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mardi 21 mai 2013
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Réfugiés une fois de plus : le retour à Gaza des Palestiniens de Syrie
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Ahmed Dalloul/IRIN
Les bombardements de Gaza par Israël en novembre 2012 ont causé des dégâts considérables
GAZA, 18 février 2013 (IRIN) - La famille d’Ahmed Dweik possède une certaine expérience de la condition de réfugié.
Tout a commencé en 1948, quand les forces israéliennes ont pris le contrôle du village de Batani Ouest, près d’Ashdod, qui appartient maintenant à Israël, forçant son père à fuir son village natal.
Il s’est alors installé dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza, plus au sud, jusqu’à ce que la guerre israélo-arabe de 1967 le pousse à chercher une vie meilleure à l’étranger. Il s’est donc rendu en Égypte pour faire des études, puis au Yémen pour trouver du travail.
C’est là que M. Dweik est né. Comme son père, il voulait tenter sa chance à l’étranger. Il s’est donc rendu en Syrie pour chercher un emploi mieux rémunéré et s’est installé près de Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie.
« Mais ce qui est arrivé à mon père après la guerre de 1967 s’est reproduit pour moi en 2012 », a dit M. Dweik à IRIN.
Mi-2011, M. Dweik se trouvait à Yarmouk lorsque les autorités ont ouvert le feu sur des manifestants. Il a dû s’abriter pendant quelques heures jusqu’à ce qu’il soit possible de sortir dans la rue sans danger.
« Je savais qu’il était temps pour moi de partir, mais où ? »
Le Yémen, où il avait grandi, faisait face à sa propre agitation sociale et les autres pays arabes avaient
durci
les conditions d’entrée des Palestiniens sur leur territoire.
Il ne restait donc que la bande de Gaza, ce petit territoire assiégé par Israël et l’Égypte, où les conditions de vie sont difficiles et devraient empirer, selon un récent
rapport
des Nations Unies.
Plus de 60 pour cent des Gazaouis sont en situation d’insécurité alimentaire, 39 pour cent vivent sous le seuil de pauvreté et 29 pour cent sont sans emploi.
M. Dweik, sa femme et ses enfants font partie des 150 familles palestiniennes à avoir quitté la Syrie pour Gaza, selon le Groupe d’action pour les Palestiniens de Syrie (formé par plusieurs personnalités et organisations non gouvernementales palestiniennes face à la fuite des Palestiniens réfugiés en Syrie). Parmi ces familles, 154 personnes se sont immatriculées auprès de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
La Syrie a accueilli plus d’un demi-million de réfugiés palestiniens chassés de chez eux par les guerres de 1948 et 1967. Leur
sort
au milieu du conflit sanglant qui déchire la Syrie inquiète de plus en plus les Nations Unies et les autorités palestiniennes.
Le groupe d’action a recensé 990 décès de réfugiés palestiniens et un nombre encore plus grand de disparus depuis le début du conflit en Syrie.
Des dizaines de milliers de Palestiniens ont cherché à échapper aux violences en se réfugiant chez des familles d’accueil ou dans des locaux du gouvernement ou de
l’UNRWA en Syrie
. Vingt mille autres ont fui vers le Liban et 5 500 en Jordanie. Selon Tariq Hamoud, coordinateur du groupe d’action et auteur d’une étude récente sur l’impact de la crise syrienne sur les réfugiés palestiniens, près de 50 000 Palestiniens pourraient avoir fui la Syrie et se seraient notamment rendus en Turquie, en Égypte et en Libye.
Un retour difficile
Selon Robert Turner, directeur des opérations de l’UNRWA à Gaza, le retour au pays est particulièrement difficile pour les Palestiniens.
« Nous ne nous attendons pas à ce qu’un grand nombre de réfugiés reviennent, car il est difficile d’entrer dans la bande de Gaza », a-t-il dit à IRIN.
En décembre, après une série de bombardements à Yarmouk, le président palestinien Mahmoud Abbas a
demandé
à la communauté internationale d’aider les Palestiniens réfugiés en Syrie à retourner dans le Territoire palestinien occupé (TPO).
