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HAÏTI: Combattre la tuberculose dans les villages de tentes de Port-au-Prince
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Tamar Dressler/IRIN
Des milliers de gens vivent toujours dans des tentes minuscules, à Port-au-Prince, la capitale (photo d’archives)
PORT-AU-PRINCE, 19 novembre 2010 (PlusNews) - Des travailleurs sanitaires en Haïti s’inquiètent de la propagation de la tuberculose dans les villages de tentes qui abritent plus d’un million de personnes depuis le tremblement de terre dévastateur en janvier.
« Avec le tremblement de terre, c’est devenu une urgence », a dit MacArthur Charles, médecin au sein du Groupe haïtien d’étude du sarcome de Kaposi et des infections opportunistes (
GHESKIO
), une des plus importantes ONG s’occupant du VIH et de la tuberculose en Haïti.
« L’hôpital principal pour la tuberculose, le sanatorium ici à Port-au-Prince, s’est effondré et l’hôpital [GHESKIO] à Leogane [à 29 kilomètres à l’ouest de Port-au-Prince] pour le traitement de la tuberculose multi-résistante aux médicaments [MDR-TB, en anglais] s’est aussi effondré ».
GHESKIO a souffert de pertes d’infrastructures pour un montant estimé à 10 millions de dollars, et les deux sanatoriums gouvernementaux ont eux aussi été détruits par le tremblement de terre.
« La tuberculose constitue une situation extrêmement importante parce que la transmission est facilitée par la situation des gens vivant sous des tentes », a dit Jean William Pape, directeur et fondateur du GHESKIO.
A travers la capitale, les gens sont entassés dans de minuscules tentes, avec six à 10 personnes partageant une seule tente prévue pour deux personnes, tandis que d’autres vivent dans des tentes de six mètres sur six ou 10 mètres sur 10.
« Il y a un délai pour les soins. Il y a la question de la malnutrition ou d’avoir un VIH non traité qui entraîne plus de tuberculose, et puis il y a le problème d’être soi-même dans de petits espaces avec d’autres gens », a dit Megan Coffee, spécialiste américaine des maladies infectieuses, qui dirige depuis janvier un service étendu pour la tuberculose à l’hôpital général de Port-au-Prince.
La propagation de la MDR-TB suscite également des inquiétudes. Elle se développe souvent lorsque que des patients, ayant des médicaments de tuberculose de première ligne, ne finissent pas le traitement initial. Traiter une MDR-TB peut coûter de 50 à 200 fois plus que le traitement de première ligne. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en Haïti environ deux pour cent des patients atteints de tuberculose nouvellement diagnostiqués et 12 pour cent de patients atteints de tuberculose déjà traités présentent une tuberculose multi-résistante.
Après le tremblement de terre, GHESKIO a pu retrouver tous ses patients atteints de MDR-TB et poursuivre leurs traitements ; certains sont traités en consultation externe alors que d’autres sont accueillis dans des tentes en isolement, dans la capitale. GHESKIO est en train de construire un nouveau centre de 30 lits pour ses patients atteints de MDR-TB, et renforce ses capacités au niveau du laboratoire pour améliorer la surveillance de la tuberculose.
Peu de temps après le tremblement de terre, les travailleurs sanitaires ont enregistré un pic dans les cas de tuberculose, mais certains pensent que cela pourrait être la conséquence du dépistage accru par les organisations bénévoles. « Beaucoup d’étrangers qui sont venus en Haïti pour aider avaient la tuberculose à l’esprit, ils la dépistaient… Je pense que cela a conduits à l’augmentation de références [de patients vers les centres sanitaires] que nous avons vu auparavant, et maintenant je pense que cela a diminué parce qu’il y a un dépistage moins actif », a dit M. Charles.
