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vendredi 24 mai 2013
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Analyse: Désamorcer la bombe à retardement de la démographie au Pakistan
Photo:
Rebecca Conway/IRIN
Quel avenir pour les jeunes pakistanais ?
Une croissance de 8 pour cent est nécessaire pour assurer le plein emploi
La sensibilisation de la population aux contraceptifs est faible
30 pour cent des habitants sont en état de « pauvreté éducative extrême »
Les jeunes ressentent « de la frustration et de la colère »
ISLAMABAD, 6 décembre 2012 (IRIN) - Le taux de natalité élevé ne facilite pas la vie des 180 millions de Pakistanais déjà confrontés à l’instabilité politique, au marasme économique et aux catastrophes naturelles.
Les pressions intérieures au Pakistan, le sixième pays le plus peuplé du monde, vont être plus fortes avant de se résorber : le taux de croissance de la population, qui est de 2,03 pour cent, est le plus élevé d’Asie du Sud, et l’indice synthétique de fécondité, c’est-à-dire le nombre d’enfants moyen par femme, est de 3,5 enfants, c’est-à-dire le plus élevé de la région.
Selon le gouvernement, le Pakistan devrait
franchir la barre des 242 millions
d’habitants d’ici 2030.
L’échec à gérer la croissance démographique exerce une pression supplémentaire sur une population qui souffre déjà de l’insuffisance des services de base et du manque de développement social.
Les infrastructures sanitaires et éducatives pakistanaises disposent de peu de fonds, et les experts s’interrogent sur la qualité des services financés avec les budgets existants. Une économie fragile, une croissance faible, l’insécurité alimentaire et le chômage sont autant de défis à relever.
« Le problème, c’est qu’une large partie de la population est analphabète et n’a pas reçu de formation adaptée, elle n’est donc pas capable de contribuer à l’économie », a dit Shahid Kardar, économiste et ancien gouverneur de la Banque d’État du Pakistan.
« [Selon les tendances démographiques au Pakistan], il faudrait un taux de croissance du PIB de l’ordre de 8 pour cent pour leur fournir un emploi ». Le taux de croissance du PIB du Pakistan n’a
pas excédé 3,7 pour cent au cours des cinq dernières années
.
Si la croissance démographique n’est pas maitrisée, indiquent les experts, les tendances négatives seront exacerbées, car les ressources sont limitées et les améliorations dans la fourniture des services ne permettent pas de satisfaire la demande.
Faible recours à la contraception
Le manque de connaissance sur la contraception et le manque de disponibilité des méthodes contraceptives constituent un autre problème.
Le taux de prévalence contraceptive n’est que de 27 pour cent, et seulement 19 pour cent des habitants utilisent des méthodes de contraception modernes, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).
Si la demande de contraception est en augmentation, on constate qu’au moins
un quart des demandes
ne sont pas satisfaites.
« Il faut lancer un effort à long terme pour assurer la disponibilité des contraceptifs. On note une augmentation de la demande de contraceptifs, mais une partie de la demande n’est pas satisfaite. Bon nombre de couples souhaitent en utiliser, mais ils manquent d’informations sur les contraceptifs ou n’y ont pas accès », a dit Shahnaz Wazir Ali, conseillère des affaires sociales au cabinet du Premier ministre.
« La principale priorité a été d’assurer l’information de la population sur la planification familiale et l’accès aux contraceptifs avec l’aide des secteurs publics et privés ».
Il n’existe aucune donnée précise sur la participation du secteur privé à la fourniture de contraceptifs et de services de planification familiale, mais un haut fonctionnaire du ministère de la Population pakistanais estime que le rapport public-privé est de 70/30. « Le secteur privé est un acteur important, et son aide est nécessaire à l’amélioration de la planification de la population », a indiqué le fonctionnaire, qui a demandé à garder l’anonymat car il n’est pas autorisé à s’adresser à la presse.
