English
|
عربي
|
Mobile
|
A propos d’IRIN
mercredi 22 mai 2013
Recherche avancée
nouvelles et analyses humanitaires
Un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies
- Tous les pays -
Afrique du Sud
Afghanistan
Angola
Bangladesh
Bénin
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cambodge
Cameroun
Cap vert
Colombie
Comores
Congo
Côte d'Ivoire
Djibouti
Egypte
Erythrée
Ethiopie
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Haïti
Indonésie
Irak
Iran
Israël
Jordanie
Kenya
Kirghizistan
Laos
Lesotho
Liban
Liberia
Libye
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Maurice
Mozambique
Myanmar
Namibie
Népal
Niger
Nigeria
Ouganda
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
RDC
République Centrafricaine
Rwanda
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Soudan
Soudan du Sud
Sri Lanka
Swaziland
Syrie
Tadjikistan
Tanzanie
Tchad
Thaïlande
Timor-Leste
Togo
TPO
Turkménistan
Vietnam
Yémen
Zambie
Zimbabwe
Inscrivez-vous à nos alertes email
|
Connexion
Analyses
Monde
Afrique
PAGE D’ACCUEIL - AFRIQUE
AFRIQUE DE L'EST
Kenya
Soudan du Sud
Soudan
Tanzanie
Ouganda
GRANDS LACS
Burundi
République Centrafricaine
Congo
RDC
Rwanda
CORNE DE L'AFRIQUE
Djibouti
Erythrée
Ethiopie
Somalie
AFRIQUE AUSTRALE
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Comores
Lesotho
Madagascar
Malawi
Maurice
Mozambique
Namibie
Seychelles
Swaziland
Zambie
Zimbabwe
AFRIQUE DE L'OUEST
Bénin
Burkina Faso
Cameroun
Cap vert
Côte d'Ivoire
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Liberia
Mali
Mauritanie
Niger
Nigeria
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Sierra Leone
Tchad
Togo
Film:
Sables mouvants
Fux RSS - Afrique
Asie
PAGE D’ACCUEIL - ASIE
Afghanistan
Bangladesh
Cambodge
Indonésie
Iran
Kirghizistan
Laos
Myanmar
Népal
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
Sri Lanka
Tadjikistan
Thaïlande
Timor-Leste
Turkménistan
Vietnam
Film:
Guerre civile au Népal
Flux RSS - Asie
Moyen-Orient
PAGE D’ACCUEIL - MOYEN ORIENT
Egypte
Irak
Israël
Jordanie
Liban
Libye
OPT
Syrie
Yémen
L'Echo de la guerre
Flux RSS - Moyen Orient
PlusNews
Dossiers
L’Irak 10 ans après - Aperçu de la situation humanitaire
Renforcer la résilience
L’Humanitaire dans un monde qui s’urbanise
Nos Vies - Guide de survie
Film
Photo
Hebdo
Thèmes
Catastrophes naturelles
Démocratie et gouvernance
Droits de l'homme
Eau et Assainissement
Economie
Education
Egalité entre les sexes
Enfant
Environnement
Paix et sécurité
Politique
Réfugiés et déplacés
Santé et nutrition
Sécurité alimentaire
Sécurité
Urbanisation
VIH/SIDA
Lire l'article en:
English
-
عربي
MAURITANIE: D’anciens réfugiés privés de terres et de papiers d’identité
Follow @{0}
Commentaire
Email
Imprimer
Mode lecture
Partager
Photo:
Anna Jefferys/IRIN
Aliou Moussa So, représentant de la communauté des rapatriés, fait le tour de son village, baptisé PK6, avec les journalistes d’IRIN
PK6/ROSSO/NOUAKCHOTT, 13 janvier 2013 (IRIN) - Depuis 2008, quelque 25 000 réfugiés mauritaniens, qui ont fui les violences de 1989 et ont vécu au Sénégal pendant près de 20 ans, sont rentrés en Mauritanie, mais en dépit des efforts considérables déployés pour les réinstaller dans leur village d’origine, bon nombre d’entre eux n’ont toujours pas de papiers d’identité et/ou d’accès à leurs anciennes terres.
