English
|
عربي
|
Mobile
|
A propos d’IRIN
mercredi 22 mai 2013
Recherche avancée
nouvelles et analyses humanitaires
Un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies
- Tous les pays -
Afrique du Sud
Afghanistan
Angola
Bangladesh
Bénin
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cambodge
Cameroun
Cap vert
Colombie
Comores
Congo
Côte d'Ivoire
Djibouti
Egypte
Erythrée
Ethiopie
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Haïti
Indonésie
Irak
Iran
Israël
Jordanie
Kenya
Kirghizistan
Laos
Lesotho
Liban
Liberia
Libye
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Maurice
Mozambique
Myanmar
Namibie
Népal
Niger
Nigeria
Ouganda
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
RDC
République Centrafricaine
Rwanda
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Soudan
Soudan du Sud
Sri Lanka
Swaziland
Syrie
Tadjikistan
Tanzanie
Tchad
Thaïlande
Timor-Leste
Togo
TPO
Turkménistan
Vietnam
Yémen
Zambie
Zimbabwe
Inscrivez-vous à nos alertes email
|
Connexion
Analyses
Monde
Afrique
PAGE D’ACCUEIL - AFRIQUE
AFRIQUE DE L'EST
Kenya
Soudan du Sud
Soudan
Tanzanie
Ouganda
GRANDS LACS
Burundi
République Centrafricaine
Congo
RDC
Rwanda
CORNE DE L'AFRIQUE
Djibouti
Erythrée
Ethiopie
Somalie
AFRIQUE AUSTRALE
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Comores
Lesotho
Madagascar
Malawi
Maurice
Mozambique
Namibie
Seychelles
Swaziland
Zambie
Zimbabwe
AFRIQUE DE L'OUEST
Bénin
Burkina Faso
Cameroun
Cap vert
Côte d'Ivoire
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Liberia
Mali
Mauritanie
Niger
Nigeria
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Sierra Leone
Tchad
Togo
Film:
Sables mouvants
Fux RSS - Afrique
Asie
PAGE D’ACCUEIL - ASIE
Afghanistan
Bangladesh
Cambodge
Indonésie
Iran
Kirghizistan
Laos
Myanmar
Népal
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
Sri Lanka
Tadjikistan
Thaïlande
Timor-Leste
Turkménistan
Vietnam
Film:
Guerre civile au Népal
Flux RSS - Asie
Moyen-Orient
PAGE D’ACCUEIL - MOYEN ORIENT
Egypte
Irak
Israël
Jordanie
Liban
Libye
OPT
Syrie
Yémen
L'Echo de la guerre
Flux RSS - Moyen Orient
PlusNews
Dossiers
L’Irak 10 ans après - Aperçu de la situation humanitaire
Renforcer la résilience
L’Humanitaire dans un monde qui s’urbanise
Nos Vies - Guide de survie
Film
Photo
Hebdo
Thèmes
Catastrophes naturelles
Démocratie et gouvernance
Droits de l'homme
Eau et Assainissement
Economie
Education
Egalité entre les sexes
Enfant
Environnement
Paix et sécurité
Politique
Réfugiés et déplacés
Santé et nutrition
Sécurité alimentaire
Sécurité
Urbanisation
VIH/SIDA
Analyse: Dialogue et divisions au Yémen
Photo:
Adel Yahya/IRIN
Des membres du Mouvement du Sud (al Hirak) brandissent le drapeau du Yémen du Sud
Le dialogue national devrait débuter le 15 novembre
Le Président fait face à de puissantes factions
La question du Sud pourrait compromettre le processus
SANA’A, 7 novembre 2012 (IRIN) - Près d’un an après la signature de l’accord de paix reposant sur l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le Yémen est engagé sur la voie de la transition politique mais reste profondément divisé, alors que la pauvreté augmente.
Le comité technique, formé en juillet afin d’organiser la transition, rassemble les principaux groupes, à l’exception d’al-Hirak (le Mouvement du Sud). Généralement perçu comme étant neutre et légitime, le comité a proposé un plan d’action en 20 points, mais aucune de ses recommandations n’a pour l’instant été appliquée.
L’accord du CCG souligne que le
dialogue national
est le meilleur moyen d’avancer. Retardé de deux mois, il devrait être lancé le 15 novembre.
