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BURKINA FASO: Il faut redoubler d'efforts pour prévenir les affrontements entre les agriculteurs et les éleveurs
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Brahima Ouedraogo/IRIN
Malgré les tentatives d'apaisement, les récents affrontements entre les agriculteurs et les éleveurs du Burkina Faso ont forcé des centaines de personnes à fuir leurs maisons
OUAGADOUGOU, 10 janvier 2013 (IRIN) - Les récents heurts entre agriculteurs et éleveurs qui ont fait sept morts à Sangou, dans la région du Centre-Est du Burkina Faso, montrent que les violences répétées entre les deux groupes pourraient dégénérer si des mesures urgentes ne sont pas prises.
« Nous sommes habitués aux fréquents affrontements entre les éleveurs et les agriculteurs dans cette partie du pays, mais la situation n'a jamais été aussi mauvaise », a déclaré Allahidi Diallo, gouverneur de la région du Centre-Est, l'une des plus fertiles du pays.
Le 31 décembre, des affrontements ont éclaté entre les éleveurs Fulani et les agriculteurs Bissa après qu'un éleveur ait fait paître son troupeau sur une terre agricole. « De nombreuses propriétés, y compris des maisons, des greniers et du bétail ont été détruits », a affirmé M. Diallo, ajoutant qu'un couvre-feu temporaire était en vigueur dans le village de Sangou et ses environs. Il a expliqué que les heurts s'étaient étendus dans un rayon de 100 km.
« Nous pensons que certaines personnes en attaquent délibérément d'autres à cause de leur origine ethnique. Nous devons en finir avec ces pratiques où des communautés sont attaquées lorsque l'un de leurs membres a commis un délit. Il n'y a pas de responsabilité collective dans le droit du Burkina Faso », a déclaré aux journalistes le ministre de l'Administration territoriale et de la Sécurité, Jerôme Bougouma.
Il a indiqué que les violences étaient principalement dues à un manque de confiance dans le système judiciaire et au recours au droit coutumier et aux punitions collectives.
« Il y a un manque de confiance dans le système judiciaire et administratif. Nous allons travailler pour rétablir la confiance et l'état de droit afin que les gens comprennent qu'ils doivent respecter les lois nationales et non le droit coutumier qui encourage les punitions collectives.
Des efforts de paix
Les affrontements mortels entre les agriculteurs et les éleveurs sont fréquents au Burkina Faso. En 2012, le gouvernement a organisé des ateliers dans les 13 régions du pays pour essayer d'apaiser les tensions entre les différentes communautés. Selon les statistiques officielles, 55 personnes ont été tuées lors de ces affrontements au cours des quatre dernières années et il y a en moyenne 600 conflits de ce genre chaque année.
Le processus de paix porte essentiellement sur les règlements du droit foncier, l'importance de la protection des routes de transhumance et sur les moyens de permettre aux agriculteurs et aux éleveurs d'utiliser les ressources naturelles de manière durable. Le bétail est la principale source de revenus de bon nombre de familles au Burkina Faso : 80 pour cent des foyers ruraux ont au moins un ou deux animaux pour survivre en période de crise.
« Durant les campagnes de sensibilisation, nous ne sommes pas parvenus à atteindre une grande partie de la population. Combien parmi ceux qui ont pris part aux affrontements dans la région du Centre-Est ont assisté à nos réunions ? », a demandé Hassan Barry, à la tête de Tapital Puulaku, une organisation Fulani qui ouvre pour une meilleure compréhension entre éleveurs et agriculteurs. « Ce n'est pas quelque chose qui va disparaître immédiatement ».
M. Barry a demandé à ce que les fonctionnaires des administrations locales soient formés pour favoriser une meilleure compréhension entre les agriculteurs et les éleveurs et « à les sensibiliser avant le début des saisons des pluies pour qu'il n'y ait aucune victime ».
« En décembre, les agriculteurs ont perdu leurs ânes après une attaque. mais ensuite, les coupables ont été relâchés par les forces de sécurité », a expliqué Halidou Barry, un éleveur Fulani. « La justice doit l'emporter lorsqu'il y a des attaques des deux côtés ».
Personnes déplacées
Près de 600 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été déplacées par les derniers affrontements, a déclaré à IRIN M. Diallo. Certaines ont trouvé refuge dans des villages à l'extérieur de Sangou tandis que d'autres ont passé la frontière pour se rendre au Ghana voisin. Un habitant a rapporté à IRIN que des hommes se cachaient dans la brousse avec leur bétail.
« Nous avons perdu deux enfants, l'un était âgé de trois mois et l'autre, de quatre ans. car ils étaient malades et nous n'avons pas pu les emmener à l'hôpital. Il fait froid, nous manquons d'eau et de nourriture », a déclaré Zaman Dia, l'un de ceux qui se sont enfuis après l'attaque.
Le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale du Burkina Faso a envoyé de la nourriture et des tentes aux déplacés, mais M. Diallo a dit qu'il en fallait plus. « L'aide d'urgence a été envoyée sur la base des premières estimations qui sont aujourd'hui dépassées.
