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Un programme « vivres contre travail » pour aider les Malgaches et leurs forêts
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Andreea Campeanu/IRIN
Un groupe de participants d’Ankirikiriky plante de jeunes fantsiolitse
AMBOASARY, 16 janvier 2013 (IRIN) - Les forêts sèches d’épineux du sud de Madagascar possèdent un écosystème unique au monde. Or, elles sont de plus en plus menacées par les habitants de cette région aride touchée par l’insécurité alimentaire, qui coupent les arbres pour faire de la place pour leurs cultures et produire du charbon.
Afin de ralentir la déforestation et de mettre un terme à l’insécurité alimentaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le World Wildlife Fund (WWF) travaillent en collaboration pour replanter 1 000 hectares d’arbres par l’intermédiaire de projets « vivres contre travail » dont bénéficient 60 000 habitants.
Des habitants volontaires
Lorsqu’un chef du district Sud d’Amboasary a demandé aux habitants du village d’Ankirikiriky s’ils pourraient aider à replanter la forêt environnante, ceux-ci ont immédiatement accepté.
« Nous savons que c’est bon pour l’environnement et cela va nous fournir davantage de bois pour la construction et pour faire du charbon », a dit Havrelle Zanasoa Marovavy, une chef d’équipe âgée de 25 ans. « Avant, nous nous contentions de couper les arbres, mais ils mettent 15 ans à repousser. »
Selon une évaluation du PAM publiée en novembre 2012, 676 000 habitants de cette région risquent d’être proie à une insécurité alimentaire grave pendant la période de soudure actuelle. C’est pourquoi le projet « vivres contre travail » offre 2,4 kg de maïs et de haricots contre cinq heures de plantation.
« Cela me convient, car si nous recevions de l’argent, nous l’utiliserions pour acheter de la nourriture », a dit Mme Marovavy à IRIN.
Les habitants de la région se souviennent de l’époque où de tels projets n’existaient pas, avant 2009. « En 2006, il n’a pas plu et nous n’avons rien eu à manger pendant des mois. Depuis, les choses se sont améliorées, car il y a les projets “vivres contre travail”, qui nous permettent de gagner de quoi nous nourrir pendant cette période », a dit à IRIN Horzentive Rasoanandrasana, 47 ans et mère de 12 enfants.
Avec l’aide du WWF, les habitants ont divisé les terres inutilisées ou appauvries en différentes parcelles destinées à être replantées, restaurées ou exploitées. Cette méthode réduit la déforestation tout en permettant aux habitants disposant de sources d’énergie limitées ou de peu de revenus de continuer à fabriquer du charbon. Les arbres plantés sont des fantsiolitse, un épineux servant à la fois à la construction et à la production de charbon.
« Environ 80 de ces arbres sont nécessaires pour construire une maison », a dit Mme Marovavy à IRIN. Selon l’un des planteurs de son équipe, qui gagne sa vie en produisant du charbon, il faut brûler quatre gros arbres pour remplir un sac de charbon.
À Anjanahasoa, à côté d’Andohahela, un parc national qui s’appauvrit progressivement, les villageois se sont organisés pour replanter des arbres après un feu de forêt qui a détruit une grande partie de la végétation environnante. Le PAM a depuis mis en place un projet « vivres contre travail » dans la zone pour soutenir leur initiative.
« Nous savions que nous devions replanter des arbres », a dit Tsareke, un agriculteur de 35 ans. « Nous avons besoin de la forêt pour produire du charbon. Alors s’il n’y a plus d’arbres, nous allons avoir un problème. Nos ancêtres ne plantaient pas. Nous sommes la première génération à le faire, car nous observons que la forêt n’est pas assez grande pour tout le monde. »
Dans ce village, chaque famille a accepté de planter 30 jeunes arbres par an. Un coteau voisin est d’ailleurs couvert de jeunes fantsiolitse.
Rétablir les moyens de subsistance
Bien qu’ils ne puissent pas mettre fin à la déforestation, les projets du PAM cherchent à en ralentir le rythme et à protéger les moyens de subsistance qui sont menacés par la destruction de la forêt. La région est devenue plus aride et les sols moins fertiles à mesure que la forêt a été rasée. Cela a entraîné une baisse de la production chez les paysans locaux pratiquant une agriculture de subsistance.
« Les villageois se rendent eux-mêmes compte qu’il y a un problème concernant la forêt. Mais nous ne pouvons pas leur dire d’arrêter de brûler du bois pour faire du charbon, car c’est leur gagne-pain. Nous essayons donc de travailler avec eux pour améliorer la gestion de la forêt », a dit à IRIN Enrique Alvarez, du PAM. « Nous leur disons qu’ils peuvent brûler du bois à condition qu’ils plantent des arbres ».
« Ces projets réduisent la pression exercée sur la forêt, mais ils permettent également aux gens de survivre. Sans ces projets, l’insécurité alimentaire serait encore plus grande. Les activités de reforestation ont pour objectif de rétablir les moyens de subsistance des communautés et la nourriture fournie par le PAM permet aux habitants de s’alimenter pendant la période de soudure, durant laquelle de nombreux foyers n’ont qu’un repas par jour », a ajouté M. Alvares.
« Ici, les gens n’aiment pas qu’on leur offre de la nourriture gratuitement. Ils préfèrent la gagner. C’est une question de dignité », a-t-il expliqué.
Avant que Madagascar ne sombre dans une crise politique, en 2009, avec le renversement du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina dans un coup d’État, de nombreux agriculteurs quittaient la région pendant la période de soudure pour essayer de trouver un emploi en ville. Or, la crise économique a fragilisé l’économie malgache et le travail est rare.
