La France propose un contrat de désendettement et de développement

Une partie de la dette du Cameroun vis-à-vis de la France pourrait être annulée dans le cadre d'un contrat dit de désendettement et de développement (C2D), a annoncé dans un communiqué l'ambassade française dans la capitale camerounaise, Yaoundé. Le contrat proposé a été discuté à l'occasion d'un entretien mardi entre le ministre français délégué à la coopération et à la francophonie, Charles Josselin, et le président camerounais, Paul Biya.

Dans le cadre de ce mécanisme « les pays continueront de payer leurs dettes, mais aussitôt le remboursement constaté, la France reverse à ses partenaires la somme correspondante pour l'affecter aux actions de lutte contre la pauvreté », précisé le communiqué diffusé durant la conférence de presse que M. Josselin a donné à Yaoundé. Dans le cas du Cameroun, la remise de la dette s'élèvera à environ 90 millions d'euros (un peu moins de 80 millions de dollars) et l'accord pourrait être finalisé vers la fin de 2003 ou au début de 2004.

"Cette remise est l'une des plus importantes que la France sera amenée à consentir dans le cadre de l'initiative pour
les pays pauvres très endettés (PPTE)", précise le communiqué de presse. L'Initiative PPTE, lancée en 1996 par le FMI et par la Banque mondiale, tend à éliminer la dette insoutenable dans les pays les plus pauvres du monde.

La nouvelle forme de remise de la dette indique que la France et chaque pays bénéficiaire décident d'un commun accord des programmes et des projets de lutte contre la pauvreté que les fonds libérés viendront financer. Quelques secteurs stratégiques et prioritaires ont été recensés par la France: l'éducation de base et la formation professionnelle ; les soins de santé primaire et la lutte contre les grandes endémies, dont le VIH/SIDA ; les équipements et les infrastructures des collectivités locales ; l'aménagement du territoire et la gestion des ressources naturelles, poursuit le communiqué.

La France a déjà conclu deux contrats de ce type, a rapporté l'ambassade. Le premier, en novembre 2001 avec le Mozambique, suivi d'un autre en mars 2002 avec l'Ouganda.