Des dizaines de milliers de Mauritaniens noirs ont fui les massacres à caractère ethnique perpétrés par les forces de sécurité au début des années 1990. Certains ont fui vers le Mali, mais la plupart ont trouvé refuge au Sénégal.
Aliou Moussa So est à la tête d’une communauté de rapatriés composée de 73 familles installées dans le village de PK6, à 6 km de Rosso, au sud de la Mauritanie, non loin de la frontière sénégalaise. Comme la plupart des rapatriés, il a fui en 1989 et est revenu en 2008, date à laquelle le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé l’opération de rapatriement des réfugiés.
La plupart des rapatriés étaient originaires du village de PK6 qui, à l’époque, s’appelait « Wellingara » ou « un joli endroit à visiter » dans la langue locale, le Peulhar.
Moussa So s’est énervé lorsque les journalistes d’IRIN lui ont posé des questions sur ses problèmes. « Je ne vais pas vous parler de tous les problèmes que j’ai eus, on y passerait la nuit. J’en ai assez de répondre à vos questions, vous, les gens qui arrivez en 4x4 – c’est tout ce que les gens font quand ils arrivent ici, ils viennent, ils nous posent des questions et ils ne font rien ».
PK6 est un village composé de quelques abris à moitié construits, faits de briques, disséminés autour d’un petit magasin proposant une demi-douzaine de sacs de céréales, et de quelques abris en fer qui ont été couverts de tapis pour les protéger du soleil.
Le HCR a donné des matériaux aux rapatriés pour construire 150 abris en briques ; lorsque les financements ont commencé à manquer, l’organisation leur a fourni des plaques de tôle ondulée et des piliers en bois.
L’opération de rapatriement organisée par l’agence a pris fin en mars 2012 : au total, 24 536 réfugiés ont été rapatriés et 14 000 personnes ont été réinstallées au Sénégal.
Accès aux terres
Le problème des rapatriés du PK6 est qu’ils n’ont pas accès aux terres qu’ils cultivaient autrefois – environ 14 hectares ont été vendus à une tierce personne (dont ils ne connaissent pas l’identité) - et bon nombre d’entre eux n’ont pas les papiers d’identité nécessaires pour faire valoir leurs revendications.
Moussa So s’est « plaint à tout le monde », y compris l’Agence nationale d’appui et d’insertion des réfugiés (ANAIR), le maire de Nouakchott, le ministre de l’Intérieur, « même le président de la République ». Des responsables du ministère de l’Intérieur ont rendu visite au villageois l’année dernière, mais depuis rien n’a changé, a-t-il dit.
« Je commence à perdre espoir », a dit M. So. « Nous sommes épuisés. Nous sommes des agriculteurs. Sans champs, comment allons-nous survivre ? ».
Un grand nombre de rapatriés sont confrontés au même problème, a dit Oumar Diop, responsable de la Clinique Juridique de Rosso, un organisme en partie subventionné par l'Union Européene et Oxfam comme partenaire associé, qui aide les rapatriés à récupérer leurs terres.
« Nous suivons de nombreuses personnes qui se battent pour récupérer leurs terres. Nous défendons leur action au niveau du district ("ouaddi"), et nous nous adresserons au ministre de [l’Intérieur] s’il le faut », a expliqué M. Diop.
Actuellement, la Clinique traite seize dossiers, mais M. Diop est exaspéré. « Dans la majorité des dossiers, il n’y a tout simplement pas de solution », a-t-il dit. Sur 640 dossiers, seuls 115 ont été résolus, a-t-il ajouté.
Selon Ndiawar Kane, directeur de l’ANAIR, le taux de résolution est plus élevé, et 400 dossiers ont été traités.
Un des problèmes est que les terres n’ont jamais appartenu aux villageois, dit M. Kane. Dans les années 1980, la majorité des terres étaient propriété de l’État. Après la fuite des villageois, les terres ont été partagées entre les habitants, y compris des chefs de village.