Mais « rien n’a changé », a dit à IRIN le porte-parole de l’UNRWA à Gaza, Adnan Abu Hasna.
Les Gazaouis qui souhaitent traverser la frontière égyptienne doivent avoir les documents de voyage appropriés. Selon des
témoignages
, les autorités égyptiennes soumettent les Gazaouis qui rentrent de Syrie par l’Égypte à des « contrôles de sécurité poussés ».
« Nous ne voulons pas seulement être en sécurité…nous voulons aussi rebâtir nos vies, qui ont été volées par la guerre…nous avons presque tout laissé »
Lorsque Faragallah Abu Jarad, qui a vécu plus de trente ans dans le camp palestinien de Dera’a, a dû quitter la Syrie avec les dix autres membres de sa famille, ses deux fils et lui se sont retrouvés incarcérés en Égypte pendant un mois. Il a été soumis à des interrogatoires avant d’être autorisé à retourner à Gaza, a-t-il dit à IRIN.
Les autorités égyptiennes du poste-frontière de Rafah ont également refusé l’entrée à Gaza à M. Dweik, car il n’avait pas de visa ni d’autorisation en règle. La seule façon pour lui de rentrer dans son pays était donc de passer par le réseau de tunnels illégaux entre Gaza et l’Égypte.
« C’était risqué », a dit M. Dweik. « Mais je suis là. »
Ces Palestiniens retournent cependant dans un lieu qui offre peu de sécurité et de perspectives.
Alors que l’éprouvant périple de M. Dweik prenait fin et qu’il tentait de refaire sa vie à Gaza, la guerre a encore frappé, juste à côté.
L’offensive menée pendant huit jours par Israël contre la bande de Gaza en novembre dernier a ravivé des souvenirs de violences. M. Dweik habite près d’un bâtiment officiel qui a été pilonné pendant l’attaque.
« Tout tremblait : les fenêtres, les portes, même le bâtiment, mais, grâce à Dieu, ma famille n’a pas été blessée », a-t-il rapporté.
M. Dweik a eu peur une nouvelle fois, « mais qu’est-ce que je peux y faire ? J’ai beaucoup souffert pour revenir ici et j’ai peur que les Égyptiens m’arrêtent si je retourne en Égypte, car je me suis introduit à Gaza par un tunnel. »
M. Abu Jarad dit que sa famille et lui sont sains et saufs, mais il trouve difficile de faire face au chômage élevé et à la pauvreté qui règne à Gaza.
« Nous ne voulons pas seulement être en sécurité », a-t-il dit à IRIN, « nous voulons aussi rebâtir nos vies, qui ont été volées par la guerre [...] nous avons presque tout laissé ».
M. Abu Jarad restaure actuellement la vieille maison que ses parents ont habitée pendant plusieurs dizaines d’années. Les murs sont fissurés et certaines fenêtres sont cassées depuis les bombardements israéliens de novembre.
La majorité des Palestiniens qui ont fui la Syrie ont de la famille à Gaza pour les aider, mais pas tous.
Les Palestiniens de retour de Syrie ont accès aux mêmes services d’alimentation, d’éducation et de santé fournis par l’UNRWA que tous les autres réfugiés palestiniens à Gaza. Ils peuvent également poser une candidature pour participer à un projet de création d’emploi leur donnant accès à un travail de six mois ou un an pour commencer, a expliqué M. Abu Hasna, de l’UNRWA.
« Nous ne pouvons rien faire de plus pour eux ».
Un fonctionnaire gazaoui qui a préféré garder l’anonymat a dit à IRIN que les Palestiniens de retour pouvaient demander une aide sociale du gouvernement, comme tout résident de Gaza. Il a cependant ajouté qu’il serait très difficile pour Gaza, non seulement politiquement, mais aussi logistiquement et financièrement, d’intégrer un grand nombre de réfugiés palestiniens de Syrie qui ne résidaient pas à Gaza auparavant.
