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vendredi 24 mai 2013
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MADAGASCAR: Des objectifs de planification familiale ambitieux
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Christina Corbett/IRIN
La population malgache a doublé au cours des 25 dernières années, atteignant 19,6 millions de personnes en 2007, selon les Nations Unies. L’île devrait même compter 43,5 millions d’habitants d’ici à l’an 2050
ANDAVADOAKA, 24 juillet 2008 (IRIN) - Etre la mère épuisée de 10 enfants à 30 ans à peine n’est pas inhabituel dans les campagnes malgaches, mais un mouvement a désormais été lancé pour tenter d’offrir à ces femmes le choix de la contraception.
« Au centre, je reçois souvent des femmes qui ont eu huit enfants ou plus et sont prêtes à tout pour arrêter », a expliqué Rebecca Hill, infirmière, qui tient depuis six mois un centre de planification familiale à Andavadoaka, un village reculé du sud-ouest de Madagascar. « Elles ne sont que trop heureuses de faire une pause, et la planification familiale peut leur permettre de le faire. Mais bien qu’on ait besoin de ces services, ici, ce besoin n’est pas satisfait ; il faut que cela change ».
Madagascar, une île réputée pour sa biodiversité unique, peine à équilibrer les exigences de la protection environnementale avec les besoins d’une population en croissance rapide qui a doublé au cours des 25 dernières années, atteignant 19,6 millions de personnes en 2007, selon les statistiques des Nations Unies.
L’île devrait même compter 43,5 millions d’habitants d’ici à l’an 2050. Les initiatives de planification familiale lancées dans les villes ont connu quelque succès, mais les régions rurales, elles, pâtissent encore d’un grave manque de services contraceptifs.
« Le vrai problème, c’est de pouvoir se rendre auprès des communautés isolées », a estimé André Damiba, directeur pays de Marie Stopes International (MSI), une organisation dédiée à la santé reproductive.
D’après le gouvernement, dans certaines régions du pays, 70 pour cent des filles de 16 ans ont déjà donné naissance à leur premier enfant.
Reconnaissant ce problème, le ministère de la Santé a pris une mesure inhabituelle : il a changé son nom pour y inclure la planification familiale.
Le gouvernement a également fait de la planification familiale l’un des huit piliers du Plan d’action pour Madagascar (MAP, en anglais), une ambitieuse stratégie économique et de développement social lancée en 2006 par le président Marc Ravalomanana.
Le MAP définit deux objectifs ambitieux dans le domaine de la planification familiale : réduire la taille moyenne des familles malgaches « pour améliorer le bien-être de chaque membre [de la famille], de la communauté et de la nation » ; et répondre pleinement à la demande en contraceptifs et en planification familiale.
Ce plan prévoit d’y parvenir en veillant à ce que les moyens de contraception soient plus largement disponibles, en lançant des programmes éducatifs et en réduisant le nombre des grossesses non-désirées chez les adolescentes.
Encore des efforts dans certaines zones isolées
Mais les efforts déployés par le gouvernement n’ont pas encore porté leurs fruits dans les villages reculés du sud-ouest de Madagascar.
Ici, les communautés isolées du littoral, qui comptent parmi les plus pauvres du pays, vivent de ressources marines de moins en moins abondantes, en partie soumises aux pressions exercées par la croissance démographique dans les villages, et les services de santé et de planification familiale sont extrêmement limités.
« Une femme du village d’Andavadoaka, qui souhaitait avoir accès à des services de contraception, avait le choix soit de parcourir 50 kilomètres à pied pour se rendre à Morombe, la ville la plus proche, soit de payer pour faire le trajet à bord d’un bateau de passage », a expliqué le docteur Vikram Mohan, fondateur du centre d’Andavadoaka. « Dans les villes, il y a de bons services de contraception ; mais dans les régions reculées comme la nôtre, la plupart des organisations ne peuvent pas offrir ce service ».
Le centre d’Andavadoaka est financé par Blue Ventures Conservation (BVC), une association caritative britannique. C’est le lien entre la croissance démographique, le manque de services de planification familiale et les pressions de plus en plus lourdes exercées sur des ressources naturelles fragiles qui a incité l’organisation à ouvrir ce petit centre.
