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lundi 20 mai 2013
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Allégations de politisation de l’aide aux Philippines à l’approche des élections
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Jason Gutierrez/IRIN
Des hommes faisant la queue pour obtenir une aide alimentaire
BAGANGA/MANILLE, 26 février 2013 (IRIN) - Caridad Calungsod et ses trois enfants vivent dans un abri de fortune le long de l’autoroute qui mène à Baganga, une commune rurale du littoral de la province du Davao Oriental, sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines, qui a été parmi les régions les plus touchées par le typhon Bopha en décembre dernier.
Comme pour beaucoup d’autres, la vie de sa famille repose désormais en grande partie sur l’aide humanitaire qui, selon les témoignages, a tardé à arriver, pour des raisons de mauvaise logistique ou à cause d’un processus de distribution que beaucoup ont qualifié de désorganisé et de politisé.
« Nous voulons recommencer nos vies, mais il ne reste plus rien dans cette communauté », a dit cette mère âgée de 34 ans. « Nourrir les enfants est un combat quotidien et il n’y a parfois pas assez de nourriture pour s’en sortir. »
Les agents des services sociaux ont eu du mal à accéder aux communautés les plus reculées, dont certaines ne sont accessibles qu’après plusieurs heures de marche. Selon Mme Calungsod et des militants, les secours qui y parviennent sont répartis entre les autorités locales, qui les distribuent en fonction des obédiences politiques.
Selon des survivants interviewés par IRIN, des hommes politiques sans scrupules utilisent les articles de secours pour stimuler leur campagne. Le pays se prépare en effet à voter pour des milliers de dirigeants locaux, des maires et membres des conseils municipaux aux sénateurs et membres du Congrès, lors des élections de mi-mandat, au mois de mai.
Manifestation
En janvier, plus de 5 000 habitants frustrés ont élevé des barricades sur l’autoroute nationale afin de protester contre le système de distribution de l’aide du gouvernement, qu’ils qualifiaient de « sélectif ». Selon les manifestants, ce système favorise les grandes régions à forte rentabilité électorale au détriment des petites communautés dans le besoin.
La manifestation a bloqué l’autoroute pendant des heures, immobilisant des milliers d’automobilistes et de passagers des transports en commun. Tout n’est rentré dans l’ordre que lorsque les dirigeants locaux se sont rendus sur les lieux et ont distribué des sacs de riz et d’autres produits aux manifestants en promettant de bientôt améliorer la distribution de l’aide dans leurs communautés.
Les organisations d’aide humanitaire sont réticentes à parler ouvertement de la situation, car elles doivent travailler en étroite collaboration avec les hommes politiques accusés de profiter de la situation. Elles ont cependant exprimé leur inquiétude quant aux tensions qui pourraient augmenter dans les communautés touchées par la tempête si l’aide venait à être bloquée à l’approche des élections du mois de mai.
Selon les organisations locales dont les bénévoles travaillent activement dans les communautés touchées par le typhon, les hommes politiques et leur dispositif électoral s’attribuent quotidiennement le mérite de la distribution de l’aide humanitaire, qu’ils réalisent dans les zones où l’électorat leur est le plus favorable.
« Dans certains lieux, l’aide humanitaire est reconditionnée et vendue », a dit Vencer Crsisostomo, président d’Anakbayan, une organisation nationale de jeunes bénévoles. « Le ministère de la Protection sociale devrait distribuer l’aide aux populations dans le besoin sans condition, au lieu de [permettre qu’elle] soit utilisée par les hommes politiques dans un but électoral. »
L’aide humanitaire est selon lui devenue pour les hommes politiques philippins un outil pour « constituer un soutien de masse et des mécanismes politiques ». La corruption serait d’ailleurs, selon les analystes, responsable des poches de pauvreté de ce pays à revenu intermédiaire.
En 2012, les analystes interrogés par l’organisme international de surveillance de la corruption Transparency International pour son « indice de perceptions de la corruption » ont placé le pays au 34e rang sur 100, le pays classé au rang zéro étant le plus corrompu.
