Annulation des manifestations prévues par la coalition politique

Une coalition des trois principaux partis politiques de Guinée-Bissau a annulé les manifestations prévues le week-end prochain, après l’ouverture des consultations que le président João Bernardo ‘Nino’ Vieira mène avec les leaders politiques du pays.

Plus de 1 000 manifestants étaient descendus vendredi dernier dans les rues de Bissau, la capitale, pour appuyer la coalition et forcer le Président Vieira à dire s’il acceptait ou pas la démission d’Aristides Gomes, son Premier ministre et allié de longue de date.

De nombreux députés d’un parti de la mouvance présidentielle s’étaient associés à la nouvelle coalition pour voter le 19 mars une motion de censure à l’encontre du gouvernement du Premier ministre Gomes. Mercredi dernier, M. Gomes avait présenté sa lettre de démission au chef de l’Etat de Guinée-Bissau.

Les analystes suivent attentivement l’évolution de la récente crise politique en Guinée-Bissau, petit pays d’Afrique de l’Ouest exportateur de noix de cajou, secoué par une guerre civile entre 1998 et 1999. Quant aux Bissau guinéens, ils s’interrogent plutôt sur la réaction que l’armée nationale, très divisée, pourrait avoir face à cette nouvelle crise.

Alors que d’autres manifestations étaient prévues samedi prochain, le président Vieira a démarré ses consultations avec les représentants de la coalition politique en vue de choisir un nouveau Premier ministre.

« Nous sommes très satisfaits de l’initiative du Président Vieira », a indiqué Ibraima Sory Diallo, premier vice-président du Parti de la rénovation sociale (PRS), à l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat.

Avant de désigner un nouveau Premier ministre, le président se doit de consulter les représentants des partis politiques et du corps électoral, ainsi que les autres membres du pacte de stabilité politique nationale.

M. Vieira est arrivé au pouvoir à la faveur du coup d’Etat de 1980. En 1994, il a remporté les premières élections multipartites organisées dans le pays, puis a été renversé en 1999, après deux années de guerre civile.

Sa réélection, en 2005, était censée consacrer le retour de la Guinée-Bissau à une démocratie constitutionnelle stable.