Les prix des préservatifs masculins baissent de 40 pour cent -- gvt

Les autorités gabonaises de lutte contre le sida ont annoncé une baisse de 40 pour cent du prix des préservatifs masculins, une mesure destinée à limiter le nombre de nouvelles infections dans un pays durement touché par l’épidémie de VIH.

Selon le docteur Gabriel Malonga, directeur du Programme national de lutte contre le sida (PNLS) au Gabon, un préservatif masculin ne devrait pas coûter plus de 15 francs CFA (0,02 dollars américains), contre 25 francs CFA (0,04 dollars) actuellement dans les centres de soins agréés par le ministère de la Santé.

“C'est un prix défiant toute concurrence car nous faisons avant tout la promotion de la santé”, a dit le docteur Malonga, qui s’est réjoui que l’accent mis sur la prévention du VIH/SIDA a permis de stabiliser l’épidémie autour de huit pour cent de la population adulte.

Les chiffres publiés par le PNLS ne prennent en compte que la situation épidémiologique de quatre des neuf provinces du pays, notamment de la capitale Libreville où vit plus de la moitié de la population gabonaise, estimée à 1,5 million d’habitants. Officiellement, le taux de prévalence au Gabon est de 8,1 pour cent.

Les autorités gabonaises ont considérablement renforcé la lutte contre l’épidémie au cours de cette année. Fin avril, le gouvernement a décidé la gratuité du dépistage au VIH et des traitements antirétroviraux (ARV) pour les plus vulnérables et les étudiants, afin d’étendre l’accès aux traitements et d’améliorer la prévention au sein de ces populations.

Les jeunes de moins de vingt ans sont particulièrement visés par le PNLS et les organisations de lutte contre le VIH, car ils sont rendus plus vulnérables par des rapports sexuels précoces et à risques.

Ainsi, début 2005, les acteurs de la lutte se sont alarmés que près de la moitié des garçons âgés de 15 à 19 ans ont leur premier rapport sexuel à 15 ans, contre un quart des jeunes filles, alors que la moitié des élèves du primaire et du secondaire, interrogés en mars 2003, ont admis ne pas connaître les modes de transmission du VIH.

“Beaucoup de jeunes pratiquent des rapports sexuels à risque et cela est une bombe à retardement (...). Il faut renforcer les actions de prévention et la vigilance pour que nos jeunes arrivent à changer de comportement”, a souhaité M. Malonga.

Près de 120 000 préservatifs sont vendus chaque mois dans les kiosques du Pari mutuel urbain gabonais (PMUG), des centres de distribution agréés par l’Etat et disséminés dans tous les quartiers de Libreville, la capitale, et des principales villes du pays.

Jusqu’à présent, les préservatifs masculins se vendaient 125 francs CFA (0,23 dollars) l'unité chez les petits détaillants, soit moins d’un dollar la boîte de quatre, contre un minimum de 1 200 francs CFA (2,2 dollars) la boîte dans les pharmacies.

Dans les locaux du Mouvement gabonais pour le bien-être familial, les préservatifs masculins sont toujours vendus à 25 francs CFA pièce, contre 100 francs CFA (0,18 dollars) pour un préservatif féminin.

Le MGBEF est une structure qui offre des visites prénatales, des conseils en planification familiale et des bilans médicaux à prix réduit grâce à un soutien de la Fédération internationale pour la planification familiale.

D’après le PNLS, sur les près de 40 millions de préservatifs vendus l’année dernière dans les pharmacies, centres de santé et autres points de distribution du pays producteur de pétrole, seuls 60 000 étaient des préservatifs féminins.

Le préservatif féminin, uniquement disponible au MGBEF pour le moment, est le parent pauvre de la politique de prévention du VIH/SIDA au Gabon. Très peu médiatisé, il est peu connu par les jeunes filles et coûte plus cher.

Il n’est d’ailleurs pas concerné par la baisse de prix décrétée par les autorités la semaine dernière.