« C’est inhumain et absurde. Ils ne devraient pas distribuer l’aide humanitaire de manière sélective. C’est de la stratégie politique pure qui entrave l’aide aux populations », a dit M. Crsisostomo. « Où va l’argent ? Dans la machine électorale ou dans les poches de quelques hommes politiques ? Les fonctionnaires doivent être tenus de rendre des comptes », a-t-il ajouté.
Améliorations
Le ministère de la Protection sociale, qui supervise les opérations de secours, a reconnu avoir reçu des plaintes selon lesquelles l’aide serait arrivée en retard dans certaines zones touchées. Il a cependant assuré que la situation s’était améliorée après les premières semaines chaotiques qui ont suivi la catastrophe.
Photo:
UNICEF Philippines/2012/JEstey
Andap, dans la Vallée de Compostela, où le bilan du typhon a été le plus meurtrier
« Nous avons dialogué avec les communautés locales touchées par le typhon et nous leur avons dit de nous donner les noms de tous ceux qui n’avaient pas encore reçu d’aide », a dit à IRIN Resty Macuto, directeur du centre de réduction des risques de catastrophes et des opérations de secours du ministère de la Protection sociale, à Manille.
« En ce qui me concerne, nous avons réussi à améliorer la situation », a-t-il dit, admettant qu’il y a eu une certaine confusion et des difficultés logistiques dans les jours qui ont suivi Bopha. Le typhon avait en effet traversé de vastes régions du Sud, dont des communautés tribales reculées difficiles à atteindre même lorsque le temps est des plus cléments.
Les indigènes plus touchés
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que près de 80 pour cent des personnes touchées par le typhon de catégorie cinq (dont les vents ont atteint les 250 km heure) sont des indigènes. Certains d’entre eux vivent dans des zones encore inaccessibles, car bien que le typhon soit passé, la mousson se poursuit, avec ses fortes précipitations quotidiennes.
Arjun Jain, directeur du bureau du HCR chargé des régions touchées par le typhon, a dit à IRIN que « l’impression d’une distribution inéquitable [créait] des tensions » entre les communautés indigènes reculées dans l’intérieur des terres et les populations des basses terres. « Les élections qui approchent sont une période délicate. Nous devons nous assurer que l’aide n’est pas utilisée à des fins politiques, qu’elle atteint les communautés des zones en situation critique et qu’elle est distribuée uniquement en fonction des besoins. »
Selon M. Macuto, les survivants ont également pu être frustrés par le fait que le gouvernement exigeait au départ la présentation de cartes d’accès délivrées dans le but de contrôler le flux de l’aide dans les communautés afin de ne pas répéter inutilement les interventions.
À Binondo, l’une des communautés les plus reculées de la commune de Baganga, la plupart des 1 200 familles ont reçu ces cartes d’accès vertes, mais aucune information concernant leur utilité et leur importance.
Selon M. Macuto, la distribution de ces cartes a été suspendue dans toutes les zones touchées par le typhon, car les vents et les inondations ont détruit ces documents qui étaient exigés par le gouvernement.
« Ce n’est pas vrai qu’il y a du favoritisme dans la distribution de l’aide. Nous essayons d’aider toutes les personnes concernées, mais parfois ce n’est tout simplement pas suffisant », a-t-il dit.
Déficit de financement
Catholic Relief Services (CRS) affirme n’avoir pas été confronté au problème de la « politisation de l’aide », car l’organisation a majoritairement eu recours à ses propres employés pour distribuer les secours. « CRS coordonne les informations et l’organisation avec les gouvernements locaux, mais toutes les distributions sont faites par ses employés et ceux de ses partenaires locaux », a dit Joe Curry, qui coordonne les activités sur le terrain.
« L’aide d’urgence, composée de denrées alimentaires, d’abris et d’argent liquide, parvient aux zones les plus touchées et soutient des dizaines de milliers de familles affectées », a-t-il dit.
« La phase de rétablissement fait cependant face à un important déficit. En l’absence de soutien plus constant, nous craignons une deuxième vague de catastrophes lorsque les secours d’urgence prendront fin dans les prochains mois ».
