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KENYA: Femmes enceintes séropositives malmenées dans des centres de santé
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Sofia Teixeira/PlusNews
« Ces femmes sont réprimandées parce qu’elles portent un enfant »
KISUMU, 16 juin 2009 (IRIN) - Lillian Awiti*, 19 ans, originaire de Kisumu, une ville située sur le lac Victoria, dans l’ouest du Kenya, a entamé sa grossesse avec optimisme, mais elle a rapidement cessé de se rendre en consultation prénatale après avoir été insultée par une infirmière dans une clinique locale.
« Elle a demandé où était le père de mon enfant et je lui ai dit que je ne savais pas ; au lieu de m’aider, elle m’a juste sermonnée et m’a accusée de coucher à droite et à gauche avec des gens dont je ne pouvais même pas retrouver la trace », a-t-elle raconté. « C’était la dernière fois que j’ai mis le pied dans cet hôpital – je pense que certaines de ces infirmières ont plus besoin de conseils que nous, les malades ».
Selon l’Association médicale du Kenya, seuls 40 pour cent des accouchements se déroulent dans des structures sanitaires. Mme Awiti a accouché avec l’aide d’une sage-femme traditionnelle, mais son bébé est décédé peu après la naissance.
Des abus de droits humains
Un
rapport
du Centre américain pour les droits de la reproduction (ACRR, en anglais), publié en 2008, a commenté : « Les femmes sont l’objet de pratiques coercitives et de violations du consentement informé et de la confidentialité dans le dépistage du VIH, particulièrement pendant la grossesse. Les femmes qui recherchent des soins maternels rapportent que les [structures apportant] des soins de santé méprisent souvent les procédures de consentement informé pour le dépistage du VIH ».
Le Kenya dispose de directives nationales pour le dépistage volontaire du VIH et le conseil, et pour la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, mais tous les travailleurs de la santé ne les ont pas lues ou n’ont pas été formés pour les observer.
« La politique gouvernementale [en matière de dépistage du VIH] est [fondée sur le volontariat], et aucun travailleur sanitaire n’est autorisé à dépister quelqu’un sans son consentement. Si de tels cas se produisent, il s’agit d’une infraction à la politique gouvernementale », a dit le docteur Irene Mukui, chargée de programme au sein du Programme national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles, du ministère de la Santé.
Des chercheurs de l’ACRR ont révélé que « ces femmes sont réprimandées parce qu’elles portent un enfant ou sont sexuellement actives, et elles se voient refuser l’accès à la contraception, à la planification familiale et aux services de maternité. La discrimination dont souffrent les femmes séropositives peut accroître leur risque de transmettre le virus à leur partenaire et à leur enfant, ou de concevoir accidentellement ».
Une infirmière d’une structure gouvernementale de santé dans la province de Nyanza, dans l’ouest du Kenya, a reconnu que les travailleurs de la santé malmenaient parfois les patients, tandis que des études ont montré que bien qu’elles affichent le taux de prévalence du VIH le plus élevé du pays, les populations à Nyanza étaient les plus mécontentes des professionnels de la santé.
« J’ai vu des situations où des collègues ont évoqué le statut [VIH] de femmes en public, en présence d’autres patients, et ce n’est pas juste », a dit l’infirmière, qui a requis l’anonymat. « Les travailleurs de la santé se sentent démoralisés et les patients sont les souffre-douleurs les plus proches sur lesquels ils puissent déverser leur colère ».
Prendre soin des aides familiales
Le docteur A J Suleh, responsable médical à l’hôpital de district de Mbagathi à Nairobi, la capitale, et président du Forum de promotion des droits humains, a estimé que les cas d’abus pouvaient, dans une large mesure, être attribués à une formation insuffisante des personnels de santé, à un surmenage dû à trop de travail, et à des faibles salaires.
« Imaginez deux infirmières qui reçoivent plus de 2 000 patients par jour », a-t-il dit. « L’approvisionnement en outils de protection pour les travailleurs sanitaires [qui traitent des patients séropositifs] n’a pas été pris en charge de manière adéquate par le gouvernement », qui les expose au risque d’infection et de stigmatisation exacerbée.
Les infirmières kényanes gagnent, en moyenne, moins de 300 dollars par mois. Selon les estimations, pour fournir des soins appropriés aux 34 millions de citoyens du Kenya, au moins 10 000 infirmières seraient nécessaires, en plus des quelque 25 000 déjà employées dans les secteurs sanitaires public et privé.
