda] ou l’une de ses factions dissidentes ».

Ces combattants et les personnes à leur charge étaient membres du Ralliement pour l'unité et la démocratie (RUD) et du Rassemblement populaire rwandais (RPR), deux factions dissidentes des FDLR.

Les FDLR, principale milice rwandaise encore active en RDC, comptent quelque 7 000 miliciens, contre 400 pour le RUD et le RPR.

Selon Mme Van Wildenberg, le leader des factions dissidentes a également indiqué qu’il continuerait à sensibiliser ses derniers combattants à la démobilisation.

La MONUC, a-t-elle ajouté, s’attend à ce que ce geste encourage d’autres groupes de combattants à se joindre au processus de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réintégration (DDRRR).

Au moins 50 armes légères et quelques mitraillettes ont été restituées par les combattants.

Selon Augustin Dukuze, porte-parole du RUD et du RPR, les combattants rassemblés au cantonnement de Kasiki sont libres de choisir d’être relogés ou de quitter le lieu de rassemblement.

Les autorités congolaises assurent également la sécurité des combattants dans la région où les milices congolaises et rwandaises restent actives. D’après M. Dukuze, il s’agit là de la première phase de la feuille de route de Kisangani.

Conformément à ce plan, le RUD et le RPR ont convenu de se réunir dans deux lieux de rassemblement en vue de leur désarmement, en échange d’une garantie de sécurité.

La MONUC a été invitée à superviser le processus et le gouvernement congolais à ne pas rapatrier de force les combattants au Rwanda.

Les FDLR ont en revanche rejeté cette feuille de route. La milice a également déclaré qu’elle n’avait pas pris part à la signature d’un communiqué entre les gouvernements congolais et rwandais, en novembre 2007 à Nairobi, concernant le désarmement et le rapatriement des rebelles hutus du Rwanda.

Au moins 6 500 combattants hutus se trouvent encore en RDC, et 8 000 autres ont été rapatriés dans le cadre du processus de DDRRR entre 2001 et 2006.

Certains combattants sont accusés d’avoir pris part au génocide rwandais de 1994. Un lien a été établi par les défenseurs des droits humains entre leur présence et le nombre élevé de viols perpétrés à Lubero, dans l’est de la RDC.

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