Les réfugiés menacées par des pénuries alimentaires imminentes

Les réfugiés du Sahara Occidental vivant dans des camps reculés le long de la frontière avec l'Algérie sont menacés par un sérieux manque de nourriture et, si les agences humanitaires ne reçoivent pas d'ici Octobre des financements pour combler les déficits actuels, les réfugiés ne pourront pas bénéficier des rations alimentaires quotidiennes nécessaires à leurs besoins, ont rapporté jeudi deux agences de l'ONU.

"Quelque 155 000 réfugiés saharaouis, presque entièrement dépendants de l'aide alimentaire fournie par le biais du Programme alimentaire mondial (PAM), vivent dans les quatre camps éloignés, et de nouvelles contributions sont absolument nécessaires à leur survie », ont indiqué le PAM et le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Sans une nouvelle infusion de fonds d'ici au mois d'octobre les réfugiés ne recevront que 11 pour cent de l'aide alimentaire quotidienne nécessaire - environ 231 kilocalories pour chaque personne - comparé à la norme de l'ONU de la ration de farine, de lentilles, de fèves, d'huile végétale et d'autres apports d'une valeur totale de 2, 100 kilocalories par jour », ont ajouté les agences.

Le PAM a informé qu'il lui fallait 8,336 tonnes de nourriture, d'une valeur estimée à 3,7 millions de dollars. Le budget du HCR pour les réfugiés n'a reçu que 1,5 million de dollars annoncés sur les 4,6 millions de dollars requis.

"Vu le manque d'attention internationale à leur souffrance, obtenir des contributions régulières d'aide alimentaire pour les réfugiés du Sahara Occidental est extrêmement difficile », a déclaré à Genève Daly Belgasmi, du PAM. Les plus affectés seront les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les mères qui allaitent, a-t-il précisé.

"Trente-cinq pour cent des enfants souffrent d'une malnutrition chronique et 13 pour cent des enfants sont gravement malnourris, ce qui aboutit à un haut niveau d'arrêt de croissance prématuré chez les jeunes enfants », a souligné Rahouane Nouicer, qui supervise les opérations du HCR en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

La majorité des réfugiés ont fui le Sahara Occidental en 1975 à l'issue du retrait de l'Espagne, la puissance coloniale, et de son annexion par le Maroc, qui a incité le Front POLISARIO à déclarer une guerre d'indépendance. Le POLISARIO a baptisé le territoire République arabe démocratique saharaoui (RASD).


L'ONU s'est évertuée depuis 1991 à négocier un accord de paix entre le Maroc et le POLISARIO.