Les organisations humanitaires ont lancé un appel
de 76 millions de dollars
pour aider les communautés touchées par le typhon à se reconstruire. Les bailleurs de fonds se sont jusqu’à présent engagés à en financer environ 40 pour cent, ce qui laisse un manque de 45 millions de dollars.
Bopha en contexte
Bopha, connu localement sous le nom de Pablo, est la première tempête à avoir fait autant de morts et de dégâts dans l’île de Mindanao depuis des décennies. Le typhon a provoqué des crues éclair et des glissements de terrain qui ont submergé des communautés entières et détruit de vastes espaces agricoles, dont des plantations de bananes et de noix de coco qui sont les deux principales cultures commerciales de la région.
Dans la commune de Baganga, qui était auparavant la principale région productrice de noix de coco du pays, seulement deux pour cent des cocotiers ont survécu, selon le préposé à l’agriculture de la municipalité. La Philippines Coconut Association n’avait pas de plants de cocotiers à offrir à la commune (c’est la commune elle-même qui fournissait tous ses plants à l’association). Les agriculteurs sont donc encouragés à planter des tubercules et des légumes. Au total, le typhon a endommagé quelque 321 000 hectares de cultures.
Près de 2 000 personnes ont été tuées ou ont disparu et sont présumées mortes. Près de deux mois après la catastrophe, la plupart des déplacés, dont le nombre total est proche
d’un million
, vivent toujours dans les décombres de leurs maisons, sont logés chez des proches ou sont hébergés dans des centres d’évacuation.
Fin janvier, le gouvernement estimait que le typhon avait complètement détruit près de 75 000 habitations et en avait partiellement endommagé 123 000. Une aide est maintenant apportée aux survivants pour qu’ils reconstruisent leurs maisons avec des cocotiers déracinés, des ressources locales et du matériel récupéré dans les décombres.
Selon le Comité international de la Croix-Rouge, malgré l’intervention de la communauté humanitaire internationale, les besoins sont cette semaine «
toujours incroyablement élevés
».
aag/pt/cb-mg/amz
Theme (s)
:
Démocratie et gouvernance
,
Catastrophes naturelles
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 671 17 mai 2013
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Jason Gutierrez/IRIN
Des hommes faisant la queue pour obtenir une aide alimentaire
BAGANGA/MANILLE, 26 février 2013 (IRIN) - Caridad Calungsod et ses trois enfants vivent dans un abri de fortune le long de l’autoroute qui mène à Baganga, une commune rurale du littoral de la province du Davao Oriental, sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines, qui a été parmi les régions les plus touchées par le typhon Bopha en décembre dernier.
Comme pour beaucoup d’autres, la vie de sa famille repose désormais en grande partie sur l’aide humanitaire qui, selon les témoignages, a tardé à arriver, pour des raisons de mauvaise logistique ou à cause d’un processus de distribution que beaucoup ont qualifié de désorganisé et de politisé.
« Nous voulons recommencer nos vies, mais il ne reste plus rien dans cette communauté », a dit cette mère âgée de 34 ans. « Nourrir les enfants est un combat quotidien et il n’y a parfois pas assez de nourriture pour s’en sortir. »
Les agents des services sociaux ont eu du mal à accéder aux communautés les plus reculées, dont certaines ne sont accessibles qu’après plusieurs heures de marche. Selon Mme Calungsod et des militants, les secours qui y parviennent sont répartis entre les autorités locales, qui les distribuent en fonction des obédiences politiques.
Selon des survivants interviewés par IRIN, des hommes politiques sans scrupules utilisent les articles de secours pour stimuler leur campagne. Le pays se prépare en effet à voter pour des milliers de dirigeants locaux, des maires et membres des conseils municipaux aux sénateurs et membres du Congrès, lors des élections de mi-mandat, au mois de mai.
Manifestation
En janvier, plus de 5 000 habitants frustrés ont élevé des barricades sur l’autoroute nationale afin de protester contre le système de distribution de l’aide du gouvernement, qu’ils qualifiaient de « sélectif ». Selon les manifestants, ce système favorise les grandes régions à forte rentabilité électorale au détriment des petites communautés dans le besoin.
