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dimanche 19 mai 2013
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MALI: Frustration face à l’inaction du gouvernement
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Brahima Ouedraogo/IRIN
Les civils se plaignent de l’inaction du gouvernement malien face aux forces islamistes dans le Nord
SÉVARÉ, 7 janvier 2013 (IRIN) - Les Maliens soumis à l’application stricte des lois religieuses depuis la prise de contrôle du Nord par des groupes islamistes il y a neuf mois et les populations réfugiées dans le Sud ressentent de la frustration face à l’inaction perçue du gouvernement central.
Parmi les habitants qui ont pris la fuite, certains ont exprimé leur désespoir.
« Je ne comprends pas l’inaction du gouvernement et la réponse de la communauté internationale. Tout le monde s’exprime ; chaque jour, on entend de beaux discours, mais rien ne change sur le terrain », a dit Amidou Maïga, 38 ans, qui a fui Tombouctou. Cette ville classée par l’UNESCO est tombée aux mains des islamistes, qui ont détruit des mausolées et des mosquées.
« Les occupants bafouent les droits élémentaires des habitants. Ils violent, volent, commettent des amputations et détruisent des biens. Et pendant ce temps, les hommes politiques se battent pour obtenir un poste à Bamako. C’est très regrettable. Nous, les habitants du Nord, avons été complètement oubliés ».
Les islamistes ont interdit la diffusion de musique profane, le football et l’alcool, et auraient infligé des châtiments, y compris des amputations, aux personnes accusées de ne pas s’être soumises aux interdictions.
Selon Moumouni Damango, président du comité de crise de la ville de Mopti, située au centre du pays, il faut donner à l’armée le temps nécessaire pour préparer une offensive contre les groupes islamistes installés dans le Nord. « Je comprends parfaitement la colère et la nécessité d’une guerre, mais ils [les habitants du Nord] devraient être informés qu’une intervention est en cours ».
En attendant, des habitants envisagent de rejoindre un groupe qui propose une
formation au combat
dans la ville de Sévaré, au centre du pays, dans l’espoir d’inciter le gouvernement à agir.
« Notre armée ne veut pas se battre, donc si j’en ai la possibilité, je rejoindrais sans hésitation un groupe d’auto-défense qui propose des formations. Au moins, ils savent ce qu’ils veulent – et ils veulent se battre », a dit Oumar Maïga, un habitant de Gao, une des villes clés du nord du pays contrôlées par les islamistes.
« Je pense que les déplacés se calmeraient si le gouvernement renforçait son action en leur faveur. Mais les ONG [organisation non gouvernementale] offrent plus d’aide aux déplacés que ne le font les autorités de Bamako », a dit Moussa Cissé, du groupe d’aide Fondation Orange.
Le 20 décembre 2012, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé une
intervention militaire
au Mali, mais le déploiement des troupes ne devraient pas intervenir avant plusieurs mois. Le gouvernement de transition, formé après le coup d’État du 22 mars, est miné par des luttes intestines, comme la
démission
forcée du Premier ministre en décembre.
Amadou Haya Sanogo, qui a fomenté le coup d’État et poussé le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra à la démission, qui se serait opposé au processus de « transition politique », a indiqué que des interventions étaient élaborées afin de reprendre le Nord. Bien qu’il ait transmis les reines du pouvoir à une autorité civile après la chute de l’ancien président Amadou Toumani Touré, M. Sanogo conserve une certaine influence politique.
« Soyez certain que nous mettons tout en œuvre pour reprendre les régions occupées. Je ne suis pas en mesure de dévoiler la stratégie militaire mise en place actuellement. Je comprends l’impatience de la population, elle a raison. L’armée se prépare et nous faisons ce qu’il faut pour regonfler le moral des troupes. Il est hors de question de s’engager maintenant et d’effectuer un repli tactique plus tard. Si nous partons en guerre, il n’y a pas de retour en arrière possible », a dit M. Sanogo à des journalistes le 25 décembre.
