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SANTÉ: Partager les risques et les avantages de l’« innovation ouverte »
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Comment trouver des solutions plus rapidement ?
LONDRES, 31 juillet 2012 (IRIN) - Une tendance émerge dans le domaine de la recherche concertée en santé. Les compagnies pharmaceutiques, les chercheurs universitaires, les défenseurs des personnes atteintes de maladies et le grand public s’associent de plus en plus souvent pour tenter de sauver des vies par le biais de partenariats internationaux. Ils peuvent ainsi s’impliquer dans le monde de la science grâce à l’« externalisation ouverte » (crowd-sourcing).
La diminution des fonds consacrés à la recherche et au développement (R&D)
et l’impatience grandissante des bailleurs de fonds ont contraint les acteurs internationaux de la santé à changer leur manière de développer de nouveaux produits et procédés.
« Les compagnies pharmaceutiques et les instituts de recherche [...] contribuent depuis des années à la lutte contre les maladies tropicales négligées, mais ils le font souvent de manière indépendante ou par le biais de partenariats de plus petite envergure », a dit Don Joseph, PDG de BIO Ventures for Global Health, une organisation non gouvernementale (ONG) basée en Californie qui encourage les entreprises de biotechnologies à développer des médicaments, des vaccins et des outils diagnostiques pour les maladies négligées.
Si la découverte individuelle d’un traitement pour une maladie peut offrir une gloire personnelle à son auteur, elle suppose aussi des engagements de R&D à long terme et un risque financier plus important. « En règle générale, il faut beaucoup de temps et d’argent pour développer un nouveau médicament. Et la plupart du temps, ça ne fonctionne pas », a dit M. Joseph.
Avec
l’accroissement des coûts des essais cliniques
, estimé à 70 pour cent entre 2008 et 2011,
les risques [financiers] ont augmenté de manière exponentielle
. Les partenariats permettent de répartir les coûts plus équitablement.
« Le défi est de créer des projets qui sont simples et qui permettent aux organisations de participer par le biais d’un processus rationalisé », a dit M. Joseph à IRIN. « [Les partenariats d’innovation ouverte pourraient contribuer à] réduire de manière significative le nombre d’essais et erreurs et permettre aux chercheurs qui étudient les maladies négligées de trouver des solutions plus rapidement et plus efficacement. »
Les partenaires – qui, dans certains cas, étaient autrefois des concurrents – partagent de plus en plus leur expertise, leurs brevets et leurs fonds. En 2003, Henry Chesbrough, directeur du programme sur l’innovation ouverte à l’université de Berkeley, en Californie, a inventé le terme « innovation ouverte » pour décrire cette tendance.
« La logique qui prévalait auparavant était : si tu veux que quelque chose soit fait, fais-le toi-même »,
a dit M. Chesbrough en 2011
. « L’innovation ouverte inverse complètement cette logique. »
Les chercheurs prennent peu à peu conscience que la force réside dans le nombre dans la course à la découverte de la prochaine cure miracle. « Aujourd’hui, l’avantage concurrentiel, c’est d’avoir plus de gens qui travaillent pour vous que pour n’importe qui d’autre », a dit M. Chesbrough.
Initiatives pour la santé mondiale
« Nous avons été encouragés par la volonté de l’industrie d’examiner les initiatives d’innovation ouverte et d’y participer de manière créative afin d’éradiquer les maladies négligées et les autres maladies dévastatrices », a dit M. Joseph.
« La logique qui prévalait auparavant était : si tu veux que quelque chose soit fait, fais-le toi-même »
Le projet
Re:Search
, un partenariat créé en 2011 entre BIO Ventures et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (
OMPI
), qui regroupe 185 États membres des Nations Unies, appelle à une interprétation plus globale de la propriété intellectuelle afin de stimuler l’innovation et le développement en matière de santé et d’encourager la collaboration entre les entreprises de biotechnologies, les compagnies pharmaceutiques et les universitaires.