Propriété privée du sol
Depuis cette époque, le droit de la propriété privée du sol s’est développé en Mauritanie, et les chefs d’entreprise et les hauts responsables ont commencé à acheter des terres – la plupart d’entre eux vivaient à Nouakchott ou dans d’autres villes et les géraient à distance. « Bon nombre de contrats signés à l’époque étaient assez flous », a dit M. Kane, « nous ne sommes pas habitués à la propriété individuelle du sol ici ».
Afin d’apaiser les tensions, dans certains cas, le gouvernement et l’ANAIR ont essayé de trouver un accord avec les habitants locaux pour que les rapatriés récupèrent une partie de leurs terres. Mais l’ANAIR n’a pas le droit d’intervenir dans les questions de propriété foncière – pas plus que le HCR. Ces dossiers sont du ressort du bureau des affaires civiles, qui est responsable de l’enregistrement du statut des personnes, et du ministère de l’Intérieur, indique le gouvernement.
« Nous pouvons essayer de trouver une solution aux petits problèmes », a dit M. Kane. En 2008, l’ANAIR, le HCR et d’autres organismes ont présenté un rapport dressant une liste des principales doléances des rapatriés, ainsi que des priorités des chefs du district et de la région, et du ministère de l’Intérieur. Quatre ans plus tard, les principaux problèmes n’ont pas été résolus.
De la difficulté d’obtenir une carte d’identité
Obtenir des papiers d’identité est un processus compliqué, a reconnu M. Kane, mais bon nombre de Mauritaniens sont confrontés à ces difficultés, dit-il – c’est un problème national.
Les rapatriés qui avaient été enregistrés en tant que réfugiés par le HCR ont été enregistrés par l’État civil (autorités civiles) mauritanien, qui leur a donné un Formulaire de rapatriement volontaire (FRV) leur permettant de se déplacer librement. Un accord a été trouvé avec l’administration civile, stipulant que les deux formulaires leur permettraient d’obtenir une carte d’identité.
L’accord de rapatriement tripartite signé par le Sénégal, la Mauritanie et le HCR en novembre 2007 prévoyait que les rapatriés mauritaniens obtiendraient leurs documents de citoyenneté dans un délai de trois mois après leur arrivée.
Photo:
Anna Jefferys/IRIN
Des centaines de rapatriés n’ont pas pu obtenir de cartes d’identité permanentes, indique la Clinique Juridique de Rosso
Mais des centaines de rapatriés n’ont toujours pas reçu leurs papiers, indique la Clinique Juridique. Sans carte d’identité, ils ont des difficultés à bénéficier des soins de santé ou à inscrire leurs enfants à l’école en Mauritanie. Cela complique aussi les déplacements dans ce pays doté de multiples points de contrôle.
Selon M. Kane, le problème se situe au niveau de l’administration civile, qui ne dispose pas des ressources adéquates pour établir des documents d’identité pour les rapatriés, et qui n’a pas été restructurée, comme cela avait été conseillé. Des centaines de dossiers sont bloqués dans son système, indique M. Diop.
Une minorité de rapatriés – ceux qui ont fait partie du premier convoi – sont revenus en Mauritanie sans les actes de naissance de leurs enfants nés au Sénégal. Une solution a été trouvée lors de négociations entre l’ANAIR, le HCR et les autorités sénégalaises. M. Diop ne connait pas l’issue de chaque dossier.
Des rapatriés indiquent que les autorités civiles ont choisi de ne pas résoudre leurs problèmes.
Selon un défenseur des réfugiés, les rapatriés ont une part de responsabilité : il faut payer 1 000 ouguiyas (3,40 dollars) pour récupérer une carte d’identité, une somme que certains rapatriés refusent de payer.
