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vendredi 24 mai 2013
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Nations Unies: Les Libanais ont besoin de soutien pour éviter les tensions avec les réfugiés
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Jodi Hilton/IRIN
Les réfugiés syriens mettent à rude épreuve les services publics libanais, notamment les écoles et les centres de santé
BEYROUTH, 29 janvier 2013 (IRIN) - Les bailleurs de fonds qui financent l’aide aux réfugiés syriens au Liban doivent également soutenir leurs hôtes libanais défavorisés afin d’atténuer les tensions croissantes, ont dit des travailleurs humanitaires et un représentant du gouvernement à l’approche d’une conférence internationale d’annonce de contributions pour l’aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins.
« Nous avons observé un sentiment croissant de rancœur parmi les communautés d’accueil au Liban qui voient que les réfugiés reçoivent de l’aide, contrairement à elles », a dit à IRIN Robert Watkins, coordinateur humanitaire au Liban. « Cela crée des tensions ».
La plupart des plus de 220 000 Syriens qui se sont réfugiés au Liban se sont installés dans les régions les plus pauvres du pays, comme les districts d’Akkar, au nord, et de Ba’albek ou Hermel, dans la vallée de la Beka’a, à l’est.
Selon une
étude publiée en 2005
, le gouvernorat de Liban-Nord abrite 20 pour cent de la population du pays, mais 40 pour cent des pauvres. Plus de la moitié de ses habitants vivent avec moins de quatre dollars par jour.
Malgré leur pauvreté, les populations du nord ont été indéniablement accueillantes envers les réfugiés. Elles les ont hébergés pendant des mois et ont subvenu à leurs besoins en nourriture, en eau et en électricité, ont dit des travailleurs humanitaires.
Près de deux ans plus tard, plus de 60 pour cent des réfugiés louent désormais leur propre logement. Mais leur présence dans plus de 550 villages du pays a épuisé les stocks de produits fournis par le gouvernement dans les pharmacies, augmenté la concurrence sur le marché de l’emploi, tiré le prix de l’immobilier vers le haut et, dans certaines villes ou villages, plus que doublé la population.
« Changement d’opinion »
« Le Liban est sur le point d’étouffer », a dit Hala El Helou, coordinatrice d’urgence au ministère des Affaires sociales libanais, chargé d’aider les réfugiés.
« Plusieurs rapports des forces de sécurité ont fait état d’une augmentation du nombre d’incidents liés à la sécurité impliquant des Syriens », que ce soit comme agresseurs ou comme victimes, a-t-elle dit à IRIN, se référant à des meurtres, des passages à tabac et des vols. Les signalements de prostitution forcée, de mariage précoce et de mendicité infantile sont également en hausse, a-t-elle ajouté. « Cela reflète la situation sociale et économique ».
L’un des premiers incidents a eu lieu en octobre : un cocktail Molotov a été lancé sur un établissement municipal hébergeant des familles de réfugiés, dans le village de Wadi Khaled, dans le district du Akkar. Personne n’a été blessé.
« C’était simplement le signe d’un changement d’opinion montrant que la période d’hospitalité et de générosité sans faille arrivait à sa fin », a dit un travailleur humanitaire qui a préféré garder l’anonymat.
Un autre
incident
a eu lieu ce mois-ci : une explosion a fait voler le toit d’une maison abritant des familles de réfugiés, près du village d’Aidamoun, toujours au Akkar.
Selon Sahar Atrache, analyste d’International Crisis Group au Liban, les Syriens sont maintenant accusés injustement de tous les malheurs de la société : « Lorsqu’il y a un vol ou un viol, c’est la faute des Syriens, comme si les Libanais ne faisaient pas ce genre de choses. »
« La première réaction de la communauté libanaise était différente », a expliqué Dana Sleiman, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Liban. « Les Libanais allaient même chercher les Syriens à la frontière. Mais 20 mois se sont écoulés depuis. »
Conséquences pour l’aide
Les tensions ont aussi des conséquences pour les travailleurs humanitaires.