Le projet permettra, par exemple, à un chercheur tanzanien d’entrer plus facilement en contact avec les géants pharmaceutiques pour obtenir des ressources, des détails sur l’utilisation des produits et des informations biomédicales supplémentaires, a dit M. Joseph. Jusqu’à présent, l’accès à ces informations était souvent restreint à cause des droits de propriété intellectuelle, mais la transparence entre les partenaires sera désormais la clé.
Une science du crowd-sourcing
Afin de répondre aux défis de la santé plus rapidement et avec des budgets restreints, de plus en plus d’organisations se tournent vers le crowd-sourcing et confient leurs besoins en matière d’innovation au grand public.
En 2009,
InnoCentive
et la revue scientifique internationale
Nature
se sont associés et ont créé un site de crowd-sourcing afin de recueillir des propositions et de trouver des solutions à des problèmes médicaux et scientifiques.
InnoCentive organisait déjà, depuis 2006, des concours pour répondre aux
problématiques de santé mondiale
. La plateforme permettait aux organisations qui cherchaient des solutions d’entrer en contact avec des experts capables de résoudre leurs problèmes contre quelques dizaines de milliers de dollars. Les organisations accordent en effet des récompenses aux auteurs des solutions gagnantes en échange des droits de propriété intellectuelle.
Photo:
IRIN
Sortir l’innovation des laboratoires
En 2008, un concours organisé par l’Alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux (TB Alliance), dont l’objectif était de simplifier le processus de fabrication d’un médicament antituberculeux destiné aux patients qui sont à un stade avancé de la maladie, a rapporté 20 000 dollars à chacun des deux
gagnants
.
La société d’électronique Nokia et l’ONG éducative californienne
X Prize Foundation
se sont récemment associées pour offrir 2,25 millions de dollars de récompense afin d’encourager l’utilisation novatrice des outils numériques, et notamment des applications mobiles dans le domaine de la santé.
« Ce concours nous permettra d’exploiter le plein potentiel des capteurs mobiles et de réaliser des avancées technologiques importantes. Ces progrès peuvent jouer un rôle majeur en transformant la vie de milliards de personnes sur l’ensemble de la planète », a dit
Henry Tirri
, directeur technique et vice-président à la direction de Nokia. Les technologies de détection permettent de dépister des maladies et de mesurer des indicateurs tels que la température du corps et la tension artérielle.
Partenariats de développement de produits
Dans les années 1990, plusieurs dizaines d’années avant que le
concept de crowd-sourcing soit appliqué à la réponse humanitaire
, des partenariats de développement de produits (PDP) ont été créés afin d’accélérer le développement de technologies pour lutter contre la tuberculose, le sida, le paludisme et les maladies négligées.
Selon TB Alliance, qui est le fruit d’un PDP créé en 2000, plus de 140 projets de partenariats sont en cours de développement ou en train d’étudier des médicaments, des outils diagnostiques et des vaccins pour les maladies négligées.
Parmi ceux-ci, on peut notamment citer GAVI Alliance (anciennement l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation), dont l’objectif est de fournir plus de vaccins aux pays pauvres, et l’Initiative médicaments innovants de l’Union européenne, qui développe des médicaments et des tests pour certaines maladies, incluant la tuberculose.
Difficultés de parcours
Les partenariats d’innovation ouverte peuvent prendre plusieurs formes, mais les acteurs qui s’associent pour développer des produits et qui ont une expertise, des sources de financement et des motivations différentes peuvent avoir des différends. Historiquement, le développement de produits était dicté par les contraintes du marché, et notamment par l’obligation de respecter les droits de propriété intellectuelle, mais les nouveaux partenariats fonctionnent sans ces garanties.
« Nous n’avons observé que des interactions positives et enthousiastes entre les membres [du projet de l’OMPI] », a dit M. Joseph. « À notre avis, la perception de la propriété intellectuelle comme un obstacle à la collaboration dans le développement des médicaments et des vaccins est exagérée. »
L’innovation ouverte est une approche commerciale relativement nouvelle des partenariats pour la santé mondiale, a fait remarquer M. Joseph. « Si, pour l’heure, cette approche semble fonctionner et permettre d’accélérer le développement de nouveaux produits, ces projets n’en sont toutefois qu’à leurs débuts. Seul le temps nous dira [si elle s’impose à long terme]. »
oja/pt/he-gd/ag/amz
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:
Santé et nutrition
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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LONDRES, 31 juillet 2012 (IRIN) - Une tendance émerge dans le domaine de la recherche concertée en santé. Les compagnies pharmaceutiques, les chercheurs universitaires, les défenseurs des personnes atteintes de maladies et le grand public s’associent de plus en plus souvent pour tenter de sauver des vies par le biais de partenariats internationaux. Ils peuvent ainsi s’impliquer dans le monde de la science grâce à l’« externalisation ouverte » (crowd-sourcing).