« Le travail fait par BVC pour permettre aux communautés du littoral de gérer durablement leurs ressources risquait d’être sapé par la démographie galopante », a expliqué le docteur Mohan. « De plus, la sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles et la volonté de prendre des précautions étaient faibles ».
En effet, selon une enquête publiée dernièrement par le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, à Madagascar, seuls 12 pour cent des jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans avaient utilisé un préservatif la dernière fois qu’ils avaient eu des rapports avec une partenaire occasionnelle. Seules cinq pour cent des femmes étaient dans ce cas.
Émancipation de la femme
M. Damiba pense que des campagnes de sensibilisation intensives sont nécessaires, surtout dans les régions rurales où prévalent des traditions conservatrices.
« Ce n’est qu’en sensibilisant les communautés qu’on parviendra à faire évoluer les comportements », a-t-il expliqué. « Tant que le comportement des gens ne changera pas, il sera impossible d’atteindre les objectifs fixés par le gouvernement dans le cadre du Plan d’action pour Madagascar ».
C’est pourquoi la planification familiale ne se limite pas à la promotion des contraceptifs ; il s’agit également de donner les moyens aux femmes de prendre des décisions fondamentales concernant leur santé et leur vie.
« Ici, la société ne comprend pas vraiment ce que sont les droits de la femme », selon M. Damiba. « Nous sensibilisons les populations non seulement aux droits des femmes, mais aussi aux intérêts économiques et sociaux de ces dernières et à la façon dont elles peuvent prendre le contrôle de leur vie ».
Les femmes apprennent vite. « La planification familiale, c’est bon pour nous », a expliqué Veleriny, membre de l’Association des femmes d’Andavadoaka. « Cela nous permet de décider quand avoir un enfant. Ici, certaines femmes tombent enceintes tous les ans ».
Le gouvernement a fait appel aux médias pour promouvoir la contraception, et ses partenaires internationaux se sont également investis plus activement.
« L’accès aux services de planification familiale s’améliore », a indiqué à IRIN Lalah Rimboloson, directrice adjointe de Population Services International (PSI), une organisation américaine implantée à Madagascar. « Entre 2004 et 2006, nous avons constaté une augmentation considérable du recours à la planification familiale. Le gouvernement encourage les organisations comme PSI à développer leurs activités ».
Mais les statistiques nationales ne reflètent pas toujours la situation observée dans les régions reculées. En 2007, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) estimait que le taux national de fécondité s’élevait à 4,94 enfants par famille.
Or, selon les estimations de Mme Hill, l’infirmière du centre d’Andavadoaka, dans les villages côtiers reculés du sud-ouest, le taux se situerait plutôt entre huit et 12 enfants par famille.
« Il faut que nous disposions en permanence de services pour les gens qui en ont besoin », a préconisé M. Damiba. « Ces services doivent être permanents, et non occasionnels », sinon les vrais progrès risquent de se limiter aux zones urbaines, a-t-il ajouté.
Quoi qu’il en soit, les objectifs ambitieux fixés par le gouvernement seront difficiles à atteindre. « Je pense qu’il est possible d’atteindre les objectifs du MAP », a commenté M. Rimboloson, « mais pas uniquement par les efforts du gouvernement ; il nous faudra l’aide de tous les partenaires investis dans le domaine de la planification familiale à Madagascar ».
M. Damiba a abondé dans ce sens. « Même une modeste répercussion dans une communauté reculée peut provoquer un effet de vague et contribuer ainsi à répandre une compréhension de cette question et à sensibiliser les populations. Tout compte. On a vraiment besoin de planification familiale, ici ».
cc/oa/he/nh/ail
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Enfants
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Egalité entre les sexes
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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« Au centre, je reçois souvent des femmes qui ont eu huit enfants ou plus et sont prêtes à tout pour arrêter », a expliqué Rebecca Hill, infirmière, qui tient depuis six mois un centre de planification familiale à Andavadoaka, un village reculé du sud-ouest de Madagascar. « Elles ne sont que trop heureuses de faire une pause, et la planification familiale peut leur permettre de le faire. Mais bien qu’on ait besoin de ces services, ici, ce besoin n’est pas satisfait ; il faut que cela change ».
Madagascar, une île réputée pour sa biodiversité unique, peine à équilibrer les exigences de la protection environnementale avec les besoins d’une population en croissance rapide qui a doublé au cours des 25 dernières années, atteignant 19,6 millions de personnes en 2007, selon les statistiques des Nations Unies.