« Concernant la sécurité, la situation est sous contrôle. Mais il y a urgence. L'impératif concerne maintenant la gestion des problèmes humanitaires, car il y a de très grandes concentrations de personnes déplacées dans certains endroits », a ajouté M. Diallo. « Il n'y a pas d'attaques, ni d'affrontements. Les forces de sécurité patrouillent la région.
bo/ob/cb-fc/amz
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Paix et sécurité
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Sécurité
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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OUAGADOUGOU, 10 janvier 2013 (IRIN) - Les récents heurts entre agriculteurs et éleveurs qui ont fait sept morts à Sangou, dans la région du Centre-Est du Burkina Faso, montrent que les violences répétées entre les deux groupes pourraient dégénérer si des mesures urgentes ne sont pas prises.
« Nous sommes habitués aux fréquents affrontements entre les éleveurs et les agriculteurs dans cette partie du pays, mais la situation n'a jamais été aussi mauvaise », a déclaré Allahidi Diallo, gouverneur de la région du Centre-Est, l'une des plus fertiles du pays.
Le 31 décembre, des affrontements ont éclaté entre les éleveurs Fulani et les agriculteurs Bissa après qu'un éleveur ait fait paître son troupeau sur une terre agricole. « De nombreuses propriétés, y compris des maisons, des greniers et du bétail ont été détruits », a affirmé M. Diallo, ajoutant qu'un couvre-feu temporaire était en vigueur dans le village de Sangou et ses environs. Il a expliqué que les heurts s'étaient étendus dans un rayon de 100 km.
« Nous pensons que certaines personnes en attaquent délibérément d'autres à cause de leur origine ethnique. Nous devons en finir avec ces pratiques où des communautés sont attaquées lorsque l'un de leurs membres a commis un délit. Il n'y a pas de responsabilité collective dans le droit du Burkina Faso », a déclaré aux journalistes le ministre de l'Administration territoriale et de la Sécurité, Jerôme Bougouma.
Il a indiqué que les violences étaient principalement dues à un manque de confiance dans le système judiciaire et au recours au droit coutumier et aux punitions collectives.
« Il y a un manque de confiance dans le système judiciaire et administratif. Nous allons travailler pour rétablir la confiance et l'état de droit afin que les gens comprennent qu'ils doivent respecter les lois nationales et non le droit coutumier qui encourage les punitions collectives.
Des efforts de paix
Les affrontements mortels entre les agriculteurs et les éleveurs sont fréquents au Burkina Faso. En 2012, le gouvernement a organisé des ateliers dans les 13 régions du pays pour essayer d'apaiser les tensions entre les différentes communautés. Selon les statistiques officielles, 55 personnes ont été tuées lors de ces affrontements au cours des quatre dernières années et il y a en moyenne 600 conflits de ce genre chaque année.
Le processus de paix porte essentiellement sur les règlements du droit foncier, l'importance de la protection des routes de transhumance et sur les moyens de permettre aux agriculteurs et aux éleveurs d'utiliser les ressources naturelles de manière durable. Le bétail est la principale source de revenus de bon nombre de familles au Burkina Faso : 80 pour cent des foyers ruraux ont au moins un ou deux animaux pour survivre en période de crise.
« Durant les campagnes de sensibilisation, nous ne sommes pas parvenus à atteindre une grande partie de la population. Combien parmi ceux qui ont pris part aux affrontements dans la région du Centre-Est ont assisté à nos réunions ? », a demandé Hassan Barry, à la tête de Tapital Puulaku, une organisation Fulani qui ouvre pour une meilleure compréhension entre éleveurs et agriculteurs. « Ce n'est pas quelque chose qui va disparaître immédiatement ».
M. Barry a demandé à ce que les fonctionnaires des administrations locales soient formés pour favoriser une meilleure compréhension entre les agriculteurs et les éleveurs et « à les sensibiliser avant le début des saisons des pluies pour qu'il n'y ait aucune victime ».
« En décembre, les agriculteurs ont perdu leurs ânes après une attaque. mais ensuite, les coupables ont été relâchés par les forces de sécurité », a expliqué Halidou Barry, un éleveur Fulani. « La justice doit l'emporter lorsqu'il y a des attaques des deux côtés ».
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« Nous avons perdu deux enfants, l'un était âgé de trois mois et l'autre, de quatre ans. car ils étaient malades et nous n'avons pas pu les emmener à l'hôpital. Il fait froid, nous manquons d'eau et de nourriture », a déclaré Zaman Dia, l'un de ceux qui se sont enfuis après l'attaque.
Le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale du Burkina Faso a envoyé de la nourriture et des tentes aux déplacés, mais M. Diallo a dit qu'il en fallait plus. « L'aide d'urgence a été envoyée sur la base des premières estimations qui sont aujourd'hui dépassées.
« Concernant la sécurité, la situation est sous contrôle. Mais il y a urgence. L'impératif concerne maintenant la gestion des problèmes humanitaires, car il y a de très grandes concentrations de personnes déplacées dans certains endroits », a ajouté M. Diallo. « Il n'y a pas d'attaques, ni d'affrontements. Les forces de sécurité patrouillent la région.
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