La diminution des fonds consacrés à la recherche et au développement (R&D)
et l’impatience grandissante des bailleurs de fonds ont contraint les acteurs internationaux de la santé à changer leur manière de développer de nouveaux produits et procédés.
« Les compagnies pharmaceutiques et les instituts de recherche [...] contribuent depuis des années à la lutte contre les maladies tropicales négligées, mais ils le font souvent de manière indépendante ou par le biais de partenariats de plus petite envergure », a dit Don Joseph, PDG de BIO Ventures for Global Health, une organisation non gouvernementale (ONG) basée en Californie qui encourage les entreprises de biotechnologies à développer des médicaments, des vaccins et des outils diagnostiques pour les maladies négligées.
Si la découverte individuelle d’un traitement pour une maladie peut offrir une gloire personnelle à son auteur, elle suppose aussi des engagements de R&D à long terme et un risque financier plus important. « En règle générale, il faut beaucoup de temps et d’argent pour développer un nouveau médicament. Et la plupart du temps, ça ne fonctionne pas », a dit M. Joseph.
Avec
l’accroissement des coûts des essais cliniques
, estimé à 70 pour cent entre 2008 et 2011,
les risques [financiers] ont augmenté de manière exponentielle
. Les partenariats permettent de répartir les coûts plus équitablement.
« Le défi est de créer des projets qui sont simples et qui permettent aux organisations de participer par le biais d’un processus rationalisé », a dit M. Joseph à IRIN. « [Les partenariats d’innovation ouverte pourraient contribuer à] réduire de manière significative le nombre d’essais et erreurs et permettre aux chercheurs qui étudient les maladies négligées de trouver des solutions plus rapidement et plus efficacement. »
Les partenaires – qui, dans certains cas, étaient autrefois des concurrents – partagent de plus en plus leur expertise, leurs brevets et leurs fonds. En 2003, Henry Chesbrough, directeur du programme sur l’innovation ouverte à l’université de Berkeley, en Californie, a inventé le terme « innovation ouverte » pour décrire cette tendance.
« La logique qui prévalait auparavant était : si tu veux que quelque chose soit fait, fais-le toi-même »,
a dit M. Chesbrough en 2011
. « L’innovation ouverte inverse complètement cette logique. »
Les chercheurs prennent peu à peu conscience que la force réside dans le nombre dans la course à la découverte de la prochaine cure miracle. « Aujourd’hui, l’avantage concurrentiel, c’est d’avoir plus de gens qui travaillent pour vous que pour n’importe qui d’autre », a dit M. Chesbrough.
Initiatives pour la santé mondiale
« Nous avons été encouragés par la volonté de l’industrie d’examiner les initiatives d’innovation ouverte et d’y participer de manière créative afin d’éradiquer les maladies négligées et les autres maladies dévastatrices », a dit M. Joseph.
« La logique qui prévalait auparavant était : si tu veux que quelque chose soit fait, fais-le toi-même »
Le projet
Re:Search
, un partenariat créé en 2011 entre BIO Ventures et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (
OMPI
), qui regroupe 185 États membres des Nations Unies, appelle à une interprétation plus globale de la propriété intellectuelle afin de stimuler l’innovation et le développement en matière de santé et d’encourager la collaboration entre les entreprises de biotechnologies, les compagnies pharmaceutiques et les universitaires.
