Un centre de surveillance épidémiologique de la fièvre Ebola

Le Gabon vient de bénéficier d’un prêt pour financer son centre de surveillance épidémiologique de la fièvre Ebola qui sévit dans la région Est du pays où, en dépit des mises en garde répétées du gouvernement, les populations continuent de consommer de la viande de singe au risque d’être contaminés par le virus mortel de cette fièvre hémorragique.

Grâce au prêt de 260 millions de FCFA (environ 500 000 dollars) de la Banque africaine de développement, le gouvernement gabonais et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourront surveiller trois provinces de la région orientale qui ont connu plusieurs épidémies de cette redoutable fièvre hémorragique au cours des dix dernières années.

La fièvre Ebola provoque des hémorragies internes et externes qui s’avèrent fatales dans près de 90 pour cent des cas.

“Le projet vise deux objectifs : le renforcement des systèmes de surveillance et la gestion de l’épidémie, ainsi que la mobilisation et la sensibilisation des populations locales,” a indiqué le ministre de la Santé, Paulette Missambo.

Pour ce faire, des équipes spéciales ont été dépêchées dans les provinces de l’Ogoue-Ivindo, du Haut Ogooue et de l’Ogooue-Lolo, des régions à haut risque, dont certaines ne sont accessibles qu’en pirogue. Ces équipes seront chargées de mener une campagne d’information auprès des populations locales et de collecter des échantillons sanguins pour les examens en laboratoire.

Le virus de la fièvre Ebola est un virus virulent qui affecte l’Homme et les singes. La transmission d’homme à homme s’effectue par un contact direct avec les fluides d’une personne infectée.

On se sait pas avec précision de quelle manière le virus est apparu chez l’homme pour la première fois, même si certains chercheurs émettent l’hypothèse selon laquelle le premier cas d’infection signalé chez l’homme est dû a un contact direct avec un animal infecté – après qu’il ait consommé sa viande, peut-être.

La viande de brousse, y compris la viande de chimpanzé, de gorille et des autres primates, est traditionnellement une importante source de protéine pour les populations des petites communautés qui vivent près de la frontière orientale avec le Congo Brazzaville.

Les dernières épidémies de la fièvre Ebola au Gabon ont éclaté dans cette région en novembre 2001 et juin 2002 et causé la mort de 80 personnes.

Mais le gouvernement craint que des personnes atteintes par le virus de la fièvre Ebola n’entrent au Gabon en provenance du Congo.

En novembre 2003, 11 décès liés à la fièvre Ebola ont été confirmés dans le Nord-Est du Congo, à 60 km de la frontière gabonaise. Les populations nomades vivant dans la région traversent librement les frontières entre les deux pays et la maladie pourrait facilement refaire son apparition au Gabon.

Le Gabon est le seul pays d’Afrique centrale à disposer déjà d’un laboratoire de dépistage de la fièvre Ebola. Ce laboratoire est situé dans le Centre international de recherche médicale (CIRM) de Franceville, dans le sud du pays.