Jean-Pierre Bemba arrive à Kinshasa, et sera bientôt suivi par Azarias Ruberwa

Le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, l’un des quatre vice-présidents désignés du gouvernement de transition de la République démocratique du Congo (RDC), est arrivé mardi dans la capitale, Kinshasa, pour prêter serment et être intronisé dans sa nouvelle fonction. C’était la première visite de M. Bemba à Kinshasa depuis qu’il a quitté cette ville pour créer le MLC, il y a quatre ans et demi. Il sera assermenté jeudi.

"Nous avons tourné la page de la guerre", a déclaré M. Bemba, mercredi, lors d’un point de presse. "Les cinq années que nous avons passées dans la rébellion nous ont permis d’explorer des pistes pour sortir ce pays de la crise", a poursuivi M. Bemba.

En vertu de l’accord de paix global, M. Bemba doit occuper l’un des quatre postes de vice-présidents, sous le président Joseph Kabila, dans un gouvernement de transition qui dirigera le pays jusqu’à la tenue d’élections nationales démocratiques, dans deux ans.

Les autres vice-présidents désignés sont Azarias Ruberwa, du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), Abdoulaye Yerodia Ndombasi, un allié de M. Kabila et ex-ministre des Affaires étrangères, ainsi qu’Arthur Z'ahidi Ngoma, de l’opposition politique non armée.

Chacun des groupements détient sept portefeuilles ministériels et quatre postes de ministres adjoints. Mardi, 26 des 34 titulaires de ces postes avaient déjà été assermentés.

"Nous avons apporté un ordre politique nouveau dans notre pays", d’ajouter M. Bemba. "La lutte que nous avons menée n'était pas une lutte de positionnement, ni de défense d'intérêts personnels. Nous n'en avions pas besoin, car nous avons risqué nos vies", dit-il.

Il a par ailleurs soutenu que l’adhésion à un plan de réforme économique constitue un élément clé pour redresser le pays, et que des contrôles budgétaires plus serrés doivent impérativement être promulgués pour lutter contre la corruption.

"Ce plan économique devra être dirigé vers un assainissement des finances du pays, et vers une transparence à tous les niveaux de la gestion", a-t-il indiqué.

Il a affiché son appui aux programmes du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale pour la RDC, et demandé au nouveau gouvernement de s’y conformer, de manière à favoriser l’investissement étranger.

M. Bemba a aussi souligné qu’il n’y aurait pas d’impunité durant la période de transition. Il s’est cependant montré confiant de pouvoir se défendre face aux accusations qui pèsent contre lui pour violations des droits de l’homme, notamment pour cannibalisme, cannibalisme forcé et viols. Les crimes en question auraient été perpétrés par des combattants sous son commandement, au nord-est de la RDC et dans la République centrafricaine voisine.

Accompagné par près d’une centaine de ses propres gardes du corps, et par des agents de sécurité fournis par la Mission de l’ONU en RDC (MONUC), M. Bemba s’est dit confiant que les mécanismes de coordination actuellement mis en place aideront à éviter toute confrontation entre les divers belligérants sur des détails de sécurité.

Par ailleurs, la MONUC a annoncé que Behrooz Sadry, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU en RDC, s’était rendu dans la ville de Goma, à l’est du pays, pour escorter M. Ruberwa jusqu’à la capitale, mercredi après-midi. M. Sadry s’était rendu en avion mardi jusqu’à la ville de Gbadolite, au nord-ouest du pays, pour escorter M. Bemba jusqu’à Kinshasa.

"La MONUC souhaite que toutes les mesures soient prises pour que les vice-présidents puissent prêter serment le jeudi 17 juillet, comme le prévoit le calendrier fixé par la Commission de suivi [du Dialogue intercongolais]", a indiqué la Mission de l’ONU, mercredi.

La Mission a signalé qu’elle avait annulé tous ses vols réguliers pour s’assurer que tous les membres du gouvernement de transition pourront atteindre Kinshasa.