Le projet permettra, par exemple, à un chercheur tanzanien d’entrer plus facilement en contact avec les géants pharmaceutiques pour obtenir des ressources, des détails sur l’utilisation des produits et des informations biomédicales supplémentaires, a dit M. Joseph. Jusqu’à présent, l’accès à ces informations était souvent restreint à cause des droits de propriété intellectuelle, mais la transparence entre les partenaires sera désormais la clé.
Une science du crowd-sourcing
Afin de répondre aux défis de la santé plus rapidement et avec des budgets restreints, de plus en plus d’organisations se tournent vers le crowd-sourcing et confient leurs besoins en matière d’innovation au grand public.
En 2009,
InnoCentive
et la revue scientifique internationale
Nature
se sont associés et ont créé un site de crowd-sourcing afin de recueillir des propositions et de trouver des solutions à des problèmes médicaux et scientifiques.
InnoCentive organisait déjà, depuis 2006, des concours pour répondre aux
problématiques de santé mondiale
. La plateforme permettait aux organisations qui cherchaient des solutions d’entrer en contact avec des experts capables de résoudre leurs problèmes contre quelques dizaines de milliers de dollars. Les organisations accordent en effet des récompenses aux auteurs des solutions gagnantes en échange des droits de propriété intellectuelle.
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Sortir l’innovation des laboratoires
En 2008, un concours organisé par l’Alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux (TB Alliance), dont l’objectif était de simplifier le processus de fabrication d’un médicament antituberculeux destiné aux patients qui sont à un stade avancé de la maladie, a rapporté 20 000 dollars à chacun des deux
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.
La société d’électronique Nokia et l’ONG éducative californienne
X Prize Foundation
se sont récemment associées pour offrir 2,25 millions de dollars de récompense afin d’encourager l’utilisation novatrice des outils numériques, et notamment des applications mobiles dans le domaine de la santé.
« Ce concours nous permettra d’exploiter le plein potentiel des capteurs mobiles et de réaliser des avancées technologiques importantes. Ces progrès peuvent jouer un rôle majeur en transformant la vie de milliards de personnes sur l’ensemble de la planète », a dit
Henry Tirri
, directeur technique et vice-président à la direction de Nokia. Les technologies de détection permettent de dépister des maladies et de mesurer des indicateurs tels que la température du corps et la tension artérielle.
Partenariats de développement de produits
Dans les années 1990, plusieurs dizaines d’années avant que le
concept de crowd-sourcing soit appliqué à la réponse humanitaire
, des partenariats de développement de produits (PDP) ont été créés afin d’accélérer le développement de technologies pour lutter contre la tuberculose, le sida, le paludisme et les maladies négligées.
Selon TB Alliance, qui est le fruit d’un PDP créé en 2000, plus de 140 projets de partenariats sont en cours de développement ou en train d’étudier des médicaments, des outils diagnostiques et des vaccins pour les maladies négligées.
Parmi ceux-ci, on peut notamment citer GAVI Alliance (anciennement l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation), dont l’objectif est de fournir plus de vaccins aux pays pauvres, et l’Initiative médicaments innovants de l’Union européenne, qui développe des médicaments et des tests pour certaines maladies, incluant la tuberculose.
Difficultés de parcours
Les partenariats d’innovation ouverte peuvent prendre plusieurs formes, mais les acteurs qui s’associent pour développer des produits et qui ont une expertise, des sources de financement et des motivations différentes peuvent avoir des différends. Historiquement, le développement de produits était dicté par les contraintes du marché, et notamment par l’obligation de respecter les droits de propriété intellectuelle, mais les nouveaux partenariats fonctionnent sans ces garanties.
« Nous n’avons observé que des interactions positives et enthousiastes entre les membres [du projet de l’OMPI] », a dit M. Joseph. « À notre avis, la perception de la propriété intellectuelle comme un obstacle à la collaboration dans le développement des médicaments et des vaccins est exagérée. »
L’innovation ouverte est une approche commerciale relativement nouvelle des partenariats pour la santé mondiale, a fait remarquer M. Joseph. « Si, pour l’heure, cette approche semble fonctionner et permettre d’accélérer le développement de nouveaux produits, ces projets n’en sont toutefois qu’à leurs débuts. Seul le temps nous dira [si elle s’impose à long terme]. »
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