Le gouvernement prend des mesures pour élever le niveau de prise de conscience des travailleurs sanitaires du besoin de sensibilité des patients. « Nous ne pouvons pas nier que certains travailleurs de la santé font toujours preuve de stigmatisation, particulièrement envers les personnes vivant avec le VIH/SIDA », a dit M. Mukui. « Nous élaborons un manuel qui sera utilisé pour former les personnels de soins dans tout le pays pour réduire les cas de stigmatisation.
ko/kr/kn/he/ail
Theme (s)
:
Prise en charge/Traitement
,
Egalité entre les sexes
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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« Ces femmes sont réprimandées parce qu’elles portent un enfant »
KISUMU, 16 juin 2009 (IRIN) - Lillian Awiti*, 19 ans, originaire de Kisumu, une ville située sur le lac Victoria, dans l’ouest du Kenya, a entamé sa grossesse avec optimisme, mais elle a rapidement cessé de se rendre en consultation prénatale après avoir été insultée par une infirmière dans une clinique locale.
« Elle a demandé où était le père de mon enfant et je lui ai dit que je ne savais pas ; au lieu de m’aider, elle m’a juste sermonnée et m’a accusée de coucher à droite et à gauche avec des gens dont je ne pouvais même pas retrouver la trace », a-t-elle raconté. « C’était la dernière fois que j’ai mis le pied dans cet hôpital – je pense que certaines de ces infirmières ont plus besoin de conseils que nous, les malades ».
Selon l’Association médicale du Kenya, seuls 40 pour cent des accouchements se déroulent dans des structures sanitaires. Mme Awiti a accouché avec l’aide d’une sage-femme traditionnelle, mais son bébé est décédé peu après la naissance.
Des abus de droits humains
Un
rapport
du Centre américain pour les droits de la reproduction (ACRR, en anglais), publié en 2008, a commenté : « Les femmes sont l’objet de pratiques coercitives et de violations du consentement informé et de la confidentialité dans le dépistage du VIH, particulièrement pendant la grossesse. Les femmes qui recherchent des soins maternels rapportent que les [structures apportant] des soins de santé méprisent souvent les procédures de consentement informé pour le dépistage du VIH ».
Le Kenya dispose de directives nationales pour le dépistage volontaire du VIH et le conseil, et pour la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, mais tous les travailleurs de la santé ne les ont pas lues ou n’ont pas été formés pour les observer.
« La politique gouvernementale [en matière de dépistage du VIH] est [fondée sur le volontariat], et aucun travailleur sanitaire n’est autorisé à dépister quelqu’un sans son consentement. Si de tels cas se produisent, il s’agit d’une infraction à la politique gouvernementale », a dit le docteur Irene Mukui, chargée de programme au sein du Programme national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles, du ministère de la Santé.
Des chercheurs de l’ACRR ont révélé que « ces femmes sont réprimandées parce qu’elles portent un enfant ou sont sexuellement actives, et elles se voient refuser l’accès à la contraception, à la planification familiale et aux services de maternité. La discrimination dont souffrent les femmes séropositives peut accroître leur risque de transmettre le virus à leur partenaire et à leur enfant, ou de concevoir accidentellement ».
Une infirmière d’une structure gouvernementale de santé dans la province de Nyanza, dans l’ouest du Kenya, a reconnu que les travailleurs de la santé malmenaient parfois les patients, tandis que des études ont montré que bien qu’elles affichent le taux de prévalence du VIH le plus élevé du pays, les populations à Nyanza étaient les plus mécontentes des professionnels de la santé.
« J’ai vu des situations où des collègues ont évoqué le statut [VIH] de femmes en public, en présence d’autres patients, et ce n’est pas juste », a dit l’infirmière, qui a requis l’anonymat. « Les travailleurs de la santé se sentent démoralisés et les patients sont les souffre-douleurs les plus proches sur lesquels ils puissent déverser leur colère ».
Prendre soin des aides familiales
Le docteur A J Suleh, responsable médical à l’hôpital de district de Mbagathi à Nairobi, la capitale, et président du Forum de promotion des droits humains, a estimé que les cas d’abus pouvaient, dans une large mesure, être attribués à une formation insuffisante des personnels de santé, à un surmenage dû à trop de travail, et à des faibles salaires.
« Imaginez deux infirmières qui reçoivent plus de 2 000 patients par jour », a-t-il dit. « L’approvisionnement en outils de protection pour les travailleurs sanitaires [qui traitent des patients séropositifs] n’a pas été pris en charge de manière adéquate par le gouvernement », qui les expose au risque d’infection et de stigmatisation exacerbée.
Les infirmières kényanes gagnent, en moyenne, moins de 300 dollars par mois. Selon les estimations, pour fournir des soins appropriés aux 34 millions de citoyens du Kenya, au moins 10 000 infirmières seraient nécessaires, en plus des quelque 25 000 déjà employées dans les secteurs sanitaires public et privé.
Le gouvernement prend des mesures pour élever le niveau de prise de conscience des travailleurs sanitaires du besoin de sensibilité des patients. « Nous ne pouvons pas nier que certains travailleurs de la santé font toujours preuve de stigmatisation, particulièrement envers les personnes vivant avec le VIH/SIDA », a dit M. Mukui. « Nous élaborons un manuel qui sera utilisé pour former les personnels de soins dans tout le pays pour réduire les cas de stigmatisation.
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