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mardi 21 mai 2013
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MYANMAR: État d’urgence dans l’État de Rakhine
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Dsuniaga/FLickr
Les Nations Unies lancent un appel à tous leurs partenaires
BANGKOK, 30 octobre 2012 (IRIN) - Au Myanmar, les Nations Unies réclament des mesures d’urgence dans l’État de Rakhine, en proie à des violences interethniques qui s’intensifient.
« Les personnes déplacées dans l’État de Rakhine ont des besoins urgents », a déclaré à IRIN depuis Yangon, Ashok Nigam, coordonnateur humanitaire des Nations Unies. « Il nous faut beaucoup plus de moyens pour poursuivre l’effort humanitaire. Je demande à tous les partenaires de nous aider à surmonter ces difficultés dans l’État de Rakhine dès maintenant ».
Cet appel intervient au cœur de la récente vague de violences interethniques qui a éclaté dernièrement entre les musulmans de l’ethnie rohingya et l’ethnie rakhine (majoritairement bouddhiste).
Minorité musulmane de 800 000 personnes non reconnue par le gouvernement birman, les
Rohingyas
sont persécutés et victimes de discrimination depuis longtemps au Myanmar.
Les tensions ethniques et religieuses ont poussé des milliers de personnes à fuir, le plus souvent vers le
Bangladesh
voisin.
Nouvelles violences
Les dernières violences font suite à de graves troubles en juin, lorsque plus de 90 000 habitants, en majorité des musulmans rohingyas, ont été déplacés après qu’un groupe de musulmans a été accusé du viol et du meurtre d’une femme rakhine en mai. Il y a eu au moins 78 personnes tuées et plus de 4 800 habitations et bâtiments détruits dans les violences du mois de mai.
Actuellement, environ 75 000 personnes sont déplacées dans l’État de Rakhine. Les déplacés vivent dans 40 camps et dans des locaux temporaires à Sittwe (la capitale de l’État de Rakhine) et à Kyauktaw. Pour la plupart, ils s’entassent dans les neuf camps surpeuplés de Sittwe, séparés du reste de la population par mesure de sécurité.
Selon les travailleurs humanitaires présents sur le terrain, les
conditions dans les camps
sont mauvaises, beaucoup n’étant pas conformes aux standards internationaux de
Sphère
(charte qui établit les meilleures pratiques en termes d’aide alimentaire, de nutrition, de soins, d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de structure d’accueil d’urgence).
Photo:
Contributor/IRIN
Les conditions dans les camps sont mauvaises
Il y aurait également des déplacements d’un village à l’autre. Cependant, seule une poignée de villages concernés est accessible pour le moment, a révélé le dernier
bulletin humanitaire
du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Les partenaires humanitaires travaillent actuellement en collaboration avec les autorités afin de localiser les personnes dans le besoin et font tout leur possible pour leur venir en aide.
Plus de 20 agences des Nations Unies et organisations non gouvernementales (ONG) internationales travaillent actuellement à Sittwe. Les besoins en matière de denrées alimentaires et non alimentaires, de santé, d’éducation, d’eau et d’assainissement sont urgents, disent-elles.
Les actions humanitaires et les programmes d’aide au développement ont été interrompus dans la région de juin à septembre pendant la saison des pluies. La région connaît le plus grand nombre de cas de malnutrition et de problèmes de santé – une situation critique qui doit être résolue au-delà des besoins des camps existants, affirment les travailleurs humanitaires.
Fin septembre, quelques partenaires, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que quelques ONG ont pu reprendre une partie de leurs actions, mais l’impact des dernières flambées de violence sur ces opérations n’est pas encore connu.
Les habitants qualifient la situation d’« instable » avec des renforcements de déploiements de policiers dans les régions de Minbya et de Mrauk-U où le couvre-feu a été instauré.
Impératif humanitaire
Les travailleurs humanitaires continuent de tirer la sonnette d’alarme : « C’est de pire en pire », a déclaré sur le terrain un travailleur humanitaire qui souhaite rester anonyme. « Je ne crois pas que les gens savent ce qui se passe ici. Le message ne leur parvient pas ».
