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dimanche 26 mai 2013
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LIBAN: Inquiétude pour les réfugiés syriens à l'approche de l'hiver
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Issam Abdallah/IRIN
Des réfugiés syriens du Liban reçoivent des couvertures à l'approche de l'hiver
BEYROUTH/TAALABAYA, 22 novembre 2012 (IRIN) - L'hiver approche rapidement pour les réfugiés syriens au Liban qui font face à des températures nocturnes souvent en dessous de zéro.
Lana, 21 ans, originaire de la banlieue de Damas, s'inquiète pour son bébé de trois mois.
Craignant pour la sécurité de sa fille âgée de 10 jours, elle a décidé de fuir la Syrie, alors que les premières bombes tombaient sur Damas. Depuis deux mois, elle vit à Taalabaya, dans la région de la vallée de la Bekaa au Liban.
« Je ne sais pas comment mon bébé va passer l'hiver, il fait de plus en plus froid », a-t-elle dit.
Elle s'est rendue à trois reprises au centre Caritas de la ville pour demander de l'aide, mais, pour l'instant, on ne lui a même pas donné une couverture ou un radiateur.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et des organisations non gouvernementales (ONG) partenaires locales ont commencé à se préparer pour l'hiver, mais les choses évoluent lentement alors que l'on s'inquiète du manque d'abris et de chauffage pour les 110 000 réfugiés syriens (enregistrés ou en attente de l'être), selon des
estimations du HCR
.
« La préparation à l'hiver est notre priorité », a dit à IRIN Dana Sleiman, collaboratrice adjointe chargée de l'information pour le HCR à Beyrouth.
Des familles syriennes sont installées dans des édifices publics et des écoles sans porte et sans vitre aux fenêtres. Le HCR prévoit d'effectuer des réparations au cours des prochaines semaines.
Le plan global prévoit la distribution de matelas, de couvertures, de vêtements chauds, de réchauds pour le chauffage et de combustible avec l'aide de ses partenaires, y compris Caritas, le Programme alimentaire mondial (PAM), le Conseil danois pour les réfugiés, Vision mondiale, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).
Les organisations humanitaires craignent que les réfugiés hébergés par des familles libanaises pauvres dans le Nord et dans les régions de la vallée de la Bekaa - les parties les plus froides de la région - soient confrontés à des conditions particulièrement difficiles. Dans la vallée de la Bekaa, les températures nocturnes ne dépassent pas huit degrés Celsius et elles devraient tomber en dessous de zéro au cours des prochains mois.
« Il n'y a pas suffisamment d'appartements à louer et les loyers sont trop élevés. Nous avons rencontré des familles qui vivent dans des garages dans des conditions insalubres », a dit Maria Abou Diwan, travailleuse sociale auprès de Caritas à Taalabaya.
Quelque 50 réfugiés (enregistrés en tant que réfugiés ou en attente de recevoir les documents délivrés par le HCR) se présentent au centre chaque jour pour recevoir de la nourriture et des trousses d'hygiène. Ils laissent leur numéro de téléphone et leur adresse afin qu'une ONG leur rende visite pour évaluer leurs conditions de vie.
Pas de camp, beaucoup de tentes
Il n'est pas rare que des familles de réfugiés vivent à cinq ou plus dans une pièce ou qu'elles dorment sur des matelas de fortune dans des édifices publics ou des écoles.
L'eau potable est rare et il faut avoir le cour bien accroché pour se servir des toilettes.
Au Liban, un nombre croissant de réfugiés syriens louent de petits appartements pour 100 à 300 dollars par mois.
Les familles libanaises qui hébergent des réfugiés leur demandent de plus en plus souvent de payer une partie du loyer.
Le gouvernement libanais fait son possible pour ne pas avoir à établir des camps officiels pour les réfugiés syriens, mais le nombre de camps de tentes augmente rapidement dans la vallée de la Bekaa. Les propriétaires terriens locaux installent des tentes pour gagner de l'argent : ils les vendent entre 300 et 700 dollars ou les louent pour environ 200 dollars par mois, a dit Mme Maria.
À Torbol, un district de Taalabaya, plus de 200 familles vivent dans des tentes, sans électricité, sans égouts, sans eau ou sans routes revêtues. « Nous n'avons rien », a dit une jeune réfugiée aux longues tresses noires en montrant la tente qu'elle partage avec sa famille. À l'intérieur, il n'y avait que des matelas et quelques tapis.
Lorsque les journalistes d'IRIN se sont rendus sur place, Caritas distribuait des couvertures aux 100 familles enregistrées. Un vieil homme discutait d'une voix forte avec des travailleurs sociaux et se plaignait de n'avoir reçu que deux couvertures pour les sept membres de sa famille.
