Le Conseil de sécurité décrète la fin des hostilités au Liban

La résolution 1701 votée unanimement vendredi dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre fin au conflit du Liban est entrée en vigueur le 14 août à 8 heures, heure locale.

Vingt quatre heures après l’application de la résolution, de nombreuses familles de déplacés quittaient Beyrouth, la capitale, pour le Sud Liban où, hormis quelques échanges de tirs sporadiques entre soldats israéliens et combattants du Hezbollah, la trêve semblait globalement respectée.

La résolution a également été approuvée par le gouvernement libanais et le cabinet israélien. Elle appelle notamment à une cessation immédiate des hostilités au Liban, au retrait des forces israéliennes du Sud Liban et au déploiement des Forces des Nations unies au Liban (FINUL) et de l’armée libanaise dans la région.

« J’exhorte les parties à faire tous les efforts possibles, dans l’intérêt des populations civiles des deux côtés pour perpétuer et consolider cette cessation », indique le message du Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui se réjouit du respect du cessez-le-feu.

Pour le Premier ministre du Liban, Fouad Siniori, cette résolution est un « triomphe de la diplomatie libanaise », même si le chef de file du Hezbollah, Hassan Nasrallah n’a pas manqué d’émettre des réserves par rapport au fait que la résolution tient son mouvement pour responsable de ce conflit.

Quant au cabinet israélien, il a déclaré qu’il accepte la résolution 1701 du Conseil de sécurité et les obligations qu’elle lui impose.

Cette résolution devrait mettre fin au conflit déclenché le 12 juillet après la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah qui avait alors provoqué une réaction massive de la part de l’armée israélienne et plongé le Liban dans une grave crise humanitaire.

Selon le Haut conseil à l’action humanitaire du Liban (HRC), un organisme créé par le gouvernement libanais pour faire face à la crise actuelle, le conflit a fait près d’un million de déplacés, plus de 1000 morts et près de 3 600 blessés au Liban.

Côté israélien, la riposte du Hezbollah aurait fait 116 morts dans les rangs de Tsahal, l’armée israélienne, et 43 morts parmi la population civile, à en croire le bilan des victimes communiqué par le ministère israélien des Affaires étrangères.

Peu de temps avant la cessation des hostilités, David Shearer, le coordonnateur humanitaire des Nations unies au Liban avait appelé les Forces israéliennes à faire preuve de retenue et à cesser leurs attaques sur les infrastructures civiles pour éviter de nuire à l’action des humanitaires sur le terrain.

Selon le HRC, près de 630 routes et 73 ponts ont été détruits par l’aviation israélienne, ce qui entrave considérablement les opérations des organisations humanitaires en faveur des quelques 120 000 Libanais coincés dans le Sud Liban.

Si le Secrétaire général de Nations unies a salué sans réserve la résolution 1701, il n’a toutefois pas caché sa déception du fait que cette décision n’a pas été prise plus tôt.

« Tous les membres de ce Conseil doivent être conscients que son incapacité à agir plus tôt a profondément ébranlé la confiance de par le monde en son autorité et son intégrité », a souligné M. Annan, qui estime que les principales victimes du conflit sont les populations civiles et les enfants, en particulier.

S’adressant aux membres du Conseil de sécurité peu de temps avant le vote de la résolution, Mme Condoleezza Rice, la Secrétaire d’Etat américaine, a déclaré que « le problème le plus urgent est d’aider les milliers de déplacés du Liban à retourner chez eux et à reconstruire leur vie ». Elle a en outre annoncé une augmentation immédiate de 50 millions de dollars américains de l’aide humanitaire au gouvernement libanais.

Concernant le déploiement des forces armées libanaises et de la FINUL dans le Sud Liban, Philippe Douste-Blazy, le ministre français des Affaires étrangères a souligné que la mission de cette dernière ne se limitera pas au simple contrôle du cessez-le-feu.

« La FINUL participera au côté du gouvernement du Liban au déploiement de l’armée libanaise dans le sud. Elle apportera également une assistance humanitaire aux populations civiles et aidera les déplacés à rentrer chez eux », a expliqué M. Douste-Blazy.

La nouvelle résolution soulève toutefois quelques interrogations tant du côté des autorités libanaises que du côté du gouvernement israélien. En effet, pour le gouvernement de Beyrouth, qui va déployer son armée en même temps que l’armée israélienne se retire en deçà de la ligne bleue – tracée par l’ONU après le retrait israélien du Liban le 25 mai 2000 -, la résolution ne fixe pas de délai précis pour le retrait d’Israël du Sud Liban.

Quant au cabinet israélien, il affirme lui faudra plusieurs semaines pour que ses 30 000 hommes se retirent définitivement du territoire libanais.

*Texte intégral de la résolution 1701