Menace sur le processus de désarmement

D’anciens rebelles en cours de démobilisation dans le nord de la Côte d’Ivoire se sont livrés à des saccages le 18 juin, à Bouaké, ancien bastion rebelle, pour exiger l’obtention rapide des primes de démobilisation qui leur ont été promises.

« Nous n’avions en aucun cas l’intention de mettre en péril le processus de désarmement. Nous savons que nous allons retourner à la vie civile, mais nous avions besoin de l’argent promis par les autorités », a déclaré à IRIN Dramane Soro, l’un des rebelles insurgés.

Chacun des anciens rebelles doit recevoir 210 dollars par mois pendant trois mois. Or, à en croire les rebelles insurgés de Bouaké, ils n’ont pas perçu leur allocation depuis deux mois.

Le 18 juin, ils sont donc sortis de leur zone de cantonnement, ont brûlé des pneus et interrompu le trafic à Bouaké. Des tirs en l’air ont également été entendus.

Selon le quotidien pro-gouvernemental Fraternité-Matin, deux anciens rebelles ont été tués par des civils au cours des échauffourées qui ont eu lieu à Bouaké. Les anciens chefs rebelles ont déclaré de leur côté qu’il y avait eu plusieurs victimes, mais qu’aucun décès n’avait été déploré.

Le 19 juin, le calme était revenu à Bouaké et la Primature a annoncé que 480 000 dollars avaient été envoyés à Bouaké pour couvrir les premiers paiements dus aux anciens rebelles.

À ce jour, 1 050 rebelles ont été désarmés et démobilisés à Bouaké, selon le gouvernement. Au total, 2 568 des quelque 36 000 combattants participent aux opérations de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR).

Environ 10 000 d’entre eux doivent également rejoindre les rangs de l’armée nationale, et le reste suivra des formations professionnelles pour pouvoir retourner à la vie civile.

D’après l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), les bailleurs de fonds n’ont mobilisé pour l’instant que 65 pour cent des 420 millions de dollars requis pour mener à bien à la fois le processus de DDR et les élections présidentielles qui devraient permettre de mettre fin à la crise politique qui sévit en Côte d’Ivoire.

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