Une épidémie préexistante
Alors que le tremblement de terre a détruit les infrastructures pour la tuberculose, sollicité à l’extrême des ressources sanitaires limitées et aggravé les conditions de vie, la maladie n’est pas nouvelle pour Haïti. Selon un
récent rapport de l’OMS sur la tuberculose
, la prévalence actuelle à Haïti est de 312 cas pour 100 000 personnes, de loin la prévalence la plus élevée dans l’hémisphère occidentale. Comme dans de nombreux pays en développement, elle est étroitement liée au VIH ; le taux en Haïti est de 2,2 pour cent. Avec 30 pour cent de la population mondiale séropositive susceptible de contracter la tuberculose durant sa vie, le fardeau conjoint de la tuberculose et du VIH en Haïti est lourd.
« Les conditions de vie de ceux qui vivent dans des tentes sont visibles maintenant, mais elles existaient bien avant le tremblement de terre. Je dirais que 60 pour cent des gens vivant désormais dans des tentes vivaient dans les mêmes conditions auparavant », a dit Anany Gretchko Prosper, responsable des opérations médicales pour Partners in Health, une autre ONG de santé présente depuis longtemps.
« Les patients que j’ai vu à la suite du tremblement de terre n’avaient rien à voir avec le tremblement de terre – en aucune façon, la tuberculose ne peut se développer en deux semaine », a dit Mme Coffee.
A l’approche de l’ouragan Thomas en octobre, le service élargi de tuberculose de Mme Coffee avait été transféré des tentes dans une salle à l’hôpital, avec 27 lits pour le traitement des patients hospitalisés ; des centaines de patients en consultation externe viennent également à la clinique. Vingt-cinq pour cent des patients de Mme Coffee sont séropositifs et environ 40 pour cent des patients hospitalisés sont séropositifs.
Cependant, le docteur Charles de GHESKIO a reconnu que ces nouveaux centres pourraient rapidement atteindre leur capacité limite, et que fournir des soins et des traitements adéquats pourraient rester « un défi ».
A la suite du tremblement de terre, ONUSIDA a publié une
évaluation de la situation
qui déterminait les secteurs prioritaires pour des actions en Haïti comme : reconstruire le système de santé, restaurer les réseaux de personnes vivant avec le VIH, et protéger les personnes déplacées du VIH. Le rapport a noté qu’un nouveau plan national stratégique pour le VIH serait nécessaire, prenant en compte les nouvelles réalités du pays.
ag/kr/cb/sk/ail
Theme (s)
:
Prise en charge/Traitement
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
PVVIH/Organisations
,
Prévention
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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« Avec le tremblement de terre, c’est devenu une urgence », a dit MacArthur Charles, médecin au sein du Groupe haïtien d’étude du sarcome de Kaposi et des infections opportunistes (
GHESKIO
), une des plus importantes ONG s’occupant du VIH et de la tuberculose en Haïti.
« L’hôpital principal pour la tuberculose, le sanatorium ici à Port-au-Prince, s’est effondré et l’hôpital [GHESKIO] à Leogane [à 29 kilomètres à l’ouest de Port-au-Prince] pour le traitement de la tuberculose multi-résistante aux médicaments [MDR-TB, en anglais] s’est aussi effondré ».
GHESKIO a souffert de pertes d’infrastructures pour un montant estimé à 10 millions de dollars, et les deux sanatoriums gouvernementaux ont eux aussi été détruits par le tremblement de terre.
« La tuberculose constitue une situation extrêmement importante parce que la transmission est facilitée par la situation des gens vivant sous des tentes », a dit Jean William Pape, directeur et fondateur du GHESKIO.
A travers la capitale, les gens sont entassés dans de minuscules tentes, avec six à 10 personnes partageant une seule tente prévue pour deux personnes, tandis que d’autres vivent dans des tentes de six mètres sur six ou 10 mètres sur 10.
« Il y a un délai pour les soins. Il y a la question de la malnutrition ou d’avoir un VIH non traité qui entraîne plus de tuberculose, et puis il y a le problème d’être soi-même dans de petits espaces avec d’autres gens », a dit Megan Coffee, spécialiste américaine des maladies infectieuses, qui dirige depuis janvier un service étendu pour la tuberculose à l’hôpital général de Port-au-Prince.