Aide de l’ANAIR
Les habitants du village de PK6 n’ont pas été abandonnés, a dit M. Kane. Grâce à l’ANAIR, le village dispose d’une source d’eau ; l’association des rapatriés a reçu des matériaux pour bâtir un magasin communautaire qui vend des céréales à un prix réduit et du gaz de cuisine destiné à la vente. L’association des femmes a obtenu une meuleuse pour que les femmes n’aient pas à parcourir de longues distances pour acheter de la farine ; l’ANAIR leur a également permis d’ouvrir une teinturerie et leur a fourni des clôtures pour protéger leurs jardins maraîchers des animaux et des organismes nuisibles.
L’ANAIR a distribué 91 meuleuses dans les villages de rapatriés dans le cadre des efforts générateurs de revenus entrepris dans bon nombre des 124 villages où les anciens réfugiés se sont réinstallés.
Les villageois de PK6 ont accès à 18 hectares de terres, a-t-il dit, dont six ont été transformés en jardins maraîchers.
Moussa So reconnait que l’ANAIR a fourni de l’aide. « Cela nous a aidé. Mais lorsque nous nous sommes plaints pour nos papiers, nous avons reçu du gaz de cuisine », a-t-il dit, en montrant plusieurs bonbonnes de gaz de cuisine empilées dans son abri.
Les rapatriés disposent de petits jardins maraîchers, mais ils n’ont pas accès aux terres pour cultiver du riz, a dit Moussa So. Les rapatriés arrivent à joindre les deux bouts grâce au petit commerce ou aux activités de teinturerie.
Selon Elise Villechalane, porte-parole du HCR à Nouakchott, le fait que 80 pour cent des rapatriés soient restés dans les régions où ils sont revenus est une preuve de succès. Le HCR était chargé de l’enregistrement et du rapatriement de plus de 24 000 personnes dans 124 villages. « L’opération n’a pas été facile », a-t-elle dit.
Les rapatriés interrogés par les journalistes d’IRIN ne veulent pas repartir – ils sont enfin chez eux – mais ils veulent retrouver leur ancienne vie. « Autrefois, nous étions agriculteurs. Nous nous en sortions. Aujourd’hui, nous dépendons de l’aide extérieure », a dit M. So, utilisant l’expression Peulhar « boofni », que l’on pourrait traduire par « Comment un sac vide peut-il se tenir debout ? ».
aj/cb-mg/amz
Theme (s)
:
Sécurité alimentaire
,
Démocratie et gouvernance
,
Droits de l'homme
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
Partager l’article
Commentaire
votre commentaire
Do not fill this textbox.
FeedBackSuccess
Dernières Nouvelles
L’apport économique du pastoralisme
La réalisation de Hyogo 2
Le coût de la peur
Travail humanitaire dans les bidonvilles
Le microcrédit à Madagascar
De l’eau pour tous au Burkina Faso
Hausse du nombre de victimes de mines
Partager l’article
Articles associés
Analyse: La situation difficile des demandeurs d’asile et des réfugiés LGBTI
Aggravation de la crise pour les éleveurs du nord du Mali
Appel à moins d’indifférence à l’égard de l’éducation d’urgence au Mali
Analyse: Rhétorique et réalité de la résilience dans le Sahel
Pourquoi le Sahel a de nouveau besoin de 1,6 milliard de dollars cette année
PLUS SUR FOOD SECURITY
La lutte contre la faim au point mort en Guinée-Bissau
L’Irak 10 ans après - Une moindre dépendance à l’égard de l’aide alimentaire
Mary Venerato Laki, rapatriée du Soudan du Sud : « Nous voulons retourner dans notre propre pays »
Les TIC au service des travailleurs humanitaires en Afghanistan
Les civils isolés du Katanga
DIAPORAMA
Sierra Leone: La stabilité menacée par le chômage ?
FILM
A la recherche de la stabilité
Dernières Analyses
La réalisation du traité de prévention des catastrophes Hyogo 2
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
Analyse: Aider les travailleurs humanitaires locaux à se bâtir une carrière intéressante
Briefing: La mission intégrée des Nations Unies en Somalie
Analyse: Inciter les gouvernements à financer la RRC
Le renforcement des troupes en RDC peut-il changer les choses ?
