Un scrutin diversement apprécié par les observateurs et l’opposition

Les élections législatives, cruciales pour le Togo dont les bailleurs de fonds conditionnaient le bon déroulement du scrutin à la reprise de l’aide au développement, ont été entachées d’irrégularités, selon les leaders de l’opposition, mais justes et transparentes, d’après plusieurs groupes d’observateurs.

« En dépit de quelques insuffisances, les élections législatives de dimanche ont été libres, justes et transparentes », a indiqué un communiqué de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui avait mobilisé pour la circonstance une centaine d’observateurs.

Le 18 octobre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Togo a annoncé que le Rassemblement du peule togolais (RPT), le parti au pouvoir, avait obtenu la majorité en remportant 49 des 81 sièges de l’Assemblée nationale.

L’Union des forces de changement (UFC), le principal parti d’opposition, qui a obtenu 21 sièges, a contesté les résultats du scrutin. Dans un communiqué, l’UFC a affirmé que le processus électoral avait été « compromis » parce que des urnes étaient truquées, des fausses cartes d’électeurs avaient été distribuées avant le scrutin et que certains bulletins de vote avaient été détruits.

Selon les agents électoraux, le taux de participation a été de 95 pour cent, ce que semble confirmer la CEDEAO.

« Dans la capitale Lomé et généralement sur toute l’étendue du territoire national, il a été noté une forte participation des électeurs », a souligné le communiqué de la CEDEAO.

Il faut noter également que le niveau élevé des eaux, suite aux inondations qui ont frappé le Togo en septembre et fait plus de 100 000 déplacés, avait commencé à baisser avant le démarrage des élections.

« Le niveau des eaux a baissé ce qui nous a permis d’acheminer le matériel électoral dans les régions sinistrées et d’installer des bureaux de vote dans toutes les localités accessibles », a expliqué Edmond Lalle, le ministre de la Sécurité.

L’Union européenne, autrefois principal bailleur de fonds du Togo, avait suspendu sa coopération avec le Togo en 1993 en raison d’un « déficit démocratique », et le pays avait sombré dans la violence après les résultats contestés de l’élection présidentielle de 2005.

Néanmoins, les observateurs de l’UE présents au récent scrutin ont affirmé qu’il s’était déroulé dans des conditions « transparentes », bien qu’ils n’aient pas encore publié leur rapport.

En mai dernier, Joao Melo de Sampaio, directeur par intérim de la délégation de l’Union européenne, avait déclaré que des élections législatives transparentes et démocratiques « pourraient anticiper la reprise pleine et entière de [la] coopération [de l’Union européenne] avec le Togo.

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