Manque de sensibilisation aux techniques de planification familiale
Le manque de sensibilisation est un problème pour Mohammed Ghafoor, un chauffeur de taxi de 30 ans de la ville de Rawalpindi. Il est inquiet pour la santé de sa fille âgée de 10 jours et l’a emmenée au Holy Family Hospital pour faire des analyses. La petite fille est le quatrième enfant du couple ; l’aîné est âgé de six ans.
« Je conduis mon taxi du lever du jour jusqu’à minuit, et avec l’augmentation du prix des carburants, je gagne environ 200 roupies [un peu plus de 2 dollars] par jour. Et maintenant, j’ai une bouche de plus à nourrir », a dit M. Ghafoor. « Nous avons déménagé de Sialkot et nous n’avons pas de famille ici, alors ma femme ne peut pas aller à l’hôpital toute seule. Je n’avais pas le temps de la conduire chez le médecin ».
M. Ghafoor et sa femme ne souhaitent plus avoir d’enfants ; les deux dernières grossesses n’étaient pas prévues. Ils ont cherché des informations sur la planification familiale, mais la situation s’est aggravée après la naissance de leur dernier enfant.
Au Pakistan, une grossesse sur trois n’est pas prévue, selon un
rapport
sur les questions de population réalisé en 2011 par le Wilson Centre.
« J’ai été obligé de retirer mon aîné de l’école, car je ne peux pas payer les frais de scolarité. Tous les jours, il pleure, il dit qu’il veut aller à l’école. Je lui dis que soit nous avons de quoi manger, soit il va à l’école, et il dit qu’il préfèrerait ne pas manger », a dit M. Ghafoor. « Comment lui faire comprendre ? Comment faire pour changer la situation ? ».
Croissance démographique et augmentation de la pauvreté
Ce choix, les familles pakistanaises ordinaires le font chaque jour, et il a un effet de contagion sur la croissance démographique dans un pays où les opportunités économiques sont limitées.
« Il y a une relation étroite entre démographie et pauvreté. De toute évidence, si l’on regarde les familles nombreuses, il y a de fortes chances qu’elles soient pauvres », a dit Rabbi Royan, représentant de l’UNFPA au Pakistan.
« Les ressources dont disposent les parents devront être partagées entre davantage d’enfants. Les parents d’une famille moins nombreuse auront davantage d’argent à partager entre moins d’enfants, donc ils auront de meilleurs soins de santé et une meilleure éducation », a-t-il dit.
« Cela offre la possibilité de réduire la pauvreté et la transmission intergénérationnelle de la pauvreté ».
Sept millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés, et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) indique que 30 pour cent des Pakistanais sont dans un état de « pauvreté éducative extrême » - enfant scolarisé pendant moins de deux ans.
Les infrastructures sanitaires du pays sont insuffisantes pour satisfaire la demande, en raison du manque de médecins et d’installations essentielles dans plusieurs régions.
Par exemple, seuls 45 pour cent des accouchements sont réalisés par un personnel qualifié, selon un
rapport
sur l’état de la population mondiale publié par l’UNFPA en 2012.
Un dividende démographique ?
L’échec du Pakistan à maîtriser la croissance démographique et à réduire le taux de fertilité s’est traduit par un rajeunissement de la population au cours de ces dernières décennies.
« J’ai été obligé de retirer mon aîné de l’école, car je ne peux pas payer les frais de scolarité. Tous les jours, il pleure, il dit qu’il veut aller à l’école »
Aujourd’hui, deux tiers des Pakistanais ont moins de 30 ans et le pays a l’une des populationsles plus jeunes du monde. Plusieurs hauts responsables gouvernementaux ont utilisé le terme de « dividende démographique » pour qualifier la situation, et ont indiqué espérer que cette population jeune pourra stimuler la croissance et ramener la prospérité au Pakistan.
« La réduction du taux de fertilité est nécessaire pour dégager un dividende démographique. Avec une réduction du taux de fertilité, le ratio dépendants/actifs est moins important, il est possible d’investir davantage pour générer de la croissance », a dit à IRIN M. Royan de l’UNFPA.