Les familles d’accueil en difficulté
Certaines familles des villes du sud du Mali accueillent des proches originaires du Nord, qui ont fui l’insécurité et la sécheresse sévère dans la région du Sahel en 2012, mais elles ont du mal à s’en sortir.
Mohamed Touré, qui vit à Mopti, au centre du pays, accueille 21 personnes chez lui, dont 14 membres de la famille de son frère. « Le soir, je me couche, mais je ne dors plus, c’est la vérité », a dit M. Touré à IRIN.
« Comment nourrir 21 personnes, prendre soin d’elles et les accueillir avec un salaire de 100 000 francs [CFA] (200 dollars) ? », a demandé le fonctionnaire. « En tant que famille d’accueil, je n’ai reçu que deux sacs de millet et 5 kg de sucre depuis que je les héberge ».
« Jamais je n’aurais pensé que la libération du Nord prendrait autant de temps. Les autorités et l’armée donnent trop de temps aux bandits armés. En réalité, cela n’a jamais été une priorité. Ce ne sont que des mots, il n’y pas de mesures concrètes ».
La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) cherche une solution à la crise que traverse le Mali depuis plusieurs mois et qui a permis aux groupes islamistes de garder le contrôle du Nord. Cette organisation régionale, qui demande le déploiement d’une force d’intervention, a également entamé des discussions avec le groupe islamiste Ansar Dine et les séparatistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad.
« Notre armée devrait être la première sur le terrain. Elle ne devrait pas attendre l’arrivée des troupes de la CEDEAO, ni le feu vert des Nations Unies. Si nous attendons les Nations Unies, le Nord ne sera jamais libéré, car certains pays ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts », a dit M. Al Hamdoum de Tombouctou.
Selon l’imam El Hadj Oumar Bocoum de Sévaré, la signature d’un accord de paix avec les islamistes protègerait les civils des dangers de la guerre.
« Nous voulons éviter de nouvelles effusions de sang dans le pays. L’idéal serait que les personnes qui occupent le Nord et les autorités de Bamako trouvent un accord sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré ».
sd/ob/cb-mg/amz
Theme (s)
:
Démocratie et gouvernance
,
Paix et sécurité
,
Sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 671 17 mai 2013
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Les civils se plaignent de l’inaction du gouvernement malien face aux forces islamistes dans le Nord
SÉVARÉ, 7 janvier 2013 (IRIN) - Les Maliens soumis à l’application stricte des lois religieuses depuis la prise de contrôle du Nord par des groupes islamistes il y a neuf mois et les populations réfugiées dans le Sud ressentent de la frustration face à l’inaction perçue du gouvernement central.
Parmi les habitants qui ont pris la fuite, certains ont exprimé leur désespoir.
« Je ne comprends pas l’inaction du gouvernement et la réponse de la communauté internationale. Tout le monde s’exprime ; chaque jour, on entend de beaux discours, mais rien ne change sur le terrain », a dit Amidou Maïga, 38 ans, qui a fui Tombouctou. Cette ville classée par l’UNESCO est tombée aux mains des islamistes, qui ont détruit des mausolées et des mosquées.
« Les occupants bafouent les droits élémentaires des habitants. Ils violent, volent, commettent des amputations et détruisent des biens. Et pendant ce temps, les hommes politiques se battent pour obtenir un poste à Bamako. C’est très regrettable. Nous, les habitants du Nord, avons été complètement oubliés ».
Les islamistes ont interdit la diffusion de musique profane, le football et l’alcool, et auraient infligé des châtiments, y compris des amputations, aux personnes accusées de ne pas s’être soumises aux interdictions.
Selon Moumouni Damango, président du comité de crise de la ville de Mopti, située au centre du pays, il faut donner à l’armée le temps nécessaire pour préparer une offensive contre les groupes islamistes installés dans le Nord. « Je comprends parfaitement la colère et la nécessité d’une guerre, mais ils [les habitants du Nord] devraient être informés qu’une intervention est en cours ».
En attendant, des habitants envisagent de rejoindre un groupe qui propose une
formation au combat
dans la ville de Sévaré, au centre du pays, dans l’espoir d’inciter le gouvernement à agir.