Les Plus Lus
Le microcrédit permet aux petites entreprises de changer la donne à Madagascar
Travail humanitaire dans les bidonvilles
La contribution du pastoralisme à l’économie est importante mais ignorée
La réalisation du traité de prévention des catastrophes Hyogo 2
Le coût de la peur
Lire l'article en:
Français
-
عربي
MAURITANIE: D’anciens réfugiés privés de terres et de papiers d’identité
Follow @{0}
Commentaire
Email
Imprimer
Mode lecture
Partager
Photo:
Anna Jefferys/IRIN
Aliou Moussa So, représentant de la communauté des rapatriés, fait le tour de son village, baptisé PK6, avec les journalistes d’IRIN
PK6/ROSSO/NOUAKCHOTT, 13 janvier 2013 (IRIN) - Depuis 2008, quelque 25 000 réfugiés mauritaniens, qui ont fui les violences de 1989 et ont vécu au Sénégal pendant près de 20 ans, sont rentrés en Mauritanie, mais en dépit des efforts considérables déployés pour les réinstaller dans leur village d’origine, bon nombre d’entre eux n’ont toujours pas de papiers d’identité et/ou d’accès à leurs anciennes terres.
Des dizaines de milliers de Mauritaniens noirs ont fui les massacres à caractère ethnique perpétrés par les forces de sécurité au début des années 1990. Certains ont fui vers le Mali, mais la plupart ont trouvé refuge au Sénégal.
Aliou Moussa So est à la tête d’une communauté de rapatriés composée de 73 familles installées dans le village de PK6, à 6 km de Rosso, au sud de la Mauritanie, non loin de la frontière sénégalaise. Comme la plupart des rapatriés, il a fui en 1989 et est revenu en 2008, date à laquelle le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé l’opération de rapatriement des réfugiés.
La plupart des rapatriés étaient originaires du village de PK6 qui, à l’époque, s’appelait « Wellingara » ou « un joli endroit à visiter » dans la langue locale, le Peulhar.
Moussa So s’est énervé lorsque les journalistes d’IRIN lui ont posé des questions sur ses problèmes. « Je ne vais pas vous parler de tous les problèmes que j’ai eus, on y passerait la nuit. J’en ai assez de répondre à vos questions, vous, les gens qui arrivez en 4x4 – c’est tout ce que les gens font quand ils arrivent ici, ils viennent, ils nous posent des questions et ils ne font rien ».
PK6 est un village composé de quelques abris à moitié construits, faits de briques, disséminés autour d’un petit magasin proposant une demi-douzaine de sacs de céréales, et de quelques abris en fer qui ont été couverts de tapis pour les protéger du soleil.
Le HCR a donné des matériaux aux rapatriés pour construire 150 abris en briques ; lorsque les financements ont commencé à manquer, l’organisation leur a fourni des plaques de tôle ondulée et des piliers en bois.
L’opération de rapatriement organisée par l’agence a pris fin en mars 2012 : au total, 24 536 réfugiés ont été rapatriés et 14 000 personnes ont été réinstallées au Sénégal.
Accès aux terres
Le problème des rapatriés du PK6 est qu’ils n’ont pas accès aux terres qu’ils cultivaient autrefois – environ 14 hectares ont été vendus à une tierce personne (dont ils ne connaissent pas l’identité) - et bon nombre d’entre eux n’ont pas les papiers d’identité nécessaires pour faire valoir leurs revendications.
Moussa So s’est « plaint à tout le monde », y compris l’Agence nationale d’appui et d’insertion des réfugiés (ANAIR), le maire de Nouakchott, le ministre de l’Intérieur, « même le président de la République ». Des responsables du ministère de l’Intérieur ont rendu visite au villageois l’année dernière, mais depuis rien n’a changé, a-t-il dit.
« Je commence à perdre espoir », a dit M. So. « Nous sommes épuisés. Nous sommes des agriculteurs. Sans champs, comment allons-nous survivre ? ».