La manifestation a bloqué l’autoroute pendant des heures, immobilisant des milliers d’automobilistes et de passagers des transports en commun. Tout n’est rentré dans l’ordre que lorsque les dirigeants locaux se sont rendus sur les lieux et ont distribué des sacs de riz et d’autres produits aux manifestants en promettant de bientôt améliorer la distribution de l’aide dans leurs communautés.
Les organisations d’aide humanitaire sont réticentes à parler ouvertement de la situation, car elles doivent travailler en étroite collaboration avec les hommes politiques accusés de profiter de la situation. Elles ont cependant exprimé leur inquiétude quant aux tensions qui pourraient augmenter dans les communautés touchées par la tempête si l’aide venait à être bloquée à l’approche des élections du mois de mai.
Selon les organisations locales dont les bénévoles travaillent activement dans les communautés touchées par le typhon, les hommes politiques et leur dispositif électoral s’attribuent quotidiennement le mérite de la distribution de l’aide humanitaire, qu’ils réalisent dans les zones où l’électorat leur est le plus favorable.
« Dans certains lieux, l’aide humanitaire est reconditionnée et vendue », a dit Vencer Crsisostomo, président d’Anakbayan, une organisation nationale de jeunes bénévoles. « Le ministère de la Protection sociale devrait distribuer l’aide aux populations dans le besoin sans condition, au lieu de [permettre qu’elle] soit utilisée par les hommes politiques dans un but électoral. »
L’aide humanitaire est selon lui devenue pour les hommes politiques philippins un outil pour « constituer un soutien de masse et des mécanismes politiques ». La corruption serait d’ailleurs, selon les analystes, responsable des poches de pauvreté de ce pays à revenu intermédiaire.
En 2012, les analystes interrogés par l’organisme international de surveillance de la corruption Transparency International pour son « indice de perceptions de la corruption » ont placé le pays au 34e rang sur 100, le pays classé au rang zéro étant le plus corrompu.
« C’est inhumain et absurde. Ils ne devraient pas distribuer l’aide humanitaire de manière sélective. C’est de la stratégie politique pure qui entrave l’aide aux populations », a dit M. Crsisostomo. « Où va l’argent ? Dans la machine électorale ou dans les poches de quelques hommes politiques ? Les fonctionnaires doivent être tenus de rendre des comptes », a-t-il ajouté.
Améliorations
Le ministère de la Protection sociale, qui supervise les opérations de secours, a reconnu avoir reçu des plaintes selon lesquelles l’aide serait arrivée en retard dans certaines zones touchées. Il a cependant assuré que la situation s’était améliorée après les premières semaines chaotiques qui ont suivi la catastrophe.
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UNICEF Philippines/2012/JEstey
Andap, dans la Vallée de Compostela, où le bilan du typhon a été le plus meurtrier
« Nous avons dialogué avec les communautés locales touchées par le typhon et nous leur avons dit de nous donner les noms de tous ceux qui n’avaient pas encore reçu d’aide », a dit à IRIN Resty Macuto, directeur du centre de réduction des risques de catastrophes et des opérations de secours du ministère de la Protection sociale, à Manille.
« En ce qui me concerne, nous avons réussi à améliorer la situation », a-t-il dit, admettant qu’il y a eu une certaine confusion et des difficultés logistiques dans les jours qui ont suivi Bopha. Le typhon avait en effet traversé de vastes régions du Sud, dont des communautés tribales reculées difficiles à atteindre même lorsque le temps est des plus cléments.
Les indigènes plus touchés
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que près de 80 pour cent des personnes touchées par le typhon de catégorie cinq (dont les vents ont atteint les 250 km heure) sont des indigènes. Certains d’entre eux vivent dans des zones encore inaccessibles, car bien que le typhon soit passé, la mousson se poursuit, avec ses fortes précipitations quotidiennes.