Au début, selon une chercheuse occidentale, les habitants des environs du village de Qobayat, au Akkar, « accueillaient » les travailleurs humanitaires avec des pierres. Ils montraient ainsi leur indignation de ce que seuls les Syriens recevaient de l’aide dans une région qui a toujours été négligée par le gouvernement libanais.
Certains habitants ont également tenté de tirer profit de la situation.
« Certains propriétaires libanais ont attiré des Syriens chez eux pour que [leur maison] soit restaurée », a dit Mads Almass, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés au Liban, qui apporte une aide financière aux propriétaires pour qu’ils adaptent leur maison à l’accueil de réfugiés. « Lorsqu’on leur a dit que leur maison ne correspondait pas à nos critères, ils ont menacé d’alerter les médias. »
Selon M. Watkins, les travailleurs humanitaires ont remarqué ce changement de sentiment chez les communautés d’accueil et ont tenté de mettre au point des programmes adaptés. Ils ont cherché à améliorer les conditions et les services dans ces régions de manière à répondre à la fois aux besoins des réfugiés et à ceux de leurs hôtes. Ces programmes visent notamment à acheter des médicaments pour ravitailler les pharmacies, à injecter des liquidités dans l’économie par le biais de projets de travail contre rémunération pour les Libanais et à accorder des crédits pour favoriser la création de petites entreprises.
« Mais il est malheureusement très difficile de trouver des bailleurs de fonds [pour financer ce genre de programmes] », a déploré M. Watkins.
« En théorie, [les bailleurs de fonds] comprennent l’importance [de ces projets] », a-t-il expliqué. « Mais si on leur dit que leurs ressources sont limitées et qu’ils doivent choisir entre injecter des liquidités dans l’économie libanaise pour aider les Libanais ou financer une opération d’aide humanitaire fournissant de la nourriture et des abris aux réfugiés qui en sont dépourvus, ils choisissent généralement la deuxième option ».
« Mais il y a des tensions et ces tensions ne vont qu’empirer. »
Quel intérêt pour les bailleurs de fonds ?
Une
conférence
internationale se tiendra le 30 janvier au Koweït. Son objectif est de lever des fonds pour des projets
d’aide humanitaire en Syrie
et dans les pays voisins où près de 700 000 réfugiés syriens ont été enregistrés. Le montant total des appels de fonds s’élève à plus de 1,5 milliard de dollars, mais les bailleurs de fonds ont versé moins de 50 millions de dollars depuis le lancement de ces appels en décembre.
Le HCR a mis en place des projets dits « à impact rapide » : équipement de halls de mosquées, ouverture d’une bibliothèque publique et soutien à des coopératives agricoles. Pour cela, le HCR a commencé par organiser des réunions avec les habitants afin de savoir quels étaient, selon eux, les besoins de leur village.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a mené des projets similaires à Wadi Khaled et à Arsal, dans la vallée de la Beka’a, deux villages qui abritent de nombreux réfugiés. Luca Renda, directeur du PNUD au Liban, a dit qu’il désirait étendre ce genre de programmes à l’ensemble du pays et qu’il était en contact avec de nombreux bailleurs de fonds à ce sujet. « Nous espérons que la réunion au Koweït portera ses fruits », a-t-il dit à IRIN.
Le Plan d’action régional, conduit par le HCR, comprend des projets de soutiens aux populations d’accueil. C’est également le cas de l’appel lancé séparément par le gouvernement libanais en décembre, qui s’élève à 180 millions de dollars et est actuellement en révision en raison du nombre toujours croissant de réfugiés.
Selon les observateurs, la capacité du gouvernement à faire face au problème grandissant des réfugiés est limitée, car le pays est déjà confronté à des difficultés économiques et à une vie politique polarisée. Le Liban est le seul pays voisin où les réfugiés ne sont pas hébergés dans des camps, mais dans des villages et des villes, grâce à l’aide de la population locale.