Un grand nombre de rapatriés sont confrontés au même problème, a dit Oumar Diop, responsable de la Clinique Juridique de Rosso, un organisme en partie subventionné par l'Union Européene et Oxfam comme partenaire associé, qui aide les rapatriés à récupérer leurs terres.
« Nous suivons de nombreuses personnes qui se battent pour récupérer leurs terres. Nous défendons leur action au niveau du district ("ouaddi"), et nous nous adresserons au ministre de [l’Intérieur] s’il le faut », a expliqué M. Diop.
Actuellement, la Clinique traite seize dossiers, mais M. Diop est exaspéré. « Dans la majorité des dossiers, il n’y a tout simplement pas de solution », a-t-il dit. Sur 640 dossiers, seuls 115 ont été résolus, a-t-il ajouté.
Selon Ndiawar Kane, directeur de l’ANAIR, le taux de résolution est plus élevé, et 400 dossiers ont été traités.
Un des problèmes est que les terres n’ont jamais appartenu aux villageois, dit M. Kane. Dans les années 1980, la majorité des terres étaient propriété de l’État. Après la fuite des villageois, les terres ont été partagées entre les habitants, y compris des chefs de village.
Propriété privée du sol
Depuis cette époque, le droit de la propriété privée du sol s’est développé en Mauritanie, et les chefs d’entreprise et les hauts responsables ont commencé à acheter des terres – la plupart d’entre eux vivaient à Nouakchott ou dans d’autres villes et les géraient à distance. « Bon nombre de contrats signés à l’époque étaient assez flous », a dit M. Kane, « nous ne sommes pas habitués à la propriété individuelle du sol ici ».
Afin d’apaiser les tensions, dans certains cas, le gouvernement et l’ANAIR ont essayé de trouver un accord avec les habitants locaux pour que les rapatriés récupèrent une partie de leurs terres. Mais l’ANAIR n’a pas le droit d’intervenir dans les questions de propriété foncière – pas plus que le HCR. Ces dossiers sont du ressort du bureau des affaires civiles, qui est responsable de l’enregistrement du statut des personnes, et du ministère de l’Intérieur, indique le gouvernement.
« Nous pouvons essayer de trouver une solution aux petits problèmes », a dit M. Kane. En 2008, l’ANAIR, le HCR et d’autres organismes ont présenté un rapport dressant une liste des principales doléances des rapatriés, ainsi que des priorités des chefs du district et de la région, et du ministère de l’Intérieur. Quatre ans plus tard, les principaux problèmes n’ont pas été résolus.
De la difficulté d’obtenir une carte d’identité
Obtenir des papiers d’identité est un processus compliqué, a reconnu M. Kane, mais bon nombre de Mauritaniens sont confrontés à ces difficultés, dit-il – c’est un problème national.
Les rapatriés qui avaient été enregistrés en tant que réfugiés par le HCR ont été enregistrés par l’État civil (autorités civiles) mauritanien, qui leur a donné un Formulaire de rapatriement volontaire (FRV) leur permettant de se déplacer librement. Un accord a été trouvé avec l’administration civile, stipulant que les deux formulaires leur permettraient d’obtenir une carte d’identité.
L’accord de rapatriement tripartite signé par le Sénégal, la Mauritanie et le HCR en novembre 2007 prévoyait que les rapatriés mauritaniens obtiendraient leurs documents de citoyenneté dans un délai de trois mois après leur arrivée.
Photo:
Anna Jefferys/IRIN
Des centaines de rapatriés n’ont pas pu obtenir de cartes d’identité permanentes, indique la Clinique Juridique de Rosso
Mais des centaines de rapatriés n’ont toujours pas reçu leurs papiers, indique la Clinique Juridique. Sans carte d’identité, ils ont des difficultés à bénéficier des soins de santé ou à inscrire leurs enfants à l’école en Mauritanie. Cela complique aussi les déplacements dans ce pays doté de multiples points de contrôle.
