L'Union européenne accroît son aide en faveur des réfugiés irakiens

L’Union européenne (UE) va accroître son aide aux réfugiés irakiens en Syrie en octroyant une subvention supplémentaire de six millions d’euros, après les 10,2 millions d’euros alloués à ses partenaires régionaux au mois de mars.

Cette nouvelle aide financière de l’UE servira à soutenir l’action de ses partenaires en Syrie - le Croissant-Rouge syrien, les agences humanitaires des Nations Unies et autres organisations non gouvernementales. Elle permettra également de renforcer les capacités des services locaux confrontés au flux continu de réfugiés irakiens dont le nombre s’établit actuellement à près de 1,3 million.

« Une nouvelle décision est en cours de préparation pour une aide financière supplémentaire de 6 millions d’euros », a indiqué Amadeu Altafaj-Tardio, porte-parole de Louis Michel, le Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, depuis Bruxelles.

Cette aide financière, qui n’a pas encore été finalisée, ne sera pas remise au gouvernement syrien. Elle sera versée directement aux organisations présentes sur le terrain et permettra de développer les capacités des infrastructures et services locaux afin de mieux faire face aux problèmes des réfugiés.

« La principale préoccupation n’est pas le nombre de réfugiés, mais les capacités », a affirmé M. Altafaj-Tardio, en expliquant que le souci majeur des autorités syriennes actuellement est le « manque de ressources humaines, notamment d’infirmières, de médecins et de fournisseurs de services sociaux ».

« Les autorités syriennes ont non seulement besoin d’une aide financière mais aussi d’un renforcement de capacité. Elles ont besoin de professionnels dans le domaine de la logistique ».

Le financement de l’UE permettra de renforcer les relations existantes – établies depuis des décennies dans le cadre de la collaboration régionale avec les réfugiés palestiniens – et de développer les compétences locales et les ressources humaines.

Faire appel aux médecins irakiens

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui bénéficiera également d’une partie de l’aide financière de l’UE, compte utiliser cette subvention pour rénover et équiper les écoles et hôpitaux travaillant avec les réfugiés irakiens et former le personnel de ces établissements.

En collaboration avec le Croissant-Rouge syrien, le HCR envisage d’ouvrir en octobre prochain un hôpital et de recruter des infirmières et des médecins irakiens.
En effet, alors que le système médical syrien se bat pour répondre aux besoins de santé des centaines de milliers de réfugiés irakiens, le potentiel que représentent les nombreux professionnels de santé irakiens vivant en Syrie est encore largement inexploité.

Visite en Syrie

L’annonce de l’octroi d’une aide financière supplémentaire fait suite à la récente visite en Syrie de Louis Michel, visite au cours de laquelle il a rencontré le président syrien Bachar el Assad et promis d’apporter le soutien de l’UE dans les domaines diplomatique, logistique et humanitaire.

« J’ai promis une assistance technique de la Commission européenne », a déclaré M. Michel à l’issue de sa rencontre avec le président syrien le 29 avril.

M. Michel a également souhaité établir une coopération tripartite entre l’UE, la Syrie et l’Iraq à propos du problème des réfugiés et espère convoquer prochainement une réunion pour mettre en place une coordination humanitaire entre les trois parties.

« Nous sommes indépendants et n’avons aucune arrière pensée politique ; les Syriens le savent », a dit M. Altafaj-Tardio.

« Notre objectif est de fournir l’aide nécessaire, mais pas d’intervenir dans les affaires internes du pays. En outre, étant donné que le financement ne passe pas par des organismes politiques, il n’est lié à aucune conditionnalité politique ».

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