Bon nombre de Yéménites sont frustrés par la lenteur des réformes. « Le nouveau Yémen, c’est la même chose que l’ancien Yémen. Les hommes forts du régime de M. [Ali Abdullah] Saleh sont toujours en place, M. Saleh est le seul à être parti », a dit le journaliste Nasser Arrabyee.
L’accord du CCG a toutefois permis d’éviter l’éclatement d’une guerre civile, a dit à IRIN Tim Petschulat, directeur pays de la Fondation Friedrich-Ebert, une organisation non gouvernementale (ONG) allemande présente au Yémen – un fait qui échappe souvent aux nombreux Yéménites qui pensent que la révolution a été récupérée par les élites.
D’autres trouvent que le processus de dialogue est trop opaque pour les citoyens ordinaires.
« Il est perçu comme étant élitiste », a dit à IRIN Colette Fearon, directrice d’Oxfam pour le Yémen. « Le défi est le suivant : Comment instaurer le dialogue à tous les niveaux de la société ? »
Les jeunes se sentent exclus. Le gouvernement de transition est essentiellement composé de membres des JMP (Joint Meeting Parties) et du Congrès général du peuple (CGP). Les jeunes qui ont conduit la révolution et installé des camps de protestation dans les parcs de la ville ont été mis sur la touche, ce qui a suscité de la rancœur.
Selon un rapport publié en septembre 2011 par le think-tank local « Domains Centre for Research and Studies », environ 2 195 people ont trouvé la mort entre février et août 2011 (le pic des manifestations). Parmi ces victimes, on a dénombré 238 jeunes révolutionnaires/manifestants, 600 soldats des unités pro et anti-révolution, et des civils/membres des tribus favorables ou opposés aux jeunes.
Des élections en février 2014 ?
La deuxième étape du processus de transition, qui s’étale sur les six mois à venir, prévoit la signature d’accords sur neuf sujets touchant aux réformes du service public et à la protection des minorités ; à la rédaction d’une nouvelle constitution avant les élections présidentielles et législatives de février 2014 – un calendrier qui semble peu réaliste.
« Je ne vois pas comment on peut l’appliquer d’ici à février 2014. Le dialogue doit porter sur des questions fondamentales », a dit M. Petschulat. « Ce calendrier ne permettra pas de mettre en place un authentique processus conduit par les Yéménites eux-mêmes ».
Le fait qu’un grand nombre de Yéménites soient préoccupés par leur survie constitue un autre obstacle au dialogue. Suite à l’aggravation de la situation économique, bon nombre d’entre eux ont épuisé leurs mécanismes d’adaptation.
Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté atteignait 42 pour cent de la population en 2009 et 54,4 pour cent de la population en 2012 ; les habitants des zones rurales, les femmes et les 507 970 personnes déplacées internes étaient
les plus affectés
.
« La population arrive à peine à survivre et elle constate que le gouvernement ne répond pas à ses besoins fondamentaux. Si elle n’assiste pas à la mise en œuvre progressive des réformes, elle aura le sentiment de ne voir aucun changement positif », a dit Mme. Fearon.
Le combat de M. Hadi contre l’armée
Le président Hadi a quant à lui des difficultés à
restructurer l’armée
et nombreux sont ceux qui doutent de sa capacité à appliquer l’accord du CCG.
Il n’a pas de base de pouvoir et est pris entre deux commandants rivaux - Ahmad Ali Saleh, le fils de l’ancien président, et le général Ali Mohsen. Le premier commande la Garde républicaine, le second la Première division blindée.
Chacun des deux commandants espérait que l’accord du CCG permettrait de réduire le pouvoir militaire de son rival. Jusqu’à présent, seule l’influence de la famille de l’ancien président a été limitée, ce qui, selon ses partisans, démontre que la révolution n’était rien d’autre qu’un complot fomenté par M. Mohsen, a écrit l’influent
International Crisis Group
.
« L’un des commandants pourrait créer le chaos si le dialogue ne lui permet pas de conserver son poste et son influence », a dit Rajeh al-Hasani, un expert militaire du gouvernorat d’Abyan.
Principaux acteurs
Congrès général du peuple (CGP)
– Parti politique dirigé par l’ancien président et soutenu par les hommes forts des tribus et de l’armée qui ont servi sous ses ordres, et par les personnes qui occupent toujours des postes clés au sein de l’armée et de la sécurité
Joint Meeting Parties (JMP)
– Une coalition de six grands partis, soutenue par l’influent cheik Hamid al-Ahmar; son frère aîné Sadiq, qui est à la tête de la Confédération tribale Hashid (HTC) et le général Ali Mohsen.