L’île devrait même compter 43,5 millions d’habitants d’ici à l’an 2050. Les initiatives de planification familiale lancées dans les villes ont connu quelque succès, mais les régions rurales, elles, pâtissent encore d’un grave manque de services contraceptifs.
« Le vrai problème, c’est de pouvoir se rendre auprès des communautés isolées », a estimé André Damiba, directeur pays de Marie Stopes International (MSI), une organisation dédiée à la santé reproductive.
D’après le gouvernement, dans certaines régions du pays, 70 pour cent des filles de 16 ans ont déjà donné naissance à leur premier enfant.
Reconnaissant ce problème, le ministère de la Santé a pris une mesure inhabituelle : il a changé son nom pour y inclure la planification familiale.
Le gouvernement a également fait de la planification familiale l’un des huit piliers du Plan d’action pour Madagascar (MAP, en anglais), une ambitieuse stratégie économique et de développement social lancée en 2006 par le président Marc Ravalomanana.
Le MAP définit deux objectifs ambitieux dans le domaine de la planification familiale : réduire la taille moyenne des familles malgaches « pour améliorer le bien-être de chaque membre [de la famille], de la communauté et de la nation » ; et répondre pleinement à la demande en contraceptifs et en planification familiale.
Ce plan prévoit d’y parvenir en veillant à ce que les moyens de contraception soient plus largement disponibles, en lançant des programmes éducatifs et en réduisant le nombre des grossesses non-désirées chez les adolescentes.
Encore des efforts dans certaines zones isolées
Mais les efforts déployés par le gouvernement n’ont pas encore porté leurs fruits dans les villages reculés du sud-ouest de Madagascar.
Ici, les communautés isolées du littoral, qui comptent parmi les plus pauvres du pays, vivent de ressources marines de moins en moins abondantes, en partie soumises aux pressions exercées par la croissance démographique dans les villages, et les services de santé et de planification familiale sont extrêmement limités.
« Une femme du village d’Andavadoaka, qui souhaitait avoir accès à des services de contraception, avait le choix soit de parcourir 50 kilomètres à pied pour se rendre à Morombe, la ville la plus proche, soit de payer pour faire le trajet à bord d’un bateau de passage », a expliqué le docteur Vikram Mohan, fondateur du centre d’Andavadoaka. « Dans les villes, il y a de bons services de contraception ; mais dans les régions reculées comme la nôtre, la plupart des organisations ne peuvent pas offrir ce service ».
Le centre d’Andavadoaka est financé par Blue Ventures Conservation (BVC), une association caritative britannique. C’est le lien entre la croissance démographique, le manque de services de planification familiale et les pressions de plus en plus lourdes exercées sur des ressources naturelles fragiles qui a incité l’organisation à ouvrir ce petit centre.
« Le travail fait par BVC pour permettre aux communautés du littoral de gérer durablement leurs ressources risquait d’être sapé par la démographie galopante », a expliqué le docteur Mohan. « De plus, la sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles et la volonté de prendre des précautions étaient faibles ».
En effet, selon une enquête publiée dernièrement par le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, à Madagascar, seuls 12 pour cent des jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans avaient utilisé un préservatif la dernière fois qu’ils avaient eu des rapports avec une partenaire occasionnelle. Seules cinq pour cent des femmes étaient dans ce cas.
Émancipation de la femme
M. Damiba pense que des campagnes de sensibilisation intensives sont nécessaires, surtout dans les régions rurales où prévalent des traditions conservatrices.
« Ce n’est qu’en sensibilisant les communautés qu’on parviendra à faire évoluer les comportements », a-t-il expliqué. « Tant que le comportement des gens ne changera pas, il sera impossible d’atteindre les objectifs fixés par le gouvernement dans le cadre du Plan d’action pour Madagascar ».
C’est pourquoi la planification familiale ne se limite pas à la promotion des contraceptifs ; il s’agit également de donner les moyens aux femmes de prendre des décisions fondamentales concernant leur santé et leur vie.
« Ici, la société ne comprend pas vraiment ce que sont les droits de la femme », selon M. Damiba. « Nous sensibilisons les populations non seulement aux droits des femmes, mais aussi aux intérêts économiques et sociaux de ces dernières et à la façon dont elles peuvent prendre le contrôle de leur vie ».
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