M. Dweik souhaite que ceux qui ont fui leur pays d’accueil reçoivent plus d’attention, notamment sous forme de soutien financier et d’aide au logement, « car ils sont partis en laissant tout derrière eux pour chercher un endroit moins dangereux pour vivre et pas pour continuer à vivre comme des réfugiés ».
ad/ha/cb-ld/amz
Theme (s)
:
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
Sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Ahmed Dalloul/IRIN
Les bombardements de Gaza par Israël en novembre 2012 ont causé des dégâts considérables
GAZA, 18 février 2013 (IRIN) - La famille d’Ahmed Dweik possède une certaine expérience de la condition de réfugié.
Tout a commencé en 1948, quand les forces israéliennes ont pris le contrôle du village de Batani Ouest, près d’Ashdod, qui appartient maintenant à Israël, forçant son père à fuir son village natal.
Il s’est alors installé dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza, plus au sud, jusqu’à ce que la guerre israélo-arabe de 1967 le pousse à chercher une vie meilleure à l’étranger. Il s’est donc rendu en Égypte pour faire des études, puis au Yémen pour trouver du travail.
C’est là que M. Dweik est né. Comme son père, il voulait tenter sa chance à l’étranger. Il s’est donc rendu en Syrie pour chercher un emploi mieux rémunéré et s’est installé près de Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie.
« Mais ce qui est arrivé à mon père après la guerre de 1967 s’est reproduit pour moi en 2012 », a dit M. Dweik à IRIN.
Mi-2011, M. Dweik se trouvait à Yarmouk lorsque les autorités ont ouvert le feu sur des manifestants. Il a dû s’abriter pendant quelques heures jusqu’à ce qu’il soit possible de sortir dans la rue sans danger.
« Je savais qu’il était temps pour moi de partir, mais où ? »
Le Yémen, où il avait grandi, faisait face à sa propre agitation sociale et les autres pays arabes avaient
durci
les conditions d’entrée des Palestiniens sur leur territoire.
Il ne restait donc que la bande de Gaza, ce petit territoire assiégé par Israël et l’Égypte, où les conditions de vie sont difficiles et devraient empirer, selon un récent
rapport
des Nations Unies.
Plus de 60 pour cent des Gazaouis sont en situation d’insécurité alimentaire, 39 pour cent vivent sous le seuil de pauvreté et 29 pour cent sont sans emploi.
M. Dweik, sa femme et ses enfants font partie des 150 familles palestiniennes à avoir quitté la Syrie pour Gaza, selon le Groupe d’action pour les Palestiniens de Syrie (formé par plusieurs personnalités et organisations non gouvernementales palestiniennes face à la fuite des Palestiniens réfugiés en Syrie). Parmi ces familles, 154 personnes se sont immatriculées auprès de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
La Syrie a accueilli plus d’un demi-million de réfugiés palestiniens chassés de chez eux par les guerres de 1948 et 1967. Leur
sort
au milieu du conflit sanglant qui déchire la Syrie inquiète de plus en plus les Nations Unies et les autorités palestiniennes.
Le groupe d’action a recensé 990 décès de réfugiés palestiniens et un nombre encore plus grand de disparus depuis le début du conflit en Syrie.
Des dizaines de milliers de Palestiniens ont cherché à échapper aux violences en se réfugiant chez des familles d’accueil ou dans des locaux du gouvernement ou de
l’UNRWA en Syrie
. Vingt mille autres ont fui vers le Liban et 5 500 en Jordanie. Selon Tariq Hamoud, coordinateur du groupe d’action et auteur d’une étude récente sur l’impact de la crise syrienne sur les réfugiés palestiniens, près de 50 000 Palestiniens pourraient avoir fui la Syrie et se seraient notamment rendus en Turquie, en Égypte et en Libye.
Un retour difficile
Selon Robert Turner, directeur des opérations de l’UNRWA à Gaza, le retour au pays est particulièrement difficile pour les Palestiniens.
« Nous ne nous attendons pas à ce qu’un grand nombre de réfugiés reviennent, car il est difficile d’entrer dans la bande de Gaza », a-t-il dit à IRIN.
En décembre, après une série de bombardements à Yarmouk, le président palestinien Mahmoud Abbas a
demandé
à la communauté internationale d’aider les Palestiniens réfugiés en Syrie à retourner dans le Territoire palestinien occupé (TPO).
Mais « rien n’a changé », a dit à IRIN le porte-parole de l’UNRWA à Gaza, Adnan Abu Hasna.