Le Mouvement du Sud (al Hirak)
– al Hirak réclame la sécession depuis 2007 et le retour à l’État indépendant du Sud d’avant 1990.
Les Houthis
– Un mouvement rebelle chiite zaydite actif dans le Nord et qui lutte pour le rétablissement de l’imamat zaydite d’avant 1962. Selon certaines allégations, le groupe bénéficierait du soutien de l’Iran et, plus récemment, de l’ancien président Saleh.
Deux commandants rivaux
- Ahmad Ali Saleh, fils de l’ancien président, et le général Ali Mohsen Saleh. Le premier commande la Garde républicaine, le second la Première division blindée.
La composition du Comité technique, qui rassemble 25 membres, était relativement équilibrée jusqu’à la nomination par M. Hadi de six membres supplémentaires (généralement considérés comme étant des partisans de M. al-Ahmar et de M. Mohsen).
De plus, le récent remaniement effectué par le gouvernement s’est traduit par la nomination par M. Hadi de personnes originaires de son district d’Abyan à des postes de dirigeants, ce qui, selon certaines personnes, constitue un mauvais présage.
L’ancien président tire-t-il toujours les ficelles ?
Bon nombre d’experts pensent que l’ancien président joue toujours un rôle très actif dans la politique yéménite, notamment grâce à son fils.
Des membres du JMP demandent l’exclusion de l’ancien président de la vie politique (M. Saleh est encore président du CGP), et le remplacement de ses partisans qui occupent des postes clés au sein de l’armée. « M. Saleh s’est vu accorder l’immunité à condition qu’il quitte la politique », a dit M. Sadiq al-Ahmar à IRIN.
L’un des objectifs de l’accord du CCG – la démilitarisation des principales villes – a été partiellement atteint. Les domiciles des dirigeants influents sont toujours placés sous la protection de milices bien armées.
« Les membres du HTC [la Confédération tribale Hashid favorable aux JMP] soutiennent qu’ils veulent mettre en place un État civil, mais leurs actions contredisent leurs paroles. Leurs domiciles à Sanaa sont pleins d’armes », a dit à IRIN Ali Senan, un haut responsable du CGP.
Les Houthis
Bien que ce groupe rebelle chiite, actif dans le nord du pays, dénonce ce qu’il juge être une ingérence des États-Unis et de l’Arabie saoudite, il indique être prêt à participer au dialogue national.
L’insurrection houthiste, qui a débuté en 2004, gronde dans le nord du pays. Certains pensent que les Houthis participent à une guerre par factions interposées pour l’influence régionale qui met aux prises l’Iran et l’Arabie saoudite, mais les Houthis eux-mêmes indiquent se battre pour avoir davantage de poids dans la conduite de leurs affaires.
Des affrontements sporadiques ont été signalés entre les salafistes (qui qualifient les Houthis d’infidèles) et les Houthis dans les gouvernorats d’Amran, de Hajjah et d’al-Jawf dans le nord du pays.
Ces affrontements ont provoqué d’importants déplacements. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), le conflit qui secoue le nord du pays avait entraîné le
déplacement
de 323 992 personnes en septembre 2012.
Les dirigeants houthistes reprochent à M. Hadi d’avoir autorisé les États-Unis à interférer dans les affaires domestiques du Yémen. « Comment peut-on participer au dialogue alors que l’ambassadeur américain est assis à la table ? Nous ne participerons pas à un dialogue supervisé par une Amérique qui tuent des Yéménites avec ses drones », a dit à IRIN Dhaifullah al-Shami, un haut dirigeant houthiste.
Selon un expert, les groupes yéménites se préoccupent avant tout de leurs intérêts personnels. « Seuls leurs intérêts personnels comptent », a dit Abdurrahman al-Marwani, président de Dar al-Salam Organization, une ONG locale.
La question du Sud
Le Mouvement du Sud (al Hirak) ne participe pas au dialogue national.
Alors que plus de 70 pour cent des ressources en pétrole et en gaz sont concentrées dans le sud du pays, bon nombre de sudistes estiment que la réunion de la République démocratique populaire du Yémen (Yémen du Sud) et de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) en 1991 était une erreur. Une guerre civile a secoué le pays pendant deux mois en 1994.
