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Une lueur d’espoir pour un squat de Beyrouth, aux portes du camp de réfugiés de Chatila

Mirna Abou Nader s’est réveillée juste à temps. « Nous avions remarqué que les poutres en fer commençaient à se tordre sous l’énorme pression du toit », a indiqué la jeune femme, âgée de 24 ans et mère de deux très jeunes enfants. « Je dormais, puis j’ai entendu un grincement, et une immense plaque de béton est tombée dans notre chambre. J’ai réussi à prendre le bébé à temps ».

Bienvenue dans l’univers des immeubles Gaza : un bidonville dans un bidonville ; cet ancien hôpital palestinien, construit en dehors du camp de réfugiés de Chatila, au sud de Beyrouth, a été transformé en squat pour les familles pauvres et indigentes.

Construits dans les années 1970 par l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), les immeubles Gaza étaient censés améliorer les conditions de vie des réfugiés palestiniens. Le complexe, composé de quatre tours disposées autour d’une cour centrale, abritait à l’origine un hôpital géré par la Société du Croissant-Rouge palestinien (SCRP), une garderie, des bureaux et un hôpital militaire.


Photo: Hugh Macleod/IRIN
Construit dans les années 1970 par l'OLP, les immeubles Gaza étaient censés améliorer la vie des réfugiés palestiniens
L’immeuble a partiellement été détruit par les forces armées israéliennes lors de leur invasion du Liban en 1982. Et lorsqu’à la fin des années 1980, la « guerre des camps » a éclaté entre les milices libanaises et les militants palestiniens, à l’intérieur des camps voisins de Sabra et Chatila, les immeubles Gaza, en ruine, sont devenus le dernier refuge de ceux qui avaient perdu leurs maisons et leurs familles durant les affrontements.

Aujourd’hui, d’après une étude du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), les quatre tours abritent plus de 900 personnes, des Palestiniens, pour la plupart, mais aussi des Libanais, des Syriens, des Egyptiens et des Jordaniens, parmi lesquels on compte de nombreux célibataires et personnes âgées.

Deux enfants sur trois sont déscolarisés ; un enfant sur trois souffre de maladies chroniques, et selon un article de recherche publié en 2003 par l’université de Glasgow, les conditions de vie dans les immeubles Gaza « sont semblables à celles des taudis britanniques du siècle dernier ».

Les habitants se trouvent dans un vide juridique, vivent dans des locaux non officiels, qui ne sont pas sous la responsabilité de l’Agence de Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), sans eau courante et parfois sans électricité ; bon nombre d’entre eux se retrouvent dans des appartements d’une pièce, sans fenêtre, sans évier ni cuisine.

Dans une des tours, la cage d’ascenseur est remplie de détritus ; dans une autre, la cave inondée par des eaux résiduaires brutes, tandis que dans une autre encore, les veuves âgées défèquent dans des seaux en plastique, faute de toilettes.

« Je suis une femme propre qui souhaite tout simplement vivre deux ou trois jours dans la propreté avant de mourir », a dit Fawziyé Ali Serhan, une femme de 65 ans, en montrant du doigt la chaise dont le siège troué fait office de toilettes dans sa minuscule chambre encombrée. « Je ne vis pas dans la brousse. Je veux juste un réservoir d’eau et une petite cuisine équipée d’un évier ».

Des travaux de réfection à compter du 19 février

Bientôt, grâce à une initiative du NRC, appuyée par l’Office d’aide humanitaire de la Communauté européenne (ECHO), Fawziyé Ali Serhan aura l’évier qu’elle demande.

Bénéficiant d’un budget de 1,4 million de dollars américains, financé à peu près à part égale par ECHO et le ministère norvégien des Affaires étrangères, le NRC a embauché des entreprises de construction locales pour refaire entièrement les installations électriques et la plomberie des quatre immeubles, en veillant au respect des normes sanitaires et des conditions de vie les plus élémentaires. Les murs des chambres seront plâtrés et les toits recouverts de tuiles pour empêcher les fuites. Les travaux devraient commencer le 19 février.


Photo: Hugh Macleod/IRIN
Les habitants se trouvent dans un vide juridique, vivent sans eau courante et parfois sans électricité ; bon nombre d’entre eux se retrouvent dans des appartements d’une pièce, sans fenêtre, sans évier ni cuisine
Richard Evans, responsable de l’hébergement au NRC Liban, pense que son agence peut réussir – là où d’autres ont échoué – à améliorer les conditions de vie dans les immeubles Gaza.

« Aucune restriction d’accès ne nous a été imposée et notre comité d’organisation est composé de représentants des municipalités locales et du SCRP », a affirmé M. Evans. « Nous entretenons de bonnes relations avec les comités d’habitants de chacune des tours des immeubles Gaza et nous travaillons sur le volet social pour assurer la pérennité du projet ».

Pour Mirna Abou Nader, toutefois, même si les entreprises de construction parvenaient à réparer son toit et à empêcher la chute de plaques de béton qui ont failli écraser ses jeunes enfants, les immeubles Gaza ne seront jamais l’environnement dans lequel elle souhaiterait élever ses enfants.

« On ne respecte personne ici », a-t-elle déploré. « J’aimerais bien m’installer dans un bon quartier où les voisins sont respectueux et où je pourrais mieux élever mes enfants ».

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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