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IRAK: Des fermiers déplacés par la sécheresse impatients de rentrer chez eux


Photo: IRIN
Des fermiers au Kurdistan sont impatients de retravailler à nouveau leurs terres (photo d’archives)
BAGDAD, 4 novembre 2009 (IRIN) - La pluie qui tombe sur l’ensemble du Kurdistan, région semi-autonome du nord de l’Irak, incite les fermiers à rentrer chez eux ; ils avaient abandonné leurs terres après deux années de sécheresse, selon des officiels.

« La sécheresse qui a frappé la région durant les deux dernières saisons avait affecté nos principales sources d’irrigation, l’eau de surface et les puits, et cela avait eu un impact négatif sur l’ensemble des récoltes – principalement du blé et de l’orge », a dit Paldar Mohammed Amin, chef de la Direction de l’agriculture d’Arbil.

« Nous sommes optimistes pour cette saison car le début est prometteur jusqu’ici », a dit M. Amin à IRIN. « Les fermiers peuvent cultiver leurs terres et commencer à planter ce mois-ci, alors que d’autres le feront en janvier et en février ».

Si cette météo se maintient, dit-il, plus de 350 000 tonnes de blé et d’orge seront produits cette saison dans les trois gouvernorats qui constituent la région du Kurdistan. L’an dernier, les fermiers n’ont produit qu’un tiers de cette quantité, et en 2007 la récolte n’avait été que de 12 000 tonnes.

M. Amin a dit que les autorités soutiendraient les fermiers en leur donnant des semences et de l’équipement pour l’irrigation, les aideraient avec des prêts pour des puits et des équipements, mais les détails ne sont pas disponibles.

Déplacés

Plus de 100 000 personnes ont été déplacées par la sécheresse depuis 2005, selon un rapport du 13 octobre 2009 de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).


Photo: Saeed Kudaimati/IRIN
Une carte de l’Irak, surlignant les provinces kurdes de Dohouk, Arbil et Sulaimaniyah dans le Nord
Des aqueducs souterrains, construits par l’homme, (connus sous le nom de karez) fournissaient traditionnellement une source d’eau fiable, mais beaucoup se sont asséchés.

Selon le rapport, près de 40 pour cent des 683 karez dans cinq provinces du Nord (Dohouk, Arbil, Sulaimaniyah, Kirkuk et Mosul) ont été abandonnés en 2005, et les 116 karez toujours en service cet été ont vu leur débit diminuer, ce qui pourrait provoquer le déplacement de quelque 36 000 personnes supplémentaires.

« Des générations de familles, d’histoire partagée et de liens avec un endroit seront perdus quand les villages mourront. Le déplacement des personnes va alors entraîner des problèmes sociaux et économiques supplémentaires », a dit Dale Lightfoot du département de géographie de l’Université d’Oklahoma dans un rapport de 56 pages.

« Des familles ont pris la décision douloureuse de vendre leur bétail et de quitter leur village pour un autre endroit où l’eau est moins rare », a dit le rapport, ajoutant : « La population a en moyenne baissé de près de 70 pour cent dans les villages durement affectés, depuis que la sécheresse et le pompage excessif d’eau ont commencé à assécher de nombreux karez ».

La technologie des karez s’est développée dans l’ancienne Perse, elle comprend une série linéaire de puits qui sont liés en sous-sol par un tunnel incliné vers le bas qui collecte l’eau accumulée des puits et la remonte dans des canaux en surface au pied des collines.

Mohammed Jawhar Harees, un fermier de 56 ans de la province de Sulaimaniyah, a dit à IRIN que la sécheresse l’avait forcé à abandonner sa terre début 2006. Ce père de huit enfants a dit qu’il avait déménagé en ville et qu’il travaillait comme agent de nettoyage dans une école secondaire, puis comme gardien dans un immeuble résidentiel, et travaillait maintenant comme jardinier.

« Nous avons… vraiment l’espoir de pouvoir finalement retourner sur nos terres là où nos ancêtres vivaient », a-t-il dit.

sm/ed/cb/sk/ail


Thèmes: (IRIN) Economie, (IRIN) Environnement, (IRIN) Sécurité alimentaire

[FIN]

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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