Un taux de prévalence du VIH légèrement en baisse – Etude

Le taux de prévalence du VIH en Afrique du Sud semble se stabiliser et pourrait même avoir entamé un léger déclin, selon la dernière Enquête nationale VIH et Syphilis, mais des acteurs de la lutte contre le sida mettent en garde contre un triomphe prématuré.

L’étude, menée par le ministère sud-africain de la Santé, estime que 29,1 pour cent des femmes enceintes vivaient avec le VIH en 2006, alors qu’elles étaient 30,2 pour cent un an plus tôt.

Parmi les femmes enceintes âgées de moins de 20 ans, le taux de prévalence est passé de 15,9 en 2005 à 13,7 pour cent l’année suivante, et de 30,6 à 28 pour cent pour les femmes enceintes âgées de 20 à 24 ans, toujours au cours de la même période.

Cependant, des experts du Conseil sud-africain de recherche sur les sciences humaines (HSRC) ont averti que la baisse était statistiquement trop marginale pour mériter des applaudissements.

« [L’écart] est trop ténu pour indiquer ne serait-ce qu’une raison claire pour expliquer cette baisse », a dit à IRIN/PlusNews le docteur Olive Shisana, directrice exécutive du HSRC. « D’autre part, de nouvelles infections au VIH continuent de se produire à un rythme alarmant ».

Elle a souligné que plus de 500 000 nouvelles infections avaient été enregistrées rien qu’en 2005, et a mis en garde le gouvernement contre la tentation de se sentir trop confiant dans les succès de ses campagnes de prévention de l’infection.

Manto Tshabalala-Msimang, ministre sud-africaine de la Santé, a récemment dit, lors d’une intervention au Parlement sur les questions liées au budget de son ministère, que les baisses dans les taux de prévalence du VIH, notamment parmi les femmes enceintes, était principalement le résultat de « notre attention continue portée à la prévention comme pierre angulaire de notre réponse pour combattre l’épidémie et créer une société sans VIH ».

Pour Mme Shisana, « aussi importantes que soient ces interventions de prévention, il est encore trop tôt pour fonder un déclin de la prévalence du VIH sur elles. C’est vrai tout spécialement quand on regarde le taux élevé de grossesses précoces qui continuent de se produire. Que cela nous dit-il sur les messages de prévention et la nécessité des relations sexuelles plus sûres ? »

Un récent rapport du ministère du Développement social, publié dans l’édition de mars 2007 de Review, le magazine du HSRC, a révélé que les mères adolescentes –âgées de moins de 20 ans- constituaient 13 pour cent de la population sud-africaine, estimée à 45 millions de personnes.

D’après l’Enquête nationale VIH et Syphilis 2006, environ quatre femmes enceintes sur les 10 venues pour des consultations dans les structures de santé publique de la province du KwaZulu Natal étaient estimées séropositives.

Mme Shisana a souligné que la nouvelle étude prenait en compte deux fois plus de femmes que lors des précédentes enquêtes, et que les échantillons avaient été prélevés dans trois fois plus de structures qu’auparavant.

« Il y a une chance pour que l’augmentation du nombre de participants ait pu influencer les résultats, dans la mesure où certains sites peuvent se trouver dans des régions avec des taux de prévalence moins élevés », a-t-elle argumenté.

L’Enquête 2006 est fondée sur un échantillon de 33 033 femmes, dans le cadre de 1 415 consultations prénatales, dans les neuf provinces sud-africaines, ce qui constitue le double des données recueillies au cours de l’enquête 2005.

Tout en reconnaissant que la légère baisse de prévalence était un encouragement plus que bienvenu pour le moral d’un pays durement touché par le VIH/SIDA, Mme Shisana a estimé que l’Afrique du Sud n’était « pas pour l’instant sortie d’affaire ».

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