Un cyclone de catégorie trois fait six morts sur la côte nord

Le cyclone tropical Jokwe a fait six morts et détruit plusieurs milliers d’habitations lorsqu’il s’est abattu sur le littoral nord du Mozambique les 7 et 8 mars, selon un haut responsable de la gestion des catastrophes.

Selon Bonifácio Antonio, directeur du service de coordination des secours d’urgence de l’Institut national de gestion des catastrophes (INGC), au moins 9 000 habitations et plus de 200 petites embarcations ont été détruites dans la province de Nampula, et les vents violents qui ont accompagné le cyclone ont emporté les toits d’au moins 80 établissements scolaires.

« Au moins 25 000 familles vivent dans la zone à risque, située dans les régions côtières du nord ; nous essayons encore d’évaluer les dégâts et de déterminer le nombre de personnes aujourd’hui à la rue », a-t-il indiqué.

Jokwe, cyclone de catégorie trois, n’a pas été aussi destructeur que Favio l’avait été en 2007 : cyclone de catégorie quatre, ce dernier avait rasé la ville côtière de Vilanculos, faisant 10 morts dans la province d’Inhambane, dans le sud.

Selon M. Antonio, des tentes et des vivres ont été acheminés dans les régions touchées, et l’armée aide actuellement à déblayer les routes bloquées par des arbres abattus par les vents, qui ont soufflé jusqu’à environ 200 kilomètres/heure.

Jokwe continue de se déplacer le long du canal du Mozambique, en direction du sud-ouest. Moussa Moustafa, directeur de l’Institut national de météorologie du Mozambique (INAM), a déclaré à IRIN que l’impact du cyclone s’était fait sentir le 10 mars dans la province de Zambézie, qui a enregistré quelques précipitations, et que la tempête devait atteindre les provinces de Sofala et d’Inhambane, plus au sud, le 11 mars.

La saison des cyclones devrait durer jusqu’au mois d’avril. « Alors, nous nous préparons à d’autres [cyclones] – il y en a un qui est déjà en train de se former de l’autre côté de Madagascar », a prévenu M. Antonio.

Selon les météorologues, la saison des cyclones 2008 dans la région sud-ouest de l’Océan Indien a sans doute été marquée par le plus grand nombre de cyclones subis depuis 10 ans, en raison d’un phénomène climatique du nom de La Niña.

La Niña se caractérise par des températures océaniques exceptionnellement basses dans l’est de l’Océan pacifique équatorial, enregistrées tous les trois ou quatre ans, ce qui provoque un effet de vague, ressenti d’un bout à l’autre de la planète, et qui se traduit par une augmentation de l’humidité dans les régions humides et de la sécheresse dans les régions sèches.

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