« Si je consacre moins d’argent à l’éducation et aux autres besoins de mes enfants, je fais des économies, qui s’ajoutent à l’argent économisé dans le reste du pays. Cela permettra de stimuler les investissements et donc la croissance économique ».
Pour bénéficier d’un dividende démographique, indiquent les experts, il faut investir dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des infrastructures. Sans investissements, l’augmentation de la population peut produire l’effet inverse, engendrer une frustration et un ressentiment croissants dans les segments de la population privés de services de base et d’opportunités.
« Une croissance démographique non planifiée et rapide peut avoir des conséquences très sérieuses et négatives. L’État dispose de ressources limitées, sous pression ; avec une croissance non planifiée, la demande sera énorme », a dit la conseillère du Premier ministre Shahnaz Wazir Ali.
« Il y aura des conséquences économiques, car une grande partie des ressources est déjà allouée au logement, à l’alimentation, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux infrastructures qui y sont liées. Le désespoir et la frustration que ressentent les jeunes peuvent les conduire à entreprendre des activités criminelles, violentes et hostiles à l’État ».
Risque d’extrémisme ?
L’étude réalisée en 2011 par le Wilson Center sur les questions démographiques au Pakistan soulève la même inquiétude, soulignant que les échecs du pays dans l’éducation et l’accroissement des disparités économiques sont deux principaux facteurs qui contribuent à une augmentation des activités extrémistes.
Les ressources limitées, l’augmentation de la demande, l’accroissement de la population et l’instabilité que cela engendre font entrer le Pakistan dans un cercle vicieux.
« J’entends toujours ces inepties à propos d’un dividende démographique et d’une population jeune. Mais qu’avons-nous donné à ces jeunes ? Leur avons-nous donné une place dans l’économie et dans la société ? », a demandé l’économiste M. Kardar. « Ils regardent ce qu’il se passe autour d’eux et ils ressentent de la colère et de la frustration ».
« Les talibans sont notre dividende démographique ».
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Une croissance de 8 pour cent est nécessaire pour assurer le plein emploi
La sensibilisation de la population aux contraceptifs est faible
30 pour cent des habitants sont en état de « pauvreté éducative extrême »
Les jeunes ressentent « de la frustration et de la colère »
ISLAMABAD, 6 décembre 2012 (IRIN) - Le taux de natalité élevé ne facilite pas la vie des 180 millions de Pakistanais déjà confrontés à l’instabilité politique, au marasme économique et aux catastrophes naturelles.
Les pressions intérieures au Pakistan, le sixième pays le plus peuplé du monde, vont être plus fortes avant de se résorber : le taux de croissance de la population, qui est de 2,03 pour cent, est le plus élevé d’Asie du Sud, et l’indice synthétique de fécondité, c’est-à-dire le nombre d’enfants moyen par femme, est de 3,5 enfants, c’est-à-dire le plus élevé de la région.
Selon le gouvernement, le Pakistan devrait
franchir la barre des 242 millions
d’habitants d’ici 2030.
L’échec à gérer la croissance démographique exerce une pression supplémentaire sur une population qui souffre déjà de l’insuffisance des services de base et du manque de développement social.
Les infrastructures sanitaires et éducatives pakistanaises disposent de peu de fonds, et les experts s’interrogent sur la qualité des services financés avec les budgets existants. Une économie fragile, une croissance faible, l’insécurité alimentaire et le chômage sont autant de défis à relever.
« Le problème, c’est qu’une large partie de la population est analphabète et n’a pas reçu de formation adaptée, elle n’est donc pas capable de contribuer à l’économie », a dit Shahid Kardar, économiste et ancien gouverneur de la Banque d’État du Pakistan.
