Le CICR lance un programme de production de semences au Maniema

Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a lancé un programme de production de semences de soja en coopération avec les associations locales de fermiers dans les villes de Kailo, Kalima, Punia et Kindu dans la province du Maniema, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Une distribution de semences de légumes a été par ailleurs été effectuée à Kailo et une autre relative à des semences de riz à Kalima.

Dans une déclaration publiée mercredi, le CICR a pointé du doigt le manque croissant d'intrants agricoles dans les régions de l'est de la RDC, durement affectées par la guerre. Les villes sont par ailleurs coupées les unes des autres alors que les mouvements de population sont fréquents en raison de l'insécurité.

Le CICR a affirmé distribuer des semences de bonnes qualités dans la région pour permettre à la population de reprendre leur propre production.

Les semences de soja ont été retenues, a expliqué à IRIN Anna Schaff, pour leur richesse en protéine. "C'est la seule semence agricole qui peut facilement remplacer quotidiennement la viande, les oeux et le lait," a-t-elle expliqué. "Les habitants de cette région cultivent traditionnellement le riz ou le manioc. Le soja les aidera à équilibrer leur régime alimentaire."

Le CICR a formé aux méthodes de culture et à la production de semences de hautes qualités 186 membres des associations d'agriculteurs, qui en retour, multiplieront les semences en les mettant à la disposition du reste de la population.

Le nombre de personnes visé par ce programme dans cette zone varie. Des habitants sont en effet en train de revenir chez eux, des fois plusieurs années après avoir fui la guerre. Selon le CICR, Kailo compte environ 10.000 habitants, Kalima 30.000, Punia 20.000 et Kindu 180.000.

Interrogé au sujet de la sécurité alimentaire dans la région du Maniema, Mme Shaff a indiqué que bien que n'étant pas "alarmant", le besoin en nourriture demeurait "immense" en RDC.

"Le but de ce programme est en fait de redonner aux populations leur indépendance au niveau de leur sécurité alimentaire," a-t-elle dit. "La culture est de nouveau possible maintenant que la situation sécuritaire s'améliore tout doucement."