Risque de crise alimentaire avec la baisse du prix des noix de cajou - ONU

Le prix payé aux producteurs de noix de cajou cette année est si dérisoire qu’ils ne pourront probablement pas acheter suffisamment de nourriture pour nourrir leurs familles, ont prévenu les Nations Unies.

« La noix de cajou joue un rôle important dans la sécurité alimentaire parce qu’elle est généralement échangée contre du riz [l’aliment de base du pays] », a indiqué le Secrétaire général des Nations Unies dans un rapport sur la Guinée Bissau.

« L’impact social potentiel de la récolte actuelle de noix de cajou n’est pas encourageant ».

Le prix de la noix de cajou a baissé, et les producteurs la vendent entre 75 francs CFA (0,16 dollars américains) et 50 francs CFA (0,11 dollars) le kilo, a noté le rapport, alors que le gouvernement avait conseillé de la vendre cette année à 200 francs CFA (0,43 dollars) le kilo.

La récolte de noix de cajou a été bonne cette année et, à ce jour, environ 94 000 tonnes de noix ont été exportées, ce qui dépasse déjà le volume des exportations de l’année dernière qui s’élevait à 73 400 tonnes. Non seulement le cours mondial de la noix de cajou a baissé, mais la chute du dollar par rapport à l’Euro a aussi contribué à augmenter le déficit des revenus des producteurs de noix de cajou de Guinée Bissau. Ceci s’explique par le fait que la devise de l’ancienne colonie portugaise est alignée sur l’Euro, alors que le cours de la noix de cajou est fixé en dollars.

Les producteurs de noix de cajou vendaient autrefois leur récolte à 250 francs CFA (0,53 dollar) le kilo, une somme approximativement égale au prix du kilo du riz importé, ce qui leur permettait de troquer ces deux produits.

La Guinée Bissau produit également du riz, mais cette année, les pluies sont arrivées tard, a expliqué Stéphanie Savariaud, la porte-parole du PAM. « En prévision d’une longue période de soudure, dès fin août, nous avons déjà ouvert notre programme de complément alimentaire à […] 6 000 autres enfants et femmes enceintes et allaitantes dans 32 centres nutritionnels du PAM », a-t-elle précisé.

« Nous attendons maintenant de recevoir les résultats de la mission [inter-agence] d’évaluation des récoltes qui devrait avoir lieu à ce mois-ci pour savoir si d’autres actions seront nécessaires », a-t-elle ajouté.

Mais même si la récolte de riz est bonne, expliquent certains experts, les paysans auront du mal à la vendre car très peu de personnes en Guinée Bissau auront les moyens de l’acheter.

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