« [Selon les tendances démographiques au Pakistan], il faudrait un taux de croissance du PIB de l’ordre de 8 pour cent pour leur fournir un emploi ». Le taux de croissance du PIB du Pakistan n’a
pas excédé 3,7 pour cent au cours des cinq dernières années
.
Si la croissance démographique n’est pas maitrisée, indiquent les experts, les tendances négatives seront exacerbées, car les ressources sont limitées et les améliorations dans la fourniture des services ne permettent pas de satisfaire la demande.
Faible recours à la contraception
Le manque de connaissance sur la contraception et le manque de disponibilité des méthodes contraceptives constituent un autre problème.
Le taux de prévalence contraceptive n’est que de 27 pour cent, et seulement 19 pour cent des habitants utilisent des méthodes de contraception modernes, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).
Si la demande de contraception est en augmentation, on constate qu’au moins
un quart des demandes
ne sont pas satisfaites.
« Il faut lancer un effort à long terme pour assurer la disponibilité des contraceptifs. On note une augmentation de la demande de contraceptifs, mais une partie de la demande n’est pas satisfaite. Bon nombre de couples souhaitent en utiliser, mais ils manquent d’informations sur les contraceptifs ou n’y ont pas accès », a dit Shahnaz Wazir Ali, conseillère des affaires sociales au cabinet du Premier ministre.
« La principale priorité a été d’assurer l’information de la population sur la planification familiale et l’accès aux contraceptifs avec l’aide des secteurs publics et privés ».
Il n’existe aucune donnée précise sur la participation du secteur privé à la fourniture de contraceptifs et de services de planification familiale, mais un haut fonctionnaire du ministère de la Population pakistanais estime que le rapport public-privé est de 70/30. « Le secteur privé est un acteur important, et son aide est nécessaire à l’amélioration de la planification de la population », a indiqué le fonctionnaire, qui a demandé à garder l’anonymat car il n’est pas autorisé à s’adresser à la presse.
Manque de sensibilisation aux techniques de planification familiale
Le manque de sensibilisation est un problème pour Mohammed Ghafoor, un chauffeur de taxi de 30 ans de la ville de Rawalpindi. Il est inquiet pour la santé de sa fille âgée de 10 jours et l’a emmenée au Holy Family Hospital pour faire des analyses. La petite fille est le quatrième enfant du couple ; l’aîné est âgé de six ans.
« Je conduis mon taxi du lever du jour jusqu’à minuit, et avec l’augmentation du prix des carburants, je gagne environ 200 roupies [un peu plus de 2 dollars] par jour. Et maintenant, j’ai une bouche de plus à nourrir », a dit M. Ghafoor. « Nous avons déménagé de Sialkot et nous n’avons pas de famille ici, alors ma femme ne peut pas aller à l’hôpital toute seule. Je n’avais pas le temps de la conduire chez le médecin ».
M. Ghafoor et sa femme ne souhaitent plus avoir d’enfants ; les deux dernières grossesses n’étaient pas prévues. Ils ont cherché des informations sur la planification familiale, mais la situation s’est aggravée après la naissance de leur dernier enfant.
Au Pakistan, une grossesse sur trois n’est pas prévue, selon un
rapport
sur les questions de population réalisé en 2011 par le Wilson Centre.
« J’ai été obligé de retirer mon aîné de l’école, car je ne peux pas payer les frais de scolarité. Tous les jours, il pleure, il dit qu’il veut aller à l’école. Je lui dis que soit nous avons de quoi manger, soit il va à l’école, et il dit qu’il préfèrerait ne pas manger », a dit M. Ghafoor. « Comment lui faire comprendre ? Comment faire pour changer la situation ? ».
Croissance démographique et augmentation de la pauvreté
Ce choix, les familles pakistanaises ordinaires le font chaque jour, et il a un effet de contagion sur la croissance démographique dans un pays où les opportunités économiques sont limitées.
« Il y a une relation étroite entre démographie et pauvreté. De toute évidence, si l’on regarde les familles nombreuses, il y a de fortes chances qu’elles soient pauvres », a dit Rabbi Royan, représentant de l’UNFPA au Pakistan.
