Pertes de récolte et de bétail dans plusieurs régions

La situation humanitaire dans les régions de l’Afar, d’Amhara, de Somali et de Tigré, en Ethiopie, risque de se dégrader, suite aux pertes de bétail et de récolte observées cette saison, selon les conclusions préliminaires d’une mission d’évaluation menée dernièrement.

Des pertes de récolte observées aux quatre coins du pays ont abouti à une situation d’insécurité alimentaire critique, provoquant des mouvements migratoires plus importants, selon les conclusions d’une mission de plusieurs agences, mission menée par l’Agence de préparation et de prévention des catastrophes (DPPA).

Dans la région Somali, selon cette évaluation, les ressources en eau sont rares, de nombreux décès ont réduit la taille des troupeaux et davantage de patients sont admis pour malnutrition dans plusieurs zones. Sans une assistance humanitaire immédiate, le nombre des personnes dans le besoin risque d’augmenter.

« Les conditions d’échange continuent d’être défavorables aux éleveurs, les forçant à vendre deux ou trois chèvres contre 50 kilos de sorgho », selon les conclusions préliminaires rapportées par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le 28 juillet.

À Tigré, le nombre des personnes dans le besoin a considérablement augmenté en raison des faibles précipitations enregistrées pendant le Belg (petite saison des pluies).

« La région n’a reçu que 1,9 pour cent de la production prévue », a indiqué OCHA. « La hausse des prix a touché toutes les classes économiques. Une grave pénurie d’eau a été signalée dans cinq régions des basses terres, dans les woredas [divisions administratives] de Raya Azabo et Alamata ».

À Amhara, la situation est tout aussi grave : le bétail est dans un état déplorable dans les hautes terres du Nord et du Sud Wollo, et du Nord Shoa, et le prix des denrées alimentaires de base a fait un bond de 200-300 pour cent.

Alors même que la situation s’aggrave, la chaîne d’aide est confrontée à des pénuries. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, le déficit, à l’échelle nationale, s’élève à 153 000 tonnes, estimées à 124 millions de dollars. Et les ressources du PAM restent insuffisantes pour couvrir les besoins.

Parallèlement, les maladies liées à la malnutrition, telles que la diarrhée, les infections pulmonaires, oculaires et cutanées, se multiplient chez les enfants dans les régions touchées par les pénuries alimentaires, a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’état nutritionnel des populations se dégrade dans la ville de Dire Dawa, dans la région d’Hareri et dans la région Somali, ainsi que dans les zones d’Hararghe Est et Ouest, à Oromiya, selon un bulletin d’information de l’OMS, couvrant la période du 14 au 20 juillet.

La malnutrition continue de susciter de vives préoccupations à Amhara, en particulier dans la woreda de Menz Gera, dans la zone du Shoa Nord. La situation s’aggrave également dans les woredas de Moyale, à Borena, dans celle d’Arsi Negelle, au Shoa Est, et dans celles de Girawa, Gursum, Meta et Bedeno, à Hararghe Est.

En juin, OCHA a rapporté qu’à Badawocho Est (Oromiya), le taux global de malnutrition aiguë (GAM) était de 15,9 pour cent et le taux de malnutrition aiguë sévère (SAM), de 3,5 pour cent (dont 2,2 pour cent avec œdème). À Damot Pulaso, des enquêtes nutritionnelles ont indiqué un taux de GAM de 16,7 pour cent et un taux de SAM de 2,9 pour cent.

Lorsque le taux de GAM est supérieur à 15 pour cent, il traduit une situation d’urgence.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le nombre de personnes qui auront besoin de recevoir une aide alimentaire d’urgence en Ethiopie jusqu’en novembre est estimé à 4,6 millions, soit 2,6 millions de plus, par rapport aux estimations d’avril.

Ce nombre pourrait augmenter davantage, car huit autres millions de personnes continuent de vivre dans une situation d’insécurité alimentaire chronique.

Dans son rapport de juillet sur les Perspectives de récolte et la situation alimentaire, la FAO a prévenu que des conditions de sécheresse avaient été signalées sur une vaste étendue du territoire éthiopien.

« Pour éviter que la situation des personnes touchées ne s’aggrave encore davantage en termes de réserves alimentaires, il faut contribuer immédiatement à approvisionner la chaîne d’aide alimentaire », a noté l’agence.

eo/mw/nh/ail