« Notre armée ne veut pas se battre, donc si j’en ai la possibilité, je rejoindrais sans hésitation un groupe d’auto-défense qui propose des formations. Au moins, ils savent ce qu’ils veulent – et ils veulent se battre », a dit Oumar Maïga, un habitant de Gao, une des villes clés du nord du pays contrôlées par les islamistes.
« Je pense que les déplacés se calmeraient si le gouvernement renforçait son action en leur faveur. Mais les ONG [organisation non gouvernementale] offrent plus d’aide aux déplacés que ne le font les autorités de Bamako », a dit Moussa Cissé, du groupe d’aide Fondation Orange.
Le 20 décembre 2012, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé une
intervention militaire
au Mali, mais le déploiement des troupes ne devraient pas intervenir avant plusieurs mois. Le gouvernement de transition, formé après le coup d’État du 22 mars, est miné par des luttes intestines, comme la
démission
forcée du Premier ministre en décembre.
Amadou Haya Sanogo, qui a fomenté le coup d’État et poussé le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra à la démission, qui se serait opposé au processus de « transition politique », a indiqué que des interventions étaient élaborées afin de reprendre le Nord. Bien qu’il ait transmis les reines du pouvoir à une autorité civile après la chute de l’ancien président Amadou Toumani Touré, M. Sanogo conserve une certaine influence politique.
« Soyez certain que nous mettons tout en œuvre pour reprendre les régions occupées. Je ne suis pas en mesure de dévoiler la stratégie militaire mise en place actuellement. Je comprends l’impatience de la population, elle a raison. L’armée se prépare et nous faisons ce qu’il faut pour regonfler le moral des troupes. Il est hors de question de s’engager maintenant et d’effectuer un repli tactique plus tard. Si nous partons en guerre, il n’y a pas de retour en arrière possible », a dit M. Sanogo à des journalistes le 25 décembre.
Les familles d’accueil en difficulté
Certaines familles des villes du sud du Mali accueillent des proches originaires du Nord, qui ont fui l’insécurité et la sécheresse sévère dans la région du Sahel en 2012, mais elles ont du mal à s’en sortir.
Mohamed Touré, qui vit à Mopti, au centre du pays, accueille 21 personnes chez lui, dont 14 membres de la famille de son frère. « Le soir, je me couche, mais je ne dors plus, c’est la vérité », a dit M. Touré à IRIN.
« Comment nourrir 21 personnes, prendre soin d’elles et les accueillir avec un salaire de 100 000 francs [CFA] (200 dollars) ? », a demandé le fonctionnaire. « En tant que famille d’accueil, je n’ai reçu que deux sacs de millet et 5 kg de sucre depuis que je les héberge ».
« Jamais je n’aurais pensé que la libération du Nord prendrait autant de temps. Les autorités et l’armée donnent trop de temps aux bandits armés. En réalité, cela n’a jamais été une priorité. Ce ne sont que des mots, il n’y pas de mesures concrètes ».
La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) cherche une solution à la crise que traverse le Mali depuis plusieurs mois et qui a permis aux groupes islamistes de garder le contrôle du Nord. Cette organisation régionale, qui demande le déploiement d’une force d’intervention, a également entamé des discussions avec le groupe islamiste Ansar Dine et les séparatistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad.
« Notre armée devrait être la première sur le terrain. Elle ne devrait pas attendre l’arrivée des troupes de la CEDEAO, ni le feu vert des Nations Unies. Si nous attendons les Nations Unies, le Nord ne sera jamais libéré, car certains pays ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts », a dit M. Al Hamdoum de Tombouctou.
Selon l’imam El Hadj Oumar Bocoum de Sévaré, la signature d’un accord de paix avec les islamistes protègerait les civils des dangers de la guerre.
« Nous voulons éviter de nouvelles effusions de sang dans le pays. L’idéal serait que les personnes qui occupent le Nord et les autorités de Bamako trouvent un accord sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré ».
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