« Les ressources dont disposent les parents devront être partagées entre davantage d’enfants. Les parents d’une famille moins nombreuse auront davantage d’argent à partager entre moins d’enfants, donc ils auront de meilleurs soins de santé et une meilleure éducation », a-t-il dit.
« Cela offre la possibilité de réduire la pauvreté et la transmission intergénérationnelle de la pauvreté ».
Sept millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés, et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) indique que 30 pour cent des Pakistanais sont dans un état de « pauvreté éducative extrême » - enfant scolarisé pendant moins de deux ans.
Les infrastructures sanitaires du pays sont insuffisantes pour satisfaire la demande, en raison du manque de médecins et d’installations essentielles dans plusieurs régions.
Par exemple, seuls 45 pour cent des accouchements sont réalisés par un personnel qualifié, selon un
rapport
sur l’état de la population mondiale publié par l’UNFPA en 2012.
Un dividende démographique ?
L’échec du Pakistan à maîtriser la croissance démographique et à réduire le taux de fertilité s’est traduit par un rajeunissement de la population au cours de ces dernières décennies.
« J’ai été obligé de retirer mon aîné de l’école, car je ne peux pas payer les frais de scolarité. Tous les jours, il pleure, il dit qu’il veut aller à l’école »
Aujourd’hui, deux tiers des Pakistanais ont moins de 30 ans et le pays a l’une des populationsles plus jeunes du monde. Plusieurs hauts responsables gouvernementaux ont utilisé le terme de « dividende démographique » pour qualifier la situation, et ont indiqué espérer que cette population jeune pourra stimuler la croissance et ramener la prospérité au Pakistan.
« La réduction du taux de fertilité est nécessaire pour dégager un dividende démographique. Avec une réduction du taux de fertilité, le ratio dépendants/actifs est moins important, il est possible d’investir davantage pour générer de la croissance », a dit à IRIN M. Royan de l’UNFPA.
« Si je consacre moins d’argent à l’éducation et aux autres besoins de mes enfants, je fais des économies, qui s’ajoutent à l’argent économisé dans le reste du pays. Cela permettra de stimuler les investissements et donc la croissance économique ».
Pour bénéficier d’un dividende démographique, indiquent les experts, il faut investir dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des infrastructures. Sans investissements, l’augmentation de la population peut produire l’effet inverse, engendrer une frustration et un ressentiment croissants dans les segments de la population privés de services de base et d’opportunités.
« Une croissance démographique non planifiée et rapide peut avoir des conséquences très sérieuses et négatives. L’État dispose de ressources limitées, sous pression ; avec une croissance non planifiée, la demande sera énorme », a dit la conseillère du Premier ministre Shahnaz Wazir Ali.
« Il y aura des conséquences économiques, car une grande partie des ressources est déjà allouée au logement, à l’alimentation, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux infrastructures qui y sont liées. Le désespoir et la frustration que ressentent les jeunes peuvent les conduire à entreprendre des activités criminelles, violentes et hostiles à l’État ».
Risque d’extrémisme ?
L’étude réalisée en 2011 par le Wilson Center sur les questions démographiques au Pakistan soulève la même inquiétude, soulignant que les échecs du pays dans l’éducation et l’accroissement des disparités économiques sont deux principaux facteurs qui contribuent à une augmentation des activités extrémistes.
Les ressources limitées, l’augmentation de la demande, l’accroissement de la population et l’instabilité que cela engendre font entrer le Pakistan dans un cercle vicieux.
« J’entends toujours ces inepties à propos d’un dividende démographique et d’une population jeune. Mais qu’avons-nous donné à ces jeunes ? Leur avons-nous donné une place dans l’économie et dans la société ? », a demandé l’économiste M. Kardar. « Ils regardent ce qu’il se passe autour d’eux et ils ressentent de la colère et de la frustration ».
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