« Caritas et les autres organisations caritatives nous ont fait beaucoup de promesses, mais elles n'ont pas fait grand-chose jusqu'à présent », a dit Abu Majed, un réfugié syrien de 25 ans originaire de Homs. Depuis six mois, il vit avec sa femme et leurs deux enfants dans une tente.
« La vie est très dure au Liban, tout est trop cher et nous ne trouvons pas de travail. Maintenant, je crains l'hiver. Nous n'avons pas de couverture, pas de gaz, pas de radiateur », a-t-il dit.
Mme Maria de Caritas a dit à IRIN : « Nous avons toujours besoin d'argent pour acheter de la nourriture, des vêtements, du combustible et des réchauds ».
Le mois dernier, l'ONG a indiqué dans un
communiqué de presse publié sur Internet
: « Malheureusement, faute de ressources, Caritas Liban n'a pas les moyens de proposer des hébergements en ce moment ».
Le HCR a également déjà indiqué que la dispersion des réfugiés syriens au Liban rend plus difficile la distribution de l'aide dans les régions éloignées.
« Les abris sont notre principal défi aujourd'hui », a dit Mme Sleiman.
Un afflux croissant
Le flot continu des réfugiés syriens au Liban va compliquer la situation.
« Nous devons nous préparer à venir en aide à un nombre croissant de réfugiés. L'afflux de réfugiés reste stable pour l'instant. D'ici à décembre, nous pourrions dépasser le nombre de 120 000 », a dit Mme Sleiman.
En octobre, le HCR a indiqué que le Liban était devenu le troisième pays de la région à voir sa population de réfugiés syriens enregistrés -et ceux en attente de l'être - dépasser les 100 000.
Caritas
estime
cependant que le Liban compte plus de 200 000 réfugiés qui n'ont pas encore été enregistrés, notamment dans le sud du pays.
« La Turquie et la Jordanie ont déjà des populations réfugiées qui excèdent ce chiffre et pour toute la région, leur nombre s'élève désormais à plus de 358 000. Les autorités des pays frontaliers de la Syrie estiment qu'il y a des dizaines de milliers d'autres Syriens qui ne se sont pas encore enregistrés », a dit Melissa Fleming, porte-parole en chef du HCR, à des journalistes à Genève le mois dernier.
Les Nations Unies ont récemment lancé un appel de fonds de 488 millions de dollars pour venir en aide à près de 300 000 réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Irak et en Turquie. Selon les dernières statistiques du HCR, le nombre total de réfugiés pourrait atteindre 700 000 dans quelques mois.
Au début du mois d'octobre, le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a rencontré Derek Plumbly, le coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban, afin d'évoquer les arrangements financiers et humanitaires pour le nombre croissant de réfugiés syriens à l'approche de l'hiver.
« La coordination entre les autorités, les Nations Unies et les ONG pour faire face aux besoins des réfugiés est étroite », a dit M. Plumbly aux journalistes après sa rencontre avec le Premier ministre.
cm/jj/cb-mg/amz
Theme (s)
:
Migration
,
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Des réfugiés syriens du Liban reçoivent des couvertures à l'approche de l'hiver
BEYROUTH/TAALABAYA, 22 novembre 2012 (IRIN) - L'hiver approche rapidement pour les réfugiés syriens au Liban qui font face à des températures nocturnes souvent en dessous de zéro.
Lana, 21 ans, originaire de la banlieue de Damas, s'inquiète pour son bébé de trois mois.
Craignant pour la sécurité de sa fille âgée de 10 jours, elle a décidé de fuir la Syrie, alors que les premières bombes tombaient sur Damas. Depuis deux mois, elle vit à Taalabaya, dans la région de la vallée de la Bekaa au Liban.
« Je ne sais pas comment mon bébé va passer l'hiver, il fait de plus en plus froid », a-t-elle dit.
Elle s'est rendue à trois reprises au centre Caritas de la ville pour demander de l'aide, mais, pour l'instant, on ne lui a même pas donné une couverture ou un radiateur.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et des organisations non gouvernementales (ONG) partenaires locales ont commencé à se préparer pour l'hiver, mais les choses évoluent lentement alors que l'on s'inquiète du manque d'abris et de chauffage pour les 110 000 réfugiés syriens (enregistrés ou en attente de l'être), selon des
estimations du HCR
.
« La préparation à l'hiver est notre priorité », a dit à IRIN Dana Sleiman, collaboratrice adjointe chargée de l'information pour le HCR à Beyrouth.
