Les Nations unies examinent les causes des récents déplacements de populations à la frontière

Les agences des Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) enquêtent sur les récents déplacements de milliers de personnes qui auraient fui la Casamance, une région instable du sud du Sénégal, pour se réfugier en Gambie.

A la mission d’évaluation Inter-agence des Nations unies qui s’est rendue à la frontière sénegalo-gambienne, les autorités gambiennes ont indiqué vendredi dernier qu’entre les 16 et 23 août, 3740 personnes se seraient réfugiées dans 23 villages gambiens pour échapper aux combats opposant les troupes sénégalaises à certains éléments rebelles du mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Le flux de déplacés semble maintenant s’être arrêté, a souligné lundi dernier Roseline Idowu, représentante régionale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) basée à Dakar.

Selon la représentante régionale, le CICR travaille en collaboration avec la Croix-Rouge gambienne et déterminera au cours de la semaine le nombre exact de déplacés. En effet, dans les listes établies par les autorités gambiennes, il est difficile de distinguer les déplacés du conflit de la Casamance de ceux qui traversent quotidiennement la frontière.

« Nous voulons nous assurer qu’ils ne s’agit pas de déplacés économiques », a déclaré Mme Idowu. « Nous voulons aussi nous assurer qu’il ne s’agit pas de personnes qui traversent habituellement la frontière ».

De nombreux enfants traversent quotidiennement la frontière pour aller à l’école et des femmes se rendent régulièrement en Gambie pour recevoir des soins prénataux et postnataux, a-t-elle précisé.

Mme Idowu a également indiqué que les familles accueillant des déplacés connaissent actuellement une période de soudure difficile – entre juin et septembre - et que celles-ci craignent d’ici peu de manquer de nourriture. Environ 75 personnes ont été hébergées dans une école primaire et un centre de formation professionnelle, a-t-elle ajouté.

Le conflit aurait également fait des déplacés internes en Casamance, a expliqué Mme Idowu.

Les agences des Nations unies espèrent rencontrer cette semaine les autorités sénégalaises pour connaître le nom des villages où les troupes sénégalaises ont été déployées.

La région de Casamance est séparée du reste du Sénégal par la République de Gambie, une bande de terre à l’intérieur du territoire sénégalais. Il y a une vingtaine d’année, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) prenait les armes contre le gouvernement sénégalais en revendiquant l’indépendance de la région.

En décembre 2004, le gouvernement et le MFDC ont signé un accord de paix, mais certains partisans de la ligne dure refusent toujours de déposer les armes.