Le projet du PAM d’étendre son programme « vivres contre travail » à d’autres régions a été mis en suspens en raison d’un déficit de financement qui entrave également la distribution de
repas dans les écoles
.
ar/ks/rz-ld/amz
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Environnement
,
Sécurité alimentaire
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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AMBOASARY, 16 janvier 2013 (IRIN) - Les forêts sèches d’épineux du sud de Madagascar possèdent un écosystème unique au monde. Or, elles sont de plus en plus menacées par les habitants de cette région aride touchée par l’insécurité alimentaire, qui coupent les arbres pour faire de la place pour leurs cultures et produire du charbon.
Afin de ralentir la déforestation et de mettre un terme à l’insécurité alimentaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le World Wildlife Fund (WWF) travaillent en collaboration pour replanter 1 000 hectares d’arbres par l’intermédiaire de projets « vivres contre travail » dont bénéficient 60 000 habitants.
Des habitants volontaires
Lorsqu’un chef du district Sud d’Amboasary a demandé aux habitants du village d’Ankirikiriky s’ils pourraient aider à replanter la forêt environnante, ceux-ci ont immédiatement accepté.
« Nous savons que c’est bon pour l’environnement et cela va nous fournir davantage de bois pour la construction et pour faire du charbon », a dit Havrelle Zanasoa Marovavy, une chef d’équipe âgée de 25 ans. « Avant, nous nous contentions de couper les arbres, mais ils mettent 15 ans à repousser. »
Selon une évaluation du PAM publiée en novembre 2012, 676 000 habitants de cette région risquent d’être proie à une insécurité alimentaire grave pendant la période de soudure actuelle. C’est pourquoi le projet « vivres contre travail » offre 2,4 kg de maïs et de haricots contre cinq heures de plantation.
« Cela me convient, car si nous recevions de l’argent, nous l’utiliserions pour acheter de la nourriture », a dit Mme Marovavy à IRIN.
Les habitants de la région se souviennent de l’époque où de tels projets n’existaient pas, avant 2009. « En 2006, il n’a pas plu et nous n’avons rien eu à manger pendant des mois. Depuis, les choses se sont améliorées, car il y a les projets “vivres contre travail”, qui nous permettent de gagner de quoi nous nourrir pendant cette période », a dit à IRIN Horzentive Rasoanandrasana, 47 ans et mère de 12 enfants.
Avec l’aide du WWF, les habitants ont divisé les terres inutilisées ou appauvries en différentes parcelles destinées à être replantées, restaurées ou exploitées. Cette méthode réduit la déforestation tout en permettant aux habitants disposant de sources d’énergie limitées ou de peu de revenus de continuer à fabriquer du charbon. Les arbres plantés sont des fantsiolitse, un épineux servant à la fois à la construction et à la production de charbon.
« Environ 80 de ces arbres sont nécessaires pour construire une maison », a dit Mme Marovavy à IRIN. Selon l’un des planteurs de son équipe, qui gagne sa vie en produisant du charbon, il faut brûler quatre gros arbres pour remplir un sac de charbon.
À Anjanahasoa, à côté d’Andohahela, un parc national qui s’appauvrit progressivement, les villageois se sont organisés pour replanter des arbres après un feu de forêt qui a détruit une grande partie de la végétation environnante. Le PAM a depuis mis en place un projet « vivres contre travail » dans la zone pour soutenir leur initiative.
« Nous savions que nous devions replanter des arbres », a dit Tsareke, un agriculteur de 35 ans. « Nous avons besoin de la forêt pour produire du charbon. Alors s’il n’y a plus d’arbres, nous allons avoir un problème. Nos ancêtres ne plantaient pas. Nous sommes la première génération à le faire, car nous observons que la forêt n’est pas assez grande pour tout le monde. »
Dans ce village, chaque famille a accepté de planter 30 jeunes arbres par an. Un coteau voisin est d’ailleurs couvert de jeunes fantsiolitse.
Rétablir les moyens de subsistance
Bien qu’ils ne puissent pas mettre fin à la déforestation, les projets du PAM cherchent à en ralentir le rythme et à protéger les moyens de subsistance qui sont menacés par la destruction de la forêt. La région est devenue plus aride et les sols moins fertiles à mesure que la forêt a été rasée. Cela a entraîné une baisse de la production chez les paysans locaux pratiquant une agriculture de subsistance.
« Les villageois se rendent eux-mêmes compte qu’il y a un problème concernant la forêt. Mais nous ne pouvons pas leur dire d’arrêter de brûler du bois pour faire du charbon, car c’est leur gagne-pain. Nous essayons donc de travailler avec eux pour améliorer la gestion de la forêt », a dit à IRIN Enrique Alvarez, du PAM. « Nous leur disons qu’ils peuvent brûler du bois à condition qu’ils plantent des arbres ».
« Ces projets réduisent la pression exercée sur la forêt, mais ils permettent également aux gens de survivre. Sans ces projets, l’insécurité alimentaire serait encore plus grande. Les activités de reforestation ont pour objectif de rétablir les moyens de subsistance des communautés et la nourriture fournie par le PAM permet aux habitants de s’alimenter pendant la période de soudure, durant laquelle de nombreux foyers n’ont qu’un repas par jour », a ajouté M. Alvares.
« Ici, les gens n’aiment pas qu’on leur offre de la nourriture gratuitement. Ils préfèrent la gagner. C’est une question de dignité », a-t-il expliqué.
Avant que Madagascar ne sombre dans une crise politique, en 2009, avec le renversement du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina dans un coup d’État, de nombreux agriculteurs quittaient la région pendant la période de soudure pour essayer de trouver un emploi en ville. Or, la crise économique a fragilisé l’économie malgache et le travail est rare.
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