Les militants et les experts indiquent que les tensions croissantes dans le Sud sont dues à l’intransigeance des dirigeants du Nord. « Comment peut-on dialoguer avec ceux qui continuent à s’emparer de nos biens en toute illégalité ? », a demandé Najla Abdulwasea, une militante d’Aden.
« Tout le monde n’est pas favorable à la sécession du Sud. La population veut un dialogue ouvert, sans tabous. Le Mouvement du Sud rejette l’accord du CCG, car l’objectif du dialogue national est le maintien d’un "Yémen uni" », a dit à IRIN M. Petschulat de la Fondation Friedrich-Ebert. « Personne ne croit qu’un gouvernement de Sana’a fera quelque chose dans le Sud ».
« Ces cheiks [du Nord] n’ont pas changé d’attitude pour l’instant et ils aggravent la division dans le pays », a dit Tareq al-Harwi, un autre militant d’Aden.
Mohammed Bel-Ghaith, un professeur de droit à l’université d’Aden, pense que le Mouvement du Sud n’a pas le choix : « Comment les sudistes peuvent-ils accepter de dialoguer alors qu’ils sont traités injustement ? Les sudistes doivent boycotter le dialogue et poursuivre la lutte pour que leurs droits soient rétablis ».
M. Petschulat pense qu’il serait logique que les Houthis, le Mouvement du Sud, les socialistes et d’autres encore construisent une alliance pour réclamer la construction d’un État fédéral doté d’un parlement fort afin de contrer ceux qui souhaitent maintenir un contrôle central : le CGP, qui considère que sa principale réussite – l’unité – est en danger ; les salafistes, qui craignent qu’il soit plus difficile de réclamer un renforcement du pouvoir religieux ; et les Al-Ahmars, dont l’influence serait limitée à Amran, une région pauvre en ressources.
« Jusqu’à présent, les membres du Mouvement du Sud se disent favorables à la sécession », a dit M. Petschulat. « Entre ceux qui demandent la création d’un État central et ceux qui demandent la sécession – la solution fédérale serait un compromis naturel, parce que le Nord devrait refuser de laisser un Sud riche en ressources partir, et parce que la communauté internationale n’est pas favorable à l’indépendance du Sud. La situation se résume à deux choix : un authentique État fédéral ou une guerre civile ».
ay/kb/cb-mg/ag/amz
Theme (s)
:
Alerte précoce
,
Démocratie et gouvernance
,
Paix et sécurité
,
Sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
Partager l’article
Commentaire
votre commentaire
Do not fill this textbox.
FeedBackSuccess
Dernières Nouvelles
L’apport économique du pastoralisme
La réalisation de Hyogo 2
Le coût de la peur
Travail humanitaire dans les bidonvilles
Le microcrédit à Madagascar
De l’eau pour tous au Burkina Faso
Hausse du nombre de victimes de mines
Partager l’article
Articles associés
Analyse: La situation difficile des demandeurs d’asile et des réfugiés LGBTI
Témoignages de migrants – Des Éthiopiens au Yémen racontent les enlèvements et la torture
Difficultés de l’utilisation du microcrédit pour aider les pauvres au Yémen
Exporter du pétrole, importer de l’eau – l’approche économique risquée du Moyen-Orient
Alors que l’aide arrive dans le sud du Yémen, les difficultés se multiplient
PLUS SUR CONFLICT
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
Briefing: Vers des solutions internes à la crise en RDC
La fréquentation scolaire souffre des attaques de Boko Haram dans l’État de Borno
Le renforcement des troupes en RDC peut-il changer les choses ?
L’Irak 10 ans après - Une moindre dépendance à l’égard de l’aide alimentaire
DIAPORAMA
Sierra Leone: La stabilité menacée par le chômage ?
FILM
A la recherche de la stabilité
Dernières Analyses
La réalisation du traité de prévention des catastrophes Hyogo 2
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
Analyse: Aider les travailleurs humanitaires locaux à se bâtir une carrière intéressante
Briefing: La mission intégrée des Nations Unies en Somalie
Analyse: Inciter les gouvernements à financer la RRC
Le renforcement des troupes en RDC peut-il changer les choses ?