La propagation de la MDR-TB suscite également des inquiétudes. Elle se développe souvent lorsque que des patients, ayant des médicaments de tuberculose de première ligne, ne finissent pas le traitement initial. Traiter une MDR-TB peut coûter de 50 à 200 fois plus que le traitement de première ligne. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en Haïti environ deux pour cent des patients atteints de tuberculose nouvellement diagnostiqués et 12 pour cent de patients atteints de tuberculose déjà traités présentent une tuberculose multi-résistante.
Après le tremblement de terre, GHESKIO a pu retrouver tous ses patients atteints de MDR-TB et poursuivre leurs traitements ; certains sont traités en consultation externe alors que d’autres sont accueillis dans des tentes en isolement, dans la capitale. GHESKIO est en train de construire un nouveau centre de 30 lits pour ses patients atteints de MDR-TB, et renforce ses capacités au niveau du laboratoire pour améliorer la surveillance de la tuberculose.
Peu de temps après le tremblement de terre, les travailleurs sanitaires ont enregistré un pic dans les cas de tuberculose, mais certains pensent que cela pourrait être la conséquence du dépistage accru par les organisations bénévoles. « Beaucoup d’étrangers qui sont venus en Haïti pour aider avaient la tuberculose à l’esprit, ils la dépistaient… Je pense que cela a conduits à l’augmentation de références [de patients vers les centres sanitaires] que nous avons vu auparavant, et maintenant je pense que cela a diminué parce qu’il y a un dépistage moins actif », a dit M. Charles.
Une épidémie préexistante
Alors que le tremblement de terre a détruit les infrastructures pour la tuberculose, sollicité à l’extrême des ressources sanitaires limitées et aggravé les conditions de vie, la maladie n’est pas nouvelle pour Haïti. Selon un
récent rapport de l’OMS sur la tuberculose
, la prévalence actuelle à Haïti est de 312 cas pour 100 000 personnes, de loin la prévalence la plus élevée dans l’hémisphère occidentale. Comme dans de nombreux pays en développement, elle est étroitement liée au VIH ; le taux en Haïti est de 2,2 pour cent. Avec 30 pour cent de la population mondiale séropositive susceptible de contracter la tuberculose durant sa vie, le fardeau conjoint de la tuberculose et du VIH en Haïti est lourd.
« Les conditions de vie de ceux qui vivent dans des tentes sont visibles maintenant, mais elles existaient bien avant le tremblement de terre. Je dirais que 60 pour cent des gens vivant désormais dans des tentes vivaient dans les mêmes conditions auparavant », a dit Anany Gretchko Prosper, responsable des opérations médicales pour Partners in Health, une autre ONG de santé présente depuis longtemps.
« Les patients que j’ai vu à la suite du tremblement de terre n’avaient rien à voir avec le tremblement de terre – en aucune façon, la tuberculose ne peut se développer en deux semaine », a dit Mme Coffee.
A l’approche de l’ouragan Thomas en octobre, le service élargi de tuberculose de Mme Coffee avait été transféré des tentes dans une salle à l’hôpital, avec 27 lits pour le traitement des patients hospitalisés ; des centaines de patients en consultation externe viennent également à la clinique. Vingt-cinq pour cent des patients de Mme Coffee sont séropositifs et environ 40 pour cent des patients hospitalisés sont séropositifs.
Cependant, le docteur Charles de GHESKIO a reconnu que ces nouveaux centres pourraient rapidement atteindre leur capacité limite, et que fournir des soins et des traitements adéquats pourraient rester « un défi ».
A la suite du tremblement de terre, ONUSIDA a publié une
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qui déterminait les secteurs prioritaires pour des actions en Haïti comme : reconstruire le système de santé, restaurer les réseaux de personnes vivant avec le VIH, et protéger les personnes déplacées du VIH. Le rapport a noté qu’un nouveau plan national stratégique pour le VIH serait nécessaire, prenant en compte les nouvelles réalités du pays.
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