Des milliers de personnes en proie à des pénuries alimentaires

Des milliers de personnes au Cap-Vert sont frappées par des pénuries alimentaires en partie dues aux mauvaises récoltes, selon des agences de l'ONU, qui ont commencé à acheminer une aide aux populations affectées.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a approuvé une opération immédiate de réponse d'urgence d’un montant équivalent à 199 000 dollars dans le but de fournir 556 tonnes de maïs à quelque 30 000 personnes, a indiqué mardi à IRIN la directrice du PAM dans le pays, Sonsoles Ruedas, depuis la capitale cap-verdienne, Praia. Mme Ruedas a informé que le PAM préparait une plus grande opération pour un montant d'environ 1,2 million de dollars.

Les bénéficiaires ciblés par l'assistance du PAM sont des groupes vulnérables tels que des personnes âgées, des handicapés et des femmes chefs de famille, a-t-elle précisé.

Le directeur de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans le pays, Arlindo Braganca Gomes a fait savoir que son organisation allait fournir des graines (60 tonnes de maïs, 52 tonnes de fèves) et des petits outils agricoles à 14 000 familles (plus de 80 000 personnes), dans le cadre d'un accord de 229 000 dollars signé il y a une semaine avec le gouvernement cap-verdien. Le projet couvre 13 des 17 départements du pays.

Le Cap-Vert, un archipel semi-aride, peuplé de 435 000 habitants au large de l'Afrique de l'Ouest, a eu un déficit alimentaire structurel. Les pluies y ont été insuffisantes et irrégulières, alors que la plupart des cultures dépendent de la pluie et la faible production. Le pays produit habituellement 10 à 20 pour cent des céréales dont il a besoin chaque année, d'après M. Gomes. Il en résulte qu'il dépend fortement des vivres importés.

Les habitants pauvres des zones rurales reçoivent d'habitude une assistance du gouvernement à travers des structures de réduction de la pauvreté financées par l'Etat appelées FAIMOs (sigle portugais). Les bénéficiaires participent à des projets dans leurs communautés comme la construction des routes et la plantation d'arbres, et perçoivent un salaire minimum. Ceci, conjugué à une agriculture de subsistance, les aide à couvrir leurs besoins alimentaires, a déclaré Mme Ruedas à IRIN.

Toutefois, les récoltes de céréales en 2000/2001 et en 2001/2002 équivalaient à près de la moitié de celle de 1999/2000. En outre, à cause des difficultés financières, le gouvernement n'a pas été en mesure cette année de financer les FAIMO autant que nécessaire. Les mécanismes permettant aux habitants de faire face à la situation ont donc été réduits. Beaucoup ont consommé des graines qu'ils auraient dû garder pour les semer, a expliqué Mme Ruedas, et certains en ont été réduits à manger un ou deux repas par jour au lieu de trois.