Selon M. Kane, le problème se situe au niveau de l’administration civile, qui ne dispose pas des ressources adéquates pour établir des documents d’identité pour les rapatriés, et qui n’a pas été restructurée, comme cela avait été conseillé. Des centaines de dossiers sont bloqués dans son système, indique M. Diop.
Une minorité de rapatriés – ceux qui ont fait partie du premier convoi – sont revenus en Mauritanie sans les actes de naissance de leurs enfants nés au Sénégal. Une solution a été trouvée lors de négociations entre l’ANAIR, le HCR et les autorités sénégalaises. M. Diop ne connait pas l’issue de chaque dossier.
Des rapatriés indiquent que les autorités civiles ont choisi de ne pas résoudre leurs problèmes.
Selon un défenseur des réfugiés, les rapatriés ont une part de responsabilité : il faut payer 1 000 ouguiyas (3,40 dollars) pour récupérer une carte d’identité, une somme que certains rapatriés refusent de payer.
Aide de l’ANAIR
Les habitants du village de PK6 n’ont pas été abandonnés, a dit M. Kane. Grâce à l’ANAIR, le village dispose d’une source d’eau ; l’association des rapatriés a reçu des matériaux pour bâtir un magasin communautaire qui vend des céréales à un prix réduit et du gaz de cuisine destiné à la vente. L’association des femmes a obtenu une meuleuse pour que les femmes n’aient pas à parcourir de longues distances pour acheter de la farine ; l’ANAIR leur a également permis d’ouvrir une teinturerie et leur a fourni des clôtures pour protéger leurs jardins maraîchers des animaux et des organismes nuisibles.
L’ANAIR a distribué 91 meuleuses dans les villages de rapatriés dans le cadre des efforts générateurs de revenus entrepris dans bon nombre des 124 villages où les anciens réfugiés se sont réinstallés.
Les villageois de PK6 ont accès à 18 hectares de terres, a-t-il dit, dont six ont été transformés en jardins maraîchers.
Moussa So reconnait que l’ANAIR a fourni de l’aide. « Cela nous a aidé. Mais lorsque nous nous sommes plaints pour nos papiers, nous avons reçu du gaz de cuisine », a-t-il dit, en montrant plusieurs bonbonnes de gaz de cuisine empilées dans son abri.
Les rapatriés disposent de petits jardins maraîchers, mais ils n’ont pas accès aux terres pour cultiver du riz, a dit Moussa So. Les rapatriés arrivent à joindre les deux bouts grâce au petit commerce ou aux activités de teinturerie.
Selon Elise Villechalane, porte-parole du HCR à Nouakchott, le fait que 80 pour cent des rapatriés soient restés dans les régions où ils sont revenus est une preuve de succès. Le HCR était chargé de l’enregistrement et du rapatriement de plus de 24 000 personnes dans 124 villages. « L’opération n’a pas été facile », a-t-elle dit.
Les rapatriés interrogés par les journalistes d’IRIN ne veulent pas repartir – ils sont enfin chez eux – mais ils veulent retrouver leur ancienne vie. « Autrefois, nous étions agriculteurs. Nous nous en sortions. Aujourd’hui, nous dépendons de l’aide extérieure », a dit M. So, utilisant l’expression Peulhar « boofni », que l’on pourrait traduire par « Comment un sac vide peut-il se tenir debout ? ».
aj/cb-mg/amz
{1}
##LOC[OK]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
Conditions d'utilisation
A propos d’IRIN
Emplois
Mobile
Envoyez
Other OCHA Sites
Partenaires
Réseaux sociaux
Copyright © IRIN 2013. Tous droits réservés. Ce matériel vous est parvenu via IRIN, le service des nouvelles et analyses humanitaires du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les avis des Nations Unies ou de ses états membres. Les frontières, les noms et les désignations sur les cartes utilisées par ce site, et les liens électroniques vers des sites externes n'impliquent pas la reconnaissance ou l'acceptation officielle par l'ONU. La republication du matériel d'IRIN est soumise aux termes et conditions d'utilisation disponibles sur :
http://www.irinnews.org/fr/copyrightfr.aspx