Les Plus Lus
Le microcrédit permet aux petites entreprises de changer la donne à Madagascar
Travail humanitaire dans les bidonvilles
La contribution du pastoralisme à l’économie est importante mais ignorée
La réalisation du traité de prévention des catastrophes Hyogo 2
Le coût de la peur
Analyse: Dialogue et divisions au Yémen
Photo:
Adel Yahya/IRIN
Des membres du Mouvement du Sud (al Hirak) brandissent le drapeau du Yémen du Sud
Le dialogue national devrait débuter le 15 novembre
Le Président fait face à de puissantes factions
La question du Sud pourrait compromettre le processus
SANA’A, 7 novembre 2012 (IRIN) - Près d’un an après la signature de l’accord de paix reposant sur l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le Yémen est engagé sur la voie de la transition politique mais reste profondément divisé, alors que la pauvreté augmente.
Le comité technique, formé en juillet afin d’organiser la transition, rassemble les principaux groupes, à l’exception d’al-Hirak (le Mouvement du Sud). Généralement perçu comme étant neutre et légitime, le comité a proposé un plan d’action en 20 points, mais aucune de ses recommandations n’a pour l’instant été appliquée.
L’accord du CCG souligne que le
dialogue national
est le meilleur moyen d’avancer. Retardé de deux mois, il devrait être lancé le 15 novembre.
Bon nombre de Yéménites sont frustrés par la lenteur des réformes. « Le nouveau Yémen, c’est la même chose que l’ancien Yémen. Les hommes forts du régime de M. [Ali Abdullah] Saleh sont toujours en place, M. Saleh est le seul à être parti », a dit le journaliste Nasser Arrabyee.
L’accord du CCG a toutefois permis d’éviter l’éclatement d’une guerre civile, a dit à IRIN Tim Petschulat, directeur pays de la Fondation Friedrich-Ebert, une organisation non gouvernementale (ONG) allemande présente au Yémen – un fait qui échappe souvent aux nombreux Yéménites qui pensent que la révolution a été récupérée par les élites.
D’autres trouvent que le processus de dialogue est trop opaque pour les citoyens ordinaires.
« Il est perçu comme étant élitiste », a dit à IRIN Colette Fearon, directrice d’Oxfam pour le Yémen. « Le défi est le suivant : Comment instaurer le dialogue à tous les niveaux de la société ? »
Les jeunes se sentent exclus. Le gouvernement de transition est essentiellement composé de membres des JMP (Joint Meeting Parties) et du Congrès général du peuple (CGP). Les jeunes qui ont conduit la révolution et installé des camps de protestation dans les parcs de la ville ont été mis sur la touche, ce qui a suscité de la rancœur.
Selon un rapport publié en septembre 2011 par le think-tank local « Domains Centre for Research and Studies », environ 2 195 people ont trouvé la mort entre février et août 2011 (le pic des manifestations). Parmi ces victimes, on a dénombré 238 jeunes révolutionnaires/manifestants, 600 soldats des unités pro et anti-révolution, et des civils/membres des tribus favorables ou opposés aux jeunes.
Des élections en février 2014 ?
La deuxième étape du processus de transition, qui s’étale sur les six mois à venir, prévoit la signature d’accords sur neuf sujets touchant aux réformes du service public et à la protection des minorités ; à la rédaction d’une nouvelle constitution avant les élections présidentielles et législatives de février 2014 – un calendrier qui semble peu réaliste.
« Je ne vois pas comment on peut l’appliquer d’ici à février 2014. Le dialogue doit porter sur des questions fondamentales », a dit M. Petschulat. « Ce calendrier ne permettra pas de mettre en place un authentique processus conduit par les Yéménites eux-mêmes ».
Le fait qu’un grand nombre de Yéménites soient préoccupés par leur survie constitue un autre obstacle au dialogue. Suite à l’aggravation de la situation économique, bon nombre d’entre eux ont épuisé leurs mécanismes d’adaptation.
Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté atteignait 42 pour cent de la population en 2009 et 54,4 pour cent de la population en 2012 ; les habitants des zones rurales, les femmes et les 507 970 personnes déplacées internes étaient
les plus affectés
.
« La population arrive à peine à survivre et elle constate que le gouvernement ne répond pas à ses besoins fondamentaux. Si elle n’assiste pas à la mise en œuvre progressive des réformes, elle aura le sentiment de ne voir aucun changement positif », a dit Mme. Fearon.
Le combat de M. Hadi contre l’armée
Le président Hadi a quant à lui des difficultés à
restructurer l’armée
et nombreux sont ceux qui doutent de sa capacité à appliquer l’accord du CCG.
