Plus de 800 patients bénéficient d’antirétroviraux à moindre coût

Plus de 800 personnes vivant avec le VIH/SIDA bénéficient d’un traitement antirétroviral à moindre coût grâce à une initiative conjointe du gouvernement congolais et du système des Nations unies, selon le ministre de la Santé et de la Population Alain Moka.

Le Congo s’est doté de ce programme, baptisé Initiative congolaise d’accès aux antirétroviraux (ICAARV), en juin 2003. Le gouvernement s’était fixé comme objectif de prendre en charge 1.000 patients au cours de la première année.

« A ce jour, un peu plus de 800 patients bénéficient de l’ICAARV et sont suivis en toute confidentialité, soit un pourcentage de réussite de 80 pour cent,” a indiqué Moka lors d’un entretien accordé à PlusNews.

Depuis le lancement de l’initiative, le prix du traitement a considérablement chuté et coûte désormais entre 5.000 et 20.000 francs CFA ($9 et $36) par mois, contre 300.000 à 400.000 francs CFA ($550 a $740) auparavant.

Mais les centres de dépistage et de prise en charge sont rares et cantonnés à la capitale Brazzaville et à Pointe Noire, le grand centre économique du sud du pays.

Le ministre a dit à PlusNews vouloir doubler le nombre de bénéficiaires de ce programme pour atteindre 2.000 patients dès l’année prochaine, et étendre le programme sur l’ensemble du territoire congolais.

Selon la dernière enquête de séroprévalence conduite par le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) en novembre 2003, 4,2 pour cent de la population congolaise seraient infectés par le virus qui provoque le sida.

Ce chiffre est beaucoup plus bas que celui précédemment utilisé par le gouvernement congolais. Jusqu’en octobre dernier, le taux de prévalence était de 10 pour cent d’une population estimée à 3,1 millions.

Près de 3.500 échantillons sanguins ont été prélevés dans le cadre de cette dernière enquête, qui révèle de fortes disparités entre les régions nord et sud du pays.

Ainsi à Pointe Noire, où la séroprévalence s’établit à 10 pour cent de la population adulte – contre cinq pour cent à Brazzaville -- après que la ville eût accueilli les personnes déplacées des régions du Niari et du Pool après de sanglants affrontements entre milices rivales en 1998 et 1999.

Aucune estimation n’est en revanche disponible pour la Cuvette-Ouest, une région frontalière avec le Gabon, touchée au moment de l’enquête par la fièvre hémorragique à virus Ebola, fin 2003.

“L’extension du projet à d’autres localités est un impératif en raison du niveau atteint par l’épidémie dans certains départements du pays,” a expliqué à PlusNews le Dr Roger Patrick Nzounza.

Selon le médecin-chef du Centre de traitement ambulatoire (CTA) de Brazzaville, une structure mise en place par la Croix-Rouge française et l’Organisation Panafricaine de Lutte contre le Sida (OPALS), les personnes démunies sont les premières bénéficiaires de la prise en charge dans le cadre de l’ICAARV.

Les CTA de Brazzaville et Pointe-Noire, ainsi que le projet de prévention de la transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant (PTME, également géré par la Croix Rouge et l’OPALS) fournissent des antirétroviraux au prix pratiqué dans le cadre du projet, selon Nzounza.

D’après une récente étude de la Banque mondiale, 70 pour cent des Congolais vivent en-dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins d’un dollar par jour.

Pour compléter cette initiative de l’Etat congolais, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soutient depuis janvier près de 70 personnes, pour lesquelles le coût des médicaments a été abaissé à 5.000 francs CFA ($9) par mois.

Selon l’enquête nationale de séroprévalence, entre 80.000 et 110.000 personnes vivent avec le VIH/SIDA au Congo, la plupart étant des femmes et des jeunes âgés de 15 à 29 ans.