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SOUDAN DU SUD: Mary Sezerina, « Je suis condamnée à mort, mais on ne m’a pas dit quand »
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Hannah McNeish/IRIN
DJOUBA, 7 novembre 2012 (IRIN) - Plus de cent prisonniers croupissent dans le couloir de la mort de la prison centrale de Djouba au Soudan du Sud. Cette prison est l’un des trois établissements qui accueillent des personnes condamnées pour homicide et qui attendent l’exécution de leur peine.
Alors que cette nouvelle nation lutte pour établir une force de police et un nouveau système judiciaire après des décennies de guerre civile, les groupes de défense des droits de l’homme appellent à l’abolition de la peine de mort.
Mary Sezerina, 45 ans et mère de cinq enfants, a avoué son crime. Pourtant, comme bien d’autres, elle dit ne pas avoir eu le droit de se défendre lorsqu’elle a été jugée pour avoir tué un membre de sa famille, il y a sept ans. Elle a raconté son histoire à IRIN.
« Je suis ici parce qu’il y a un problème : j’ai tué quelqu’un et c’est pour cela que je suis ici.
Les policiers m’ont gardée au poste pendant deux jours, puis ils m’ont amenée ici.
J’ai tué ma belle-sœur, parce qu’elle venait chez moi et volait des choses avant de s’enfuir. Un jour, lorsqu’elle est revenue voler, j’ai pris une hache et je l’ai tuée.
Il n’y avait pas d’avocat pour me défendre. Ensuite, mon mari est mort, alors je n’avais pas d’argent pour réparer ce que j’avais fait. C’est pour cela que je suis ici. (Le droit coutumier du Soudan du Sud autorise les coupables à donner des vaches à la famille de la victime au lieu d’être condamnés à une peine de prison.)
Je suis condamnée à mort, mais on ne m’a pas dit quand. On ne dit jamais quand.
Cela fait cinq ans que j’ai cette chaîne [aux pieds]. La vie en prison c’est comme entrer dans le gouffre de l’enfer. Vous restez là et personne ne s’occupe de vous.
J’ai fait appel il y a deux ans, mais aucun de mes proches ne peut s’occuper [de me trouver un avocat], alors je reste ici. J’ai cinq enfants, mais ils sont très pauvres et ne peuvent pas demander de recours. Maintenant, quand ils viennent me rendre visite, ils ne font que pleurer et je pleure aussi [...] La plus jeune n’a que huit ans.
Lorsque j’ai tué, c’était la volonté du diable, c’était plus fort que moi. Maintenant que je suis en prison, mon cœur est libre et je n’ai aucun ressentiment envers mes proches.
Il y a eu un référendum, il y a eu une élection et il y a eu l’indépendance. Maintenant, Omar Al-Bachir a été remplacé par un autre président, mais rien n’a changé ici, en prison. Dehors, tout le monde est probablement heureux, car nous avons un nouveau pays, mais ici, nous ne sommes pas heureux. Ils ont changé le gouvernement, mais rien n’a changé ici. »
hm/rz –ld/amz
Theme (s)
:
Démocratie et gouvernance
,
Droits de l'homme
,
Sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Alors que cette nouvelle nation lutte pour établir une force de police et un nouveau système judiciaire après des décennies de guerre civile, les groupes de défense des droits de l’homme appellent à l’abolition de la peine de mort.
Mary Sezerina, 45 ans et mère de cinq enfants, a avoué son crime. Pourtant, comme bien d’autres, elle dit ne pas avoir eu le droit de se défendre lorsqu’elle a été jugée pour avoir tué un membre de sa famille, il y a sept ans. Elle a raconté son histoire à IRIN.
« Je suis ici parce qu’il y a un problème : j’ai tué quelqu’un et c’est pour cela que je suis ici.
Les policiers m’ont gardée au poste pendant deux jours, puis ils m’ont amenée ici.
J’ai tué ma belle-sœur, parce qu’elle venait chez moi et volait des choses avant de s’enfuir. Un jour, lorsqu’elle est revenue voler, j’ai pris une hache et je l’ai tuée.
Il n’y avait pas d’avocat pour me défendre. Ensuite, mon mari est mort, alors je n’avais pas d’argent pour réparer ce que j’avais fait. C’est pour cela que je suis ici. (Le droit coutumier du Soudan du Sud autorise les coupables à donner des vaches à la famille de la victime au lieu d’être condamnés à une peine de prison.)
Je suis condamnée à mort, mais on ne m’a pas dit quand. On ne dit jamais quand.
Cela fait cinq ans que j’ai cette chaîne [aux pieds]. La vie en prison c’est comme entrer dans le gouffre de l’enfer. Vous restez là et personne ne s’occupe de vous.
J’ai fait appel il y a deux ans, mais aucun de mes proches ne peut s’occuper [de me trouver un avocat], alors je reste ici. J’ai cinq enfants, mais ils sont très pauvres et ne peuvent pas demander de recours. Maintenant, quand ils viennent me rendre visite, ils ne font que pleurer et je pleure aussi [...] La plus jeune n’a que huit ans.
Lorsque j’ai tué, c’était la volonté du diable, c’était plus fort que moi. Maintenant que je suis en prison, mon cœur est libre et je n’ai aucun ressentiment envers mes proches.
Il y a eu un référendum, il y a eu une élection et il y a eu l’indépendance. Maintenant, Omar Al-Bachir a été remplacé par un autre président, mais rien n’a changé ici, en prison. Dehors, tout le monde est probablement heureux, car nous avons un nouveau pays, mais ici, nous ne sommes pas heureux. Ils ont changé le gouvernement, mais rien n’a changé ici. »
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