Dans le cadre du
Plan d’intervention humanitaire pour l’État de Rakhine
– une stratégie interagence lancée en juillet pour apporter de l’aide à près de 80 000 personnes touchées par la crise jusqu’à la fin de l’année – seuls 14,9 millions de dollars sur les 32,5 millions demandés ont été distribués ou promis.
Sur ces fonds alloués, 4, 8 millions ont été versés par le
Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies (CERF)
, créé en 2005 pour offrir une aide humanitaire dans de meilleurs délais à ceux qui sont touchés par une catastrophe naturelle ou un conflit armé.
« Je ne crois vraiment pas que les bailleurs de fonds se rendent compte à quel point la situation est grave… Le fait que les bailleurs de fonds ne donnent pas assez ne fait qu’empirer la souffrance des victimes. L’impératif humanitaire d’une aide vitale n’a jamais été aussi grand. Il faut agir immédiatement », a déclaré le travailleur humanitaire.
ds/cb-fc/ag/amz
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:
Santé et nutrition
,
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
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,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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BANGKOK, 30 octobre 2012 (IRIN) - Au Myanmar, les Nations Unies réclament des mesures d’urgence dans l’État de Rakhine, en proie à des violences interethniques qui s’intensifient.
« Les personnes déplacées dans l’État de Rakhine ont des besoins urgents », a déclaré à IRIN depuis Yangon, Ashok Nigam, coordonnateur humanitaire des Nations Unies. « Il nous faut beaucoup plus de moyens pour poursuivre l’effort humanitaire. Je demande à tous les partenaires de nous aider à surmonter ces difficultés dans l’État de Rakhine dès maintenant ».
Cet appel intervient au cœur de la récente vague de violences interethniques qui a éclaté dernièrement entre les musulmans de l’ethnie rohingya et l’ethnie rakhine (majoritairement bouddhiste).
Minorité musulmane de 800 000 personnes non reconnue par le gouvernement birman, les
Rohingyas
sont persécutés et victimes de discrimination depuis longtemps au Myanmar.
Les tensions ethniques et religieuses ont poussé des milliers de personnes à fuir, le plus souvent vers le
Bangladesh
voisin.
Nouvelles violences
Les dernières violences font suite à de graves troubles en juin, lorsque plus de 90 000 habitants, en majorité des musulmans rohingyas, ont été déplacés après qu’un groupe de musulmans a été accusé du viol et du meurtre d’une femme rakhine en mai. Il y a eu au moins 78 personnes tuées et plus de 4 800 habitations et bâtiments détruits dans les violences du mois de mai.
Actuellement, environ 75 000 personnes sont déplacées dans l’État de Rakhine. Les déplacés vivent dans 40 camps et dans des locaux temporaires à Sittwe (la capitale de l’État de Rakhine) et à Kyauktaw. Pour la plupart, ils s’entassent dans les neuf camps surpeuplés de Sittwe, séparés du reste de la population par mesure de sécurité.
Selon les travailleurs humanitaires présents sur le terrain, les
conditions dans les camps
sont mauvaises, beaucoup n’étant pas conformes aux standards internationaux de
Sphère
(charte qui établit les meilleures pratiques en termes d’aide alimentaire, de nutrition, de soins, d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de structure d’accueil d’urgence).
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Les conditions dans les camps sont mauvaises
Il y aurait également des déplacements d’un village à l’autre. Cependant, seule une poignée de villages concernés est accessible pour le moment, a révélé le dernier
bulletin humanitaire
du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Les partenaires humanitaires travaillent actuellement en collaboration avec les autorités afin de localiser les personnes dans le besoin et font tout leur possible pour leur venir en aide.
Plus de 20 agences des Nations Unies et organisations non gouvernementales (ONG) internationales travaillent actuellement à Sittwe. Les besoins en matière de denrées alimentaires et non alimentaires, de santé, d’éducation, d’eau et d’assainissement sont urgents, disent-elles.
Les actions humanitaires et les programmes d’aide au développement ont été interrompus dans la région de juin à septembre pendant la saison des pluies. La région connaît le plus grand nombre de cas de malnutrition et de problèmes de santé – une situation critique qui doit être résolue au-delà des besoins des camps existants, affirment les travailleurs humanitaires.
Fin septembre, quelques partenaires, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que quelques ONG ont pu reprendre une partie de leurs actions, mais l’impact des dernières flambées de violence sur ces opérations n’est pas encore connu.
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