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Amr Emam/IRIN
Ouvriers du bâtiment en Egypte. Ceux qui reviennent de Libye ont du mal à se faire embaucher
LE CAIRE, 11 mars 2011 (IRIN) - Quand la violence a récemment explosé en Libye, Ahmed al-Agouz, 25 ans, faisait des petits boulots dans la ville libyenne de Sabha. Comprenant qu’il lui fallait fuir, il a réussi à atteindre la frontière tunisienne, où il a éventuellement pu prendre un avion pour le Caire. « C’était merveilleux de rentrer en Egypte, après tout ce que j’ai vu en cours de route, » a t-il dit à IRIN. « C'etait une expérience que je ne peux que comparer à un horrible thriller. »
Toutefois, le retour dans son village d’origine dans le gouvernorat de Sharkeyah dans le Delta du Nil égyptien au nord du Caire, a permis à M. al-Agouz et à des dizaines de milliers d’autres rapatriés de se rendre compte d’une chose : Il n’y a tout simplement pas d’emplois en Egypte.
Selon Abdurrahman Kheir, expert au Syndicat des Travailleurs Egyptiens (Egyptian Labour Union), les rapatriés vont avoir beaucoup de mal à trouver du travail. « Cela signifie qu’ils vont sombrer dans la pauvreté et le chômage…
L’économie
ne parviendra pas à fournir des emplois à ces personnes, pas dans un avenir immédiat en tout cas. »
Depuis les 18 jours de manifestations qui ont forcé le Président Hosni Mubarak à démissionner le 11 février, des centaines de milliers de travailleurs, en particulier dans les secteurs du tourisme et du bâtiment, n’ont pas encore repris le travail.
Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, les manifestations libyennes, qui ont débuté le 14 février, et la violence et les affrontements qui ont suivi un peu partout, ont poussé des centaines de milliers de travailleurs émigrés, dont plus de 68 000 Egyptiens, à fuir le pays.
« Je n’ai même pas réussi à ramener tous les habits qui étaient dans mon placard, » a dit M. al-Agouz. « Je sais que c’est impossible de trouver du travail ici. Tous mes voisins sont sans emploi. »
Il y a quelques jours, un menuisier de 27 ans, Mohamed Abdel Khaliq, s’est suicidé chez lui dans le gouvernorat de Monofiya dans le Delta du Nil, après avoir apparemment été attaqué par des voyous qui lui ont volé toutes ses possessions sur le chemin du retour.
Ali al-Mahdy, éminent économiste de l’Université du Caire, a dit à IRIN que le gouvernement égyptien actuel devait s’attaquer au déficit budgétaire et encourager la création d’emplois en développant les petites entreprises. « Le gouvernement peut encourager ces projets rien qu’en indiquant aux petits investisseurs qu’ils auront droit à des exemptions fiscales, » a t-il dit. « Le gouvernement peut proposer beaucoup d’autres encouragements pour faire ranimer l’intérêt des investisseurs. »
De son côté, Mohamed Ahmed Bassiouny, un rapatrié de 28 ans qui travaillait comme peintre en bâtiment en Libye, espère que le gouvernement va faire quelque chose. Quand il est rentré [en Egypte], il a découvert que le secteur du bâtiment était au point mort. Désormais il craint pour l’avenir de sa femme et de ses trois enfants. « Il n’y a pas de nouveaux projets de construction et très peu de gens sont disposés à dépenser le peu d’argent qu’ils ont pour faire repeindre leur appartement, » a dit M. Bassiouny. « Où vais-je bien pouvoir trouver du travail ? ».
am/eo/cb-od/amz
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Economie
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LE CAIRE, 11 mars 2011 (IRIN) - Quand la violence a récemment explosé en Libye, Ahmed al-Agouz, 25 ans, faisait des petits boulots dans la ville libyenne de Sabha. Comprenant qu’il lui fallait fuir, il a réussi à atteindre la frontière tunisienne, où il a éventuellement pu prendre un avion pour le Caire. « C’était merveilleux de rentrer en Egypte, après tout ce que j’ai vu en cours de route, » a t-il dit à IRIN. « C'etait une expérience que je ne peux que comparer à un horrible thriller. »
Toutefois, le retour dans son village d’origine dans le gouvernorat de Sharkeyah dans le Delta du Nil égyptien au nord du Caire, a permis à M. al-Agouz et à des dizaines de milliers d’autres rapatriés de se rendre compte d’une chose : Il n’y a tout simplement pas d’emplois en Egypte.
Selon Abdurrahman Kheir, expert au Syndicat des Travailleurs Egyptiens (Egyptian Labour Union), les rapatriés vont avoir beaucoup de mal à trouver du travail. « Cela signifie qu’ils vont sombrer dans la pauvreté et le chômage…
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ne parviendra pas à fournir des emplois à ces personnes, pas dans un avenir immédiat en tout cas. »
Depuis les 18 jours de manifestations qui ont forcé le Président Hosni Mubarak à démissionner le 11 février, des centaines de milliers de travailleurs, en particulier dans les secteurs du tourisme et du bâtiment, n’ont pas encore repris le travail.
Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, les manifestations libyennes, qui ont débuté le 14 février, et la violence et les affrontements qui ont suivi un peu partout, ont poussé des centaines de milliers de travailleurs émigrés, dont plus de 68 000 Egyptiens, à fuir le pays.
« Je n’ai même pas réussi à ramener tous les habits qui étaient dans mon placard, » a dit M. al-Agouz. « Je sais que c’est impossible de trouver du travail ici. Tous mes voisins sont sans emploi. »
Il y a quelques jours, un menuisier de 27 ans, Mohamed Abdel Khaliq, s’est suicidé chez lui dans le gouvernorat de Monofiya dans le Delta du Nil, après avoir apparemment été attaqué par des voyous qui lui ont volé toutes ses possessions sur le chemin du retour.
Ali al-Mahdy, éminent économiste de l’Université du Caire, a dit à IRIN que le gouvernement égyptien actuel devait s’attaquer au déficit budgétaire et encourager la création d’emplois en développant les petites entreprises. « Le gouvernement peut encourager ces projets rien qu’en indiquant aux petits investisseurs qu’ils auront droit à des exemptions fiscales, » a t-il dit. « Le gouvernement peut proposer beaucoup d’autres encouragements pour faire ranimer l’intérêt des investisseurs. »
De son côté, Mohamed Ahmed Bassiouny, un rapatrié de 28 ans qui travaillait comme peintre en bâtiment en Libye, espère que le gouvernement va faire quelque chose. Quand il est rentré [en Egypte], il a découvert que le secteur du bâtiment était au point mort. Désormais il craint pour l’avenir de sa femme et de ses trois enfants. « Il n’y a pas de nouveaux projets de construction et très peu de gens sont disposés à dépenser le peu d’argent qu’ils ont pour faire repeindre leur appartement, » a dit M. Bassiouny. « Où vais-je bien pouvoir trouver du travail ? ».
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