Il n’a pas de base de pouvoir et est pris entre deux commandants rivaux - Ahmad Ali Saleh, le fils de l’ancien président, et le général Ali Mohsen. Le premier commande la Garde républicaine, le second la Première division blindée.
Chacun des deux commandants espérait que l’accord du CCG permettrait de réduire le pouvoir militaire de son rival. Jusqu’à présent, seule l’influence de la famille de l’ancien président a été limitée, ce qui, selon ses partisans, démontre que la révolution n’était rien d’autre qu’un complot fomenté par M. Mohsen, a écrit l’influent
International Crisis Group
.
« L’un des commandants pourrait créer le chaos si le dialogue ne lui permet pas de conserver son poste et son influence », a dit Rajeh al-Hasani, un expert militaire du gouvernorat d’Abyan.
Principaux acteurs
Congrès général du peuple (CGP)
– Parti politique dirigé par l’ancien président et soutenu par les hommes forts des tribus et de l’armée qui ont servi sous ses ordres, et par les personnes qui occupent toujours des postes clés au sein de l’armée et de la sécurité
Joint Meeting Parties (JMP)
– Une coalition de six grands partis, soutenue par l’influent cheik Hamid al-Ahmar; son frère aîné Sadiq, qui est à la tête de la Confédération tribale Hashid (HTC) et le général Ali Mohsen.
Le Mouvement du Sud (al Hirak)
– al Hirak réclame la sécession depuis 2007 et le retour à l’État indépendant du Sud d’avant 1990.
Les Houthis
– Un mouvement rebelle chiite zaydite actif dans le Nord et qui lutte pour le rétablissement de l’imamat zaydite d’avant 1962. Selon certaines allégations, le groupe bénéficierait du soutien de l’Iran et, plus récemment, de l’ancien président Saleh.
Deux commandants rivaux
- Ahmad Ali Saleh, fils de l’ancien président, et le général Ali Mohsen Saleh. Le premier commande la Garde républicaine, le second la Première division blindée.
La composition du Comité technique, qui rassemble 25 membres, était relativement équilibrée jusqu’à la nomination par M. Hadi de six membres supplémentaires (généralement considérés comme étant des partisans de M. al-Ahmar et de M. Mohsen).
De plus, le récent remaniement effectué par le gouvernement s’est traduit par la nomination par M. Hadi de personnes originaires de son district d’Abyan à des postes de dirigeants, ce qui, selon certaines personnes, constitue un mauvais présage.
L’ancien président tire-t-il toujours les ficelles ?
Bon nombre d’experts pensent que l’ancien président joue toujours un rôle très actif dans la politique yéménite, notamment grâce à son fils.
Des membres du JMP demandent l’exclusion de l’ancien président de la vie politique (M. Saleh est encore président du CGP), et le remplacement de ses partisans qui occupent des postes clés au sein de l’armée. « M. Saleh s’est vu accorder l’immunité à condition qu’il quitte la politique », a dit M. Sadiq al-Ahmar à IRIN.
L’un des objectifs de l’accord du CCG – la démilitarisation des principales villes – a été partiellement atteint. Les domiciles des dirigeants influents sont toujours placés sous la protection de milices bien armées.
« Les membres du HTC [la Confédération tribale Hashid favorable aux JMP] soutiennent qu’ils veulent mettre en place un État civil, mais leurs actions contredisent leurs paroles. Leurs domiciles à Sanaa sont pleins d’armes », a dit à IRIN Ali Senan, un haut responsable du CGP.
Les Houthis
Bien que ce groupe rebelle chiite, actif dans le nord du pays, dénonce ce qu’il juge être une ingérence des États-Unis et de l’Arabie saoudite, il indique être prêt à participer au dialogue national.
L’insurrection houthiste, qui a débuté en 2004, gronde dans le nord du pays. Certains pensent que les Houthis participent à une guerre par factions interposées pour l’influence régionale qui met aux prises l’Iran et l’Arabie saoudite, mais les Houthis eux-mêmes indiquent se battre pour avoir davantage de poids dans la conduite de leurs affaires.
Des affrontements sporadiques ont été signalés entre les salafistes (qui qualifient les Houthis d’infidèles) et les Houthis dans les gouvernorats d’Amran, de Hajjah et d’al-Jawf dans le nord du pays.