Des familles syriennes sont installées dans des édifices publics et des écoles sans porte et sans vitre aux fenêtres. Le HCR prévoit d'effectuer des réparations au cours des prochaines semaines.
Le plan global prévoit la distribution de matelas, de couvertures, de vêtements chauds, de réchauds pour le chauffage et de combustible avec l'aide de ses partenaires, y compris Caritas, le Programme alimentaire mondial (PAM), le Conseil danois pour les réfugiés, Vision mondiale, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).
Les organisations humanitaires craignent que les réfugiés hébergés par des familles libanaises pauvres dans le Nord et dans les régions de la vallée de la Bekaa - les parties les plus froides de la région - soient confrontés à des conditions particulièrement difficiles. Dans la vallée de la Bekaa, les températures nocturnes ne dépassent pas huit degrés Celsius et elles devraient tomber en dessous de zéro au cours des prochains mois.
« Il n'y a pas suffisamment d'appartements à louer et les loyers sont trop élevés. Nous avons rencontré des familles qui vivent dans des garages dans des conditions insalubres », a dit Maria Abou Diwan, travailleuse sociale auprès de Caritas à Taalabaya.
Quelque 50 réfugiés (enregistrés en tant que réfugiés ou en attente de recevoir les documents délivrés par le HCR) se présentent au centre chaque jour pour recevoir de la nourriture et des trousses d'hygiène. Ils laissent leur numéro de téléphone et leur adresse afin qu'une ONG leur rende visite pour évaluer leurs conditions de vie.
Pas de camp, beaucoup de tentes
Il n'est pas rare que des familles de réfugiés vivent à cinq ou plus dans une pièce ou qu'elles dorment sur des matelas de fortune dans des édifices publics ou des écoles.
L'eau potable est rare et il faut avoir le cour bien accroché pour se servir des toilettes.
Au Liban, un nombre croissant de réfugiés syriens louent de petits appartements pour 100 à 300 dollars par mois.
Les familles libanaises qui hébergent des réfugiés leur demandent de plus en plus souvent de payer une partie du loyer.
Le gouvernement libanais fait son possible pour ne pas avoir à établir des camps officiels pour les réfugiés syriens, mais le nombre de camps de tentes augmente rapidement dans la vallée de la Bekaa. Les propriétaires terriens locaux installent des tentes pour gagner de l'argent : ils les vendent entre 300 et 700 dollars ou les louent pour environ 200 dollars par mois, a dit Mme Maria.
À Torbol, un district de Taalabaya, plus de 200 familles vivent dans des tentes, sans électricité, sans égouts, sans eau ou sans routes revêtues. « Nous n'avons rien », a dit une jeune réfugiée aux longues tresses noires en montrant la tente qu'elle partage avec sa famille. À l'intérieur, il n'y avait que des matelas et quelques tapis.
Lorsque les journalistes d'IRIN se sont rendus sur place, Caritas distribuait des couvertures aux 100 familles enregistrées. Un vieil homme discutait d'une voix forte avec des travailleurs sociaux et se plaignait de n'avoir reçu que deux couvertures pour les sept membres de sa famille.
« Caritas et les autres organisations caritatives nous ont fait beaucoup de promesses, mais elles n'ont pas fait grand-chose jusqu'à présent », a dit Abu Majed, un réfugié syrien de 25 ans originaire de Homs. Depuis six mois, il vit avec sa femme et leurs deux enfants dans une tente.
« La vie est très dure au Liban, tout est trop cher et nous ne trouvons pas de travail. Maintenant, je crains l'hiver. Nous n'avons pas de couverture, pas de gaz, pas de radiateur », a-t-il dit.
Mme Maria de Caritas a dit à IRIN : « Nous avons toujours besoin d'argent pour acheter de la nourriture, des vêtements, du combustible et des réchauds ».
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« Nous devons nous préparer à venir en aide à un nombre croissant de réfugiés. L'afflux de réfugiés reste stable pour l'instant. D'ici à décembre, nous pourrions dépasser le nombre de 120 000 », a dit Mme Sleiman.
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Les Nations Unies ont récemment lancé un appel de fonds de 488 millions de dollars pour venir en aide à près de 300 000 réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Irak et en Turquie. Selon les dernières statistiques du HCR, le nombre total de réfugiés pourrait atteindre 700 000 dans quelques mois.
Au début du mois d'octobre, le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a rencontré Derek Plumbly, le coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban, afin d'évoquer les arrangements financiers et humanitaires pour le nombre croissant de réfugiés syriens à l'approche de l'hiver.
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