Les Gazaouis qui souhaitent traverser la frontière égyptienne doivent avoir les documents de voyage appropriés. Selon des
témoignages
, les autorités égyptiennes soumettent les Gazaouis qui rentrent de Syrie par l’Égypte à des « contrôles de sécurité poussés ».
« Nous ne voulons pas seulement être en sécurité…nous voulons aussi rebâtir nos vies, qui ont été volées par la guerre…nous avons presque tout laissé »
Lorsque Faragallah Abu Jarad, qui a vécu plus de trente ans dans le camp palestinien de Dera’a, a dû quitter la Syrie avec les dix autres membres de sa famille, ses deux fils et lui se sont retrouvés incarcérés en Égypte pendant un mois. Il a été soumis à des interrogatoires avant d’être autorisé à retourner à Gaza, a-t-il dit à IRIN.
Les autorités égyptiennes du poste-frontière de Rafah ont également refusé l’entrée à Gaza à M. Dweik, car il n’avait pas de visa ni d’autorisation en règle. La seule façon pour lui de rentrer dans son pays était donc de passer par le réseau de tunnels illégaux entre Gaza et l’Égypte.
« C’était risqué », a dit M. Dweik. « Mais je suis là. »
Ces Palestiniens retournent cependant dans un lieu qui offre peu de sécurité et de perspectives.
Alors que l’éprouvant périple de M. Dweik prenait fin et qu’il tentait de refaire sa vie à Gaza, la guerre a encore frappé, juste à côté.
L’offensive menée pendant huit jours par Israël contre la bande de Gaza en novembre dernier a ravivé des souvenirs de violences. M. Dweik habite près d’un bâtiment officiel qui a été pilonné pendant l’attaque.
« Tout tremblait : les fenêtres, les portes, même le bâtiment, mais, grâce à Dieu, ma famille n’a pas été blessée », a-t-il rapporté.
M. Dweik a eu peur une nouvelle fois, « mais qu’est-ce que je peux y faire ? J’ai beaucoup souffert pour revenir ici et j’ai peur que les Égyptiens m’arrêtent si je retourne en Égypte, car je me suis introduit à Gaza par un tunnel. »
M. Abu Jarad dit que sa famille et lui sont sains et saufs, mais il trouve difficile de faire face au chômage élevé et à la pauvreté qui règne à Gaza.
« Nous ne voulons pas seulement être en sécurité », a-t-il dit à IRIN, « nous voulons aussi rebâtir nos vies, qui ont été volées par la guerre [...] nous avons presque tout laissé ».
M. Abu Jarad restaure actuellement la vieille maison que ses parents ont habitée pendant plusieurs dizaines d’années. Les murs sont fissurés et certaines fenêtres sont cassées depuis les bombardements israéliens de novembre.
La majorité des Palestiniens qui ont fui la Syrie ont de la famille à Gaza pour les aider, mais pas tous.
Les Palestiniens de retour de Syrie ont accès aux mêmes services d’alimentation, d’éducation et de santé fournis par l’UNRWA que tous les autres réfugiés palestiniens à Gaza. Ils peuvent également poser une candidature pour participer à un projet de création d’emploi leur donnant accès à un travail de six mois ou un an pour commencer, a expliqué M. Abu Hasna, de l’UNRWA.
« Nous ne pouvons rien faire de plus pour eux ».
Un fonctionnaire gazaoui qui a préféré garder l’anonymat a dit à IRIN que les Palestiniens de retour pouvaient demander une aide sociale du gouvernement, comme tout résident de Gaza. Il a cependant ajouté qu’il serait très difficile pour Gaza, non seulement politiquement, mais aussi logistiquement et financièrement, d’intégrer un grand nombre de réfugiés palestiniens de Syrie qui ne résidaient pas à Gaza auparavant.
M. Dweik souhaite que ceux qui ont fui leur pays d’accueil reçoivent plus d’attention, notamment sous forme de soutien financier et d’aide au logement, « car ils sont partis en laissant tout derrière eux pour chercher un endroit moins dangereux pour vivre et pas pour continuer à vivre comme des réfugiés ».
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