Ces affrontements ont provoqué d’importants déplacements. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), le conflit qui secoue le nord du pays avait entraîné le
déplacement
de 323 992 personnes en septembre 2012.
Les dirigeants houthistes reprochent à M. Hadi d’avoir autorisé les États-Unis à interférer dans les affaires domestiques du Yémen. « Comment peut-on participer au dialogue alors que l’ambassadeur américain est assis à la table ? Nous ne participerons pas à un dialogue supervisé par une Amérique qui tuent des Yéménites avec ses drones », a dit à IRIN Dhaifullah al-Shami, un haut dirigeant houthiste.
Selon un expert, les groupes yéménites se préoccupent avant tout de leurs intérêts personnels. « Seuls leurs intérêts personnels comptent », a dit Abdurrahman al-Marwani, président de Dar al-Salam Organization, une ONG locale.
La question du Sud
Le Mouvement du Sud (al Hirak) ne participe pas au dialogue national.
Alors que plus de 70 pour cent des ressources en pétrole et en gaz sont concentrées dans le sud du pays, bon nombre de sudistes estiment que la réunion de la République démocratique populaire du Yémen (Yémen du Sud) et de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) en 1991 était une erreur. Une guerre civile a secoué le pays pendant deux mois en 1994.
Les militants et les experts indiquent que les tensions croissantes dans le Sud sont dues à l’intransigeance des dirigeants du Nord. « Comment peut-on dialoguer avec ceux qui continuent à s’emparer de nos biens en toute illégalité ? », a demandé Najla Abdulwasea, une militante d’Aden.
« Tout le monde n’est pas favorable à la sécession du Sud. La population veut un dialogue ouvert, sans tabous. Le Mouvement du Sud rejette l’accord du CCG, car l’objectif du dialogue national est le maintien d’un "Yémen uni" », a dit à IRIN M. Petschulat de la Fondation Friedrich-Ebert. « Personne ne croit qu’un gouvernement de Sana’a fera quelque chose dans le Sud ».
« Ces cheiks [du Nord] n’ont pas changé d’attitude pour l’instant et ils aggravent la division dans le pays », a dit Tareq al-Harwi, un autre militant d’Aden.
Mohammed Bel-Ghaith, un professeur de droit à l’université d’Aden, pense que le Mouvement du Sud n’a pas le choix : « Comment les sudistes peuvent-ils accepter de dialoguer alors qu’ils sont traités injustement ? Les sudistes doivent boycotter le dialogue et poursuivre la lutte pour que leurs droits soient rétablis ».
M. Petschulat pense qu’il serait logique que les Houthis, le Mouvement du Sud, les socialistes et d’autres encore construisent une alliance pour réclamer la construction d’un État fédéral doté d’un parlement fort afin de contrer ceux qui souhaitent maintenir un contrôle central : le CGP, qui considère que sa principale réussite – l’unité – est en danger ; les salafistes, qui craignent qu’il soit plus difficile de réclamer un renforcement du pouvoir religieux ; et les Al-Ahmars, dont l’influence serait limitée à Amran, une région pauvre en ressources.
« Jusqu’à présent, les membres du Mouvement du Sud se disent favorables à la sécession », a dit M. Petschulat. « Entre ceux qui demandent la création d’un État central et ceux qui demandent la sécession – la solution fédérale serait un compromis naturel, parce que le Nord devrait refuser de laisser un Sud riche en ressources partir, et parce que la communauté internationale n’est pas favorable à l’indépendance du Sud. La situation se résume à deux choix : un authentique État fédéral ou une guerre civile ».
ay/kb/cb-mg/ag/amz
{1}
##LOC[OK]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
Conditions d'utilisation
A propos d’IRIN
Emplois
Mobile
Envoyez
Other OCHA Sites
Partenaires
Réseaux sociaux
Copyright © IRIN 2013. Tous droits réservés. Ce matériel vous est parvenu via IRIN, le service des nouvelles et analyses humanitaires du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les avis des Nations Unies ou de ses états membres. Les frontières, les noms et les désignations sur les cartes utilisées par ce site, et les liens électroniques vers des sites externes n'impliquent pas la reconnaissance ou l'acceptation officielle par l'ONU. La republication du matériel d'IRIN est soumise aux termes et conditions d'utilisation disponibles sur :
http://www.irinnews.org/fr/copyrightfr.aspx