Arjun Jain, directeur du bureau du HCR chargé des régions touchées par le typhon, a dit à IRIN que « l’impression d’une distribution inéquitable [créait] des tensions » entre les communautés indigènes reculées dans l’intérieur des terres et les populations des basses terres. « Les élections qui approchent sont une période délicate. Nous devons nous assurer que l’aide n’est pas utilisée à des fins politiques, qu’elle atteint les communautés des zones en situation critique et qu’elle est distribuée uniquement en fonction des besoins. »
Selon M. Macuto, les survivants ont également pu être frustrés par le fait que le gouvernement exigeait au départ la présentation de cartes d’accès délivrées dans le but de contrôler le flux de l’aide dans les communautés afin de ne pas répéter inutilement les interventions.
À Binondo, l’une des communautés les plus reculées de la commune de Baganga, la plupart des 1 200 familles ont reçu ces cartes d’accès vertes, mais aucune information concernant leur utilité et leur importance.
Selon M. Macuto, la distribution de ces cartes a été suspendue dans toutes les zones touchées par le typhon, car les vents et les inondations ont détruit ces documents qui étaient exigés par le gouvernement.
« Ce n’est pas vrai qu’il y a du favoritisme dans la distribution de l’aide. Nous essayons d’aider toutes les personnes concernées, mais parfois ce n’est tout simplement pas suffisant », a-t-il dit.
Déficit de financement
Catholic Relief Services (CRS) affirme n’avoir pas été confronté au problème de la « politisation de l’aide », car l’organisation a majoritairement eu recours à ses propres employés pour distribuer les secours. « CRS coordonne les informations et l’organisation avec les gouvernements locaux, mais toutes les distributions sont faites par ses employés et ceux de ses partenaires locaux », a dit Joe Curry, qui coordonne les activités sur le terrain.
« L’aide d’urgence, composée de denrées alimentaires, d’abris et d’argent liquide, parvient aux zones les plus touchées et soutient des dizaines de milliers de familles affectées », a-t-il dit.
« La phase de rétablissement fait cependant face à un important déficit. En l’absence de soutien plus constant, nous craignons une deuxième vague de catastrophes lorsque les secours d’urgence prendront fin dans les prochains mois ».
Les organisations humanitaires ont lancé un appel
de 76 millions de dollars
pour aider les communautés touchées par le typhon à se reconstruire. Les bailleurs de fonds se sont jusqu’à présent engagés à en financer environ 40 pour cent, ce qui laisse un manque de 45 millions de dollars.
Bopha en contexte
Bopha, connu localement sous le nom de Pablo, est la première tempête à avoir fait autant de morts et de dégâts dans l’île de Mindanao depuis des décennies. Le typhon a provoqué des crues éclair et des glissements de terrain qui ont submergé des communautés entières et détruit de vastes espaces agricoles, dont des plantations de bananes et de noix de coco qui sont les deux principales cultures commerciales de la région.
Dans la commune de Baganga, qui était auparavant la principale région productrice de noix de coco du pays, seulement deux pour cent des cocotiers ont survécu, selon le préposé à l’agriculture de la municipalité. La Philippines Coconut Association n’avait pas de plants de cocotiers à offrir à la commune (c’est la commune elle-même qui fournissait tous ses plants à l’association). Les agriculteurs sont donc encouragés à planter des tubercules et des légumes. Au total, le typhon a endommagé quelque 321 000 hectares de cultures.
Près de 2 000 personnes ont été tuées ou ont disparu et sont présumées mortes. Près de deux mois après la catastrophe, la plupart des déplacés, dont le nombre total est proche
d’un million
, vivent toujours dans les décombres de leurs maisons, sont logés chez des proches ou sont hébergés dans des centres d’évacuation.
Fin janvier, le gouvernement estimait que le typhon avait complètement détruit près de 75 000 habitations et en avait partiellement endommagé 123 000. Une aide est maintenant apportée aux survivants pour qu’ils reconstruisent leurs maisons avec des cocotiers déracinés, des ressources locales et du matériel récupéré dans les décombres.
Selon le Comité international de la Croix-Rouge, malgré l’intervention de la communauté humanitaire internationale, les besoins sont cette semaine «
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