Le ministre des Affaires sociales, Wael Abou-Faour, a récemment
dit au quotidien
libanais The Daily Star que les camps seraient peut-être bientôt la seule solution.
Un quart de la population
Selon Mme El Helou, 811 000 Syriens vivent actuellement au Liban, qu’ils soient réfugiés, migrants ou visiteurs. Avec les réfugiés palestiniens, qui sont au moins 450 000, le nombre d’étrangers équivaut à environ un quart de la population libanaise. Selon les Nations Unies, le nombre de réfugiés syriens au Liban, qui représente déjà cinq pour cent de la population, devrait atteindre au moins 300 000 personnes d’ici juin.
« Sans aucun soutien supplémentaire, le Liban ne peut pas gérer ça », a dit Mme El Helou. « Le Liban a atteint ses limites. »
Selon les observateurs, le gouvernement est dépassé à tous les niveaux par la crise syrienne et ses conséquences sur le territoire libanais.
En raison de ces bouleversements, le gouvernement libanais a revu à la baisse ses estimations de croissance économique pour 2013, qui passent de 4 pour cent à entre 1,5 et 2 pour cent, a dit à IRIN Sami El-Daher, conseiller du premier ministre pour les affaires économiques et le développement. La crise a touché le commerce avec la Syrie, les exportations libanaises qui passaient par ce pays et le secteur du tourisme.
Les organisations d’aide humanitaire ont déjà tenté d’adapter leurs programmes en conséquence. Ainsi, au lieu de distribuer de la nourriture, le Programme alimentaire mondial (PAM) donne aux réfugiés des bons d’achat qu’ils peuvent échanger contre de la nourriture dans les commerces locaux avec lesquels l’agence a signé un contrat. Au lieu de créer des emplois réservés aux Syriens, le HCR tente de régulariser le statut des réfugiés qui se sont introduits illégalement sur le territoire pour leur permettre de se déplacer plus librement et d’avoir accès au marché du travail. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) restaure des écoles pour accueillir des élèves syriens et libanais afin que les actions d’urgence menées en faveur des réfugiés syriens favorisent le développement à long terme de la région.
ag/ha/rz-ld/amz
Theme (s)
:
Economie
,
Paix et sécurité
,
Politique
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Les réfugiés syriens mettent à rude épreuve les services publics libanais, notamment les écoles et les centres de santé
BEYROUTH, 29 janvier 2013 (IRIN) - Les bailleurs de fonds qui financent l’aide aux réfugiés syriens au Liban doivent également soutenir leurs hôtes libanais défavorisés afin d’atténuer les tensions croissantes, ont dit des travailleurs humanitaires et un représentant du gouvernement à l’approche d’une conférence internationale d’annonce de contributions pour l’aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins.
« Nous avons observé un sentiment croissant de rancœur parmi les communautés d’accueil au Liban qui voient que les réfugiés reçoivent de l’aide, contrairement à elles », a dit à IRIN Robert Watkins, coordinateur humanitaire au Liban. « Cela crée des tensions ».
La plupart des plus de 220 000 Syriens qui se sont réfugiés au Liban se sont installés dans les régions les plus pauvres du pays, comme les districts d’Akkar, au nord, et de Ba’albek ou Hermel, dans la vallée de la Beka’a, à l’est.
Selon une
étude publiée en 2005
, le gouvernorat de Liban-Nord abrite 20 pour cent de la population du pays, mais 40 pour cent des pauvres. Plus de la moitié de ses habitants vivent avec moins de quatre dollars par jour.
Malgré leur pauvreté, les populations du nord ont été indéniablement accueillantes envers les réfugiés. Elles les ont hébergés pendant des mois et ont subvenu à leurs besoins en nourriture, en eau et en électricité, ont dit des travailleurs humanitaires.
Près de deux ans plus tard, plus de 60 pour cent des réfugiés louent désormais leur propre logement. Mais leur présence dans plus de 550 villages du pays a épuisé les stocks de produits fournis par le gouvernement dans les pharmacies, augmenté la concurrence sur le marché de l’emploi, tiré le prix de l’immobilier vers le haut et, dans certaines villes ou villages, plus que doublé la population.
