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OUGANDA: Trente ans plus tard, le stigmate associé au VIH existe toujours
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IRIN Film
Le révérend ougandais Gideon Byamugisha Baguma est l’un des rares leaders religieux à avoir défié les préjugés et révélé sa séropositivité
KAMPALA, 2 octobre 2012 (IRIN) - Au cours des trente dernières années, les Ougandais ont appris à connaître le VIH. Une nouvelle recherche suggère toutefois que nombre d’entre eux sont encore scandalisés par la maladie. En effet, selon l’Enquête nationale sur les indicateurs du SIDA 2011, publiée le 18 septembre, les Ougandais sont nombreux à croire que les personnes vivant avec le VIH devraient ressentir de la honte et de la culpabilité.
Ainsi, même si l’enquête de population a montré que 93 pour cent des hommes et 92 pour cent des femmes étaient prêts à s’occuper d’un membre de leur famille infecté par le VIH, environ 21,6 pour cent des hommes et 16,8 pour cent des femmes ont dit avoir l’impression que les personnes vