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SRI LANKA: Une planche de salut pour les familles désunies


Photo: Sri Lanka Red Cross
La Croix-rouge sri-lankaise a permis de réunir des milliers de familles, comme cette dame et son petit-fils qui avaient été séparés après le passage du tsunami en 2004.
COLOMBO, 27 juillet 2007 (IRIN) - Shanthi Rajah (un nom d’emprunt) a récemment quitté son domicile de Kilinochchi, une ville encore aux mains de la rébellion, prenant le risque de traverser plusieurs zones de combat pour emmener son bébé de six mois se faire soigner à l’hôpital.

Sans nouvelle d’eux depuis plusieurs semaines, son époux, angoissé, a sollicité l’aide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour retrouver la trace de sa femme et de son enfant, partis en direction de Vavuniya, une ville sous contrôle du gouvernement.

Des milliers de Sri-Lankais, séparés par les affrontements entre les forces de sécurité et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (TLET), s’en remettent au CICR et à son partenaire local, la Croix-Rouge sri-lankaise (CRSL), pour retrouver la trace de membres de leur famille, disparus.

Dans les quartiers nord de Jaffna, de Mullaitivu et de Kilinochchi, et est de Batticaloa, ravagés par la guerre, de plus en plus de personnes font appel au programme de Rétablissement des liens familiaux mis en place par les organisations.

A Colombo, la capitale, Gayathiry Balakrishnan de la CRSL a consulté les dossiers de centaines de patients de l’hôpital national et découvert que Mme Rajah et son bébé avaient été transférés dans un autre établissement hospitalier.

« Dès que j’ai appris qu’ils se trouvaient à l’hôpital pour enfants, je m’y suis rendu », a raconté M. Balakrishnan. « Lorsque j’ai rencontré la femme, elle était tellement heureuse de recevoir le message de son mari. Elle était toute seule et n’avait aucun moyen de le joindre ».

Par le biais des bureaux du CICR dans la capitale et à Kilinochchi, quartier général des Tigres tamouls, Mme Rajah a pu envoyer un message à son mari, pour l’informer que son enfant était sous traitement et qu’ils devaient bientôt rentrer chez eux.

Une recherche difficile

Les bénévoles de la Croix-Rouge déploient beaucoup d’efforts, se heurtant parfois à des attitudes hostiles et s’exposant à des dangers, pour retrouver des personnes susceptibles de s’être déplacées plusieurs fois ou d’avoir quitté le pays.

Récemment, au terme de plusieurs mois de recherche, les organisations ont réuni un père tamoul sri-lankais, perdu de vue depuis longtemps, et vivant dans un camp de réfugiés indiens, et ses deux filles, qu’il n’avait pas vues depuis 17 ans.

Dans le Nord assiégé, les organisations ont même recours à la Voix des Tigres, la station de radio des TLEL, pour diffuser les noms des personnes pour lesquelles elles ont reçu des messages.


Photo: Sri Lanka Red Cross
Les bénévoles de la Croix-Rouge parcourent de longues distances pour rechercher des personnes portées disparues et pour porter des messages à des membres de familles séparées par la guerre, les migrations et les catastrophes
« Avec le conflit, ce programme est devenu plus important que jamais », a expliqué à IRIN Surein Peiris, le directeur général adjoint des opérations de la CRSL.
« Dans ces circonstances, le mieux que nous pouvons faire pour les familles, c’est leur dire si la personne disparue est morte ou vivante. Le seul fait de savoir cela réconforte énormément la famille ».

Les compétences des organisations ont en grande partie été renforcées à la suite du tsunami ; à cette époque, des milliers de personnes avaient fait appel aux moyens de communication des organisations et à leurs téléphones satellite, notamment, pour retrouver leurs amis ou leur famille.

« La plupart des demandes de recherche de parents disparus proviennent actuellement des régions nord et est », a expliqué M. Chithiravel, ajoutant que le renforcement de l’unité de recherche et la formation spécialisée de 45 bénévoles dans 26 succursales avaient permis à l’organisation de remporter plusieurs succès.

« Maintenant que nous avons les ressources humaines nécessaires et beaucoup d’expérience, les gens nous font confiance pour retrouver les membres de leur famille », s’est-il félicité.

Les demandes ne portent pas uniquement sur la recherche de personnes séparées de leur famille par le conflit : certains Sri-Lankais ont perdu contact avec leurs familles après être partis travailler à l’étranger. Environ 1,5 million de Sri-Lankais travaillent outre-mer, principalement comme domestiques au Moyen-Orient.

« Malheureusement, au Sri-Lanka, à cause du conflit, des migrations et des catastrophes, nous avons acquis beaucoup d’expérience pratique dans la recherche de personnes portées disparues », a noté Sara Blandford, déléguée à la recherche des personnes disparues, au CICR.

Des milliers de messages
 
Selon le CICR, près de 3 500 messages familiaux ont été échangés l’année dernière, et à ce jour, 1 548 notes ont été envoyées au cours de l’année. La CRSL a aidé 3 236 personnes en 2006 et traité 1 665 demandes cette année.

Photo: Sri Lanka Red Cross
Bénévoles de la Croix-Rouge sri-lankaise aidant des membres de la minorité tamoule explusés en juin de Colombo, la capitale, par les forces de sécurité gouvernementales

« Les civils peuvent s’adresser au CICR et donner un message en précisant la dernière adresse connue du destinataire ; le message sera transmis rapidement par le biais de notre réseau intranet », a expliqué à IRIN Christophe Sutter, coordinateur des opérations de protection au CICR.

La note est écrite sur un formulaire à remplir et le contenu est scanné par les responsables de l’organisation, a-t-il expliqué, avant d’être distribué par les bénévoles de la CRSL.

Lorsque l’A9, la route traversant à la fois les zones contrôlées par le gouvernement et le territoire des Tigres tamouls, a été fermée en août 2006 pour empêcher le déplacement des rebelles, de très nombreux messages à destination du nord de la péninsule de Jaffna ont envahi les bureaux du CICR à Kilinochchi, Mullaitivu et Vavuniya (des districts appartenant à la région de Vanni).

« La plupart des messages étaient écrits par des parents vivant dans la région de Vanni, qui souhaitaient informer leurs enfants, étudiants à Jaffna, qu’ils se portaient bien. Ces messages disaient simplement, “Je suis vivant” », a raconté Mme Blandford.

cj/bj/mw/nh/ads


Thèmes: (IRIN) Politique, (IRIN) Paix et sécurité, (IRIN) Réfugiés et déplacés

[FIN]

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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