« Changement d’opinion »
« Le Liban est sur le point d’étouffer », a dit Hala El Helou, coordinatrice d’urgence au ministère des Affaires sociales libanais, chargé d’aider les réfugiés.
« Plusieurs rapports des forces de sécurité ont fait état d’une augmentation du nombre d’incidents liés à la sécurité impliquant des Syriens », que ce soit comme agresseurs ou comme victimes, a-t-elle dit à IRIN, se référant à des meurtres, des passages à tabac et des vols. Les signalements de prostitution forcée, de mariage précoce et de mendicité infantile sont également en hausse, a-t-elle ajouté. « Cela reflète la situation sociale et économique ».
L’un des premiers incidents a eu lieu en octobre : un cocktail Molotov a été lancé sur un établissement municipal hébergeant des familles de réfugiés, dans le village de Wadi Khaled, dans le district du Akkar. Personne n’a été blessé.
« C’était simplement le signe d’un changement d’opinion montrant que la période d’hospitalité et de générosité sans faille arrivait à sa fin », a dit un travailleur humanitaire qui a préféré garder l’anonymat.
Un autre
incident
a eu lieu ce mois-ci : une explosion a fait voler le toit d’une maison abritant des familles de réfugiés, près du village d’Aidamoun, toujours au Akkar.
Selon Sahar Atrache, analyste d’International Crisis Group au Liban, les Syriens sont maintenant accusés injustement de tous les malheurs de la société : « Lorsqu’il y a un vol ou un viol, c’est la faute des Syriens, comme si les Libanais ne faisaient pas ce genre de choses. »
« La première réaction de la communauté libanaise était différente », a expliqué Dana Sleiman, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Liban. « Les Libanais allaient même chercher les Syriens à la frontière. Mais 20 mois se sont écoulés depuis. »
Conséquences pour l’aide
Les tensions ont aussi des conséquences pour les travailleurs humanitaires.
Au début, selon une chercheuse occidentale, les habitants des environs du village de Qobayat, au Akkar, « accueillaient » les travailleurs humanitaires avec des pierres. Ils montraient ainsi leur indignation de ce que seuls les Syriens recevaient de l’aide dans une région qui a toujours été négligée par le gouvernement libanais.
Certains habitants ont également tenté de tirer profit de la situation.
« Certains propriétaires libanais ont attiré des Syriens chez eux pour que [leur maison] soit restaurée », a dit Mads Almass, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés au Liban, qui apporte une aide financière aux propriétaires pour qu’ils adaptent leur maison à l’accueil de réfugiés. « Lorsqu’on leur a dit que leur maison ne correspondait pas à nos critères, ils ont menacé d’alerter les médias. »
Selon M. Watkins, les travailleurs humanitaires ont remarqué ce changement de sentiment chez les communautés d’accueil et ont tenté de mettre au point des programmes adaptés. Ils ont cherché à améliorer les conditions et les services dans ces régions de manière à répondre à la fois aux besoins des réfugiés et à ceux de leurs hôtes. Ces programmes visent notamment à acheter des médicaments pour ravitailler les pharmacies, à injecter des liquidités dans l’économie par le biais de projets de travail contre rémunération pour les Libanais et à accorder des crédits pour favoriser la création de petites entreprises.
« Mais il est malheureusement très difficile de trouver des bailleurs de fonds [pour financer ce genre de programmes] », a déploré M. Watkins.
« En théorie, [les bailleurs de fonds] comprennent l’importance [de ces projets] », a-t-il expliqué. « Mais si on leur dit que leurs ressources sont limitées et qu’ils doivent choisir entre injecter des liquidités dans l’économie libanaise pour aider les Libanais ou financer une opération d’aide humanitaire fournissant de la nourriture et des abris aux réfugiés qui en sont dépourvus, ils choisissent généralement la deuxième option ».
« Mais il y a des tensions et ces tensions ne vont qu’empirer. »
Quel intérêt pour les bailleurs de fonds ?
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internationale se tiendra le 30 janvier au Koweït. Son objectif est de lever des fonds pour des projets
d’aide humanitaire en Syrie
et dans les pays voisins où près de 700 000 réfugiés syriens ont été enregistrés. Le montant total des appels de fonds s’élève à plus de 1,5 milliard de dollars, mais les bailleurs de fonds ont versé moins de 50 millions de dollars depuis le lancement de ces appels en décembre.
Le HCR a mis en place des projets dits « à impact rapide » : équipement de halls de mosquées, ouverture d’une bibliothèque publique et soutien à des coopératives agricoles. Pour cela, le HCR a commencé par organiser des réunions avec les habitants afin de savoir quels étaient, selon eux, les besoins de leur village.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a mené des projets similaires à Wadi Khaled et à Arsal, dans la vallée de la Beka’a, deux villages qui abritent de nombreux réfugiés. Luca Renda, directeur du PNUD au Liban, a dit qu’il désirait étendre ce genre de programmes à l’ensemble du pays et qu’il était en contact avec de nombreux bailleurs de fonds à ce sujet. « Nous espérons que la réunion au Koweït portera ses fruits », a-t-il dit à IRIN.
Le Plan d’action régional, conduit par le HCR, comprend des projets de soutiens aux populations d’accueil. C’est également le cas de l’appel lancé séparément par le gouvernement libanais en décembre, qui s’élève à 180 millions de dollars et est actuellement en révision en raison du nombre toujours croissant de réfugiés.
Selon les observateurs, la capacité du gouvernement à faire face au problème grandissant des réfugiés est limitée, car le pays est déjà confronté à des difficultés économiques et à une vie politique polarisée. Le Liban est le seul pays voisin où les réfugiés ne sont pas hébergés dans des camps, mais dans des villages et des villes, grâce à l’aide de la population locale.
Le ministre des Affaires sociales, Wael Abou-Faour, a récemment
dit au quotidien
libanais The Daily Star que les camps seraient peut-être bientôt la seule solution.
Un quart de la population
Selon Mme El Helou, 811 000 Syriens vivent actuellement au Liban, qu’ils soient réfugiés, migrants ou visiteurs. Avec les réfugiés palestiniens, qui sont au moins 450 000, le nombre d’étrangers équivaut à environ un quart de la population libanaise. Selon les Nations Unies, le nombre de réfugiés syriens au Liban, qui représente déjà cinq pour cent de la population, devrait atteindre au moins 300 000 personnes d’ici juin.
« Sans aucun soutien supplémentaire, le Liban ne peut pas gérer ça », a dit Mme El Helou. « Le Liban a atteint ses limites. »
Selon les observateurs, le gouvernement est dépassé à tous les niveaux par la crise syrienne et ses conséquences sur le territoire libanais.
En raison de ces bouleversements, le gouvernement libanais a revu à la baisse ses estimations de croissance économique pour 2013, qui passent de 4 pour cent à entre 1,5 et 2 pour cent, a dit à IRIN Sami El-Daher, conseiller du premier ministre pour les affaires économiques et le développement. La crise a touché le commerce avec la Syrie, les exportations libanaises qui passaient par ce pays et le secteur du tourisme.
Les organisations d’aide humanitaire ont déjà tenté d’adapter leurs programmes en conséquence. Ainsi, au lieu de distribuer de la nourriture, le Programme alimentaire mondial (PAM) donne aux réfugiés des bons d’achat qu’ils peuvent échanger contre de la nourriture dans les commerces locaux avec lesquels l’agence a signé un contrat. Au lieu de créer des emplois réservés aux Syriens, le HCR tente de régulariser le statut des réfugiés qui se sont introduits illégalement sur le territoire pour leur permettre de se déplacer plus librement et d’avoir accès au marché du travail. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) restaure des écoles pour accueillir des élèves syriens et libanais afin que les actions d’urgence menées en faveur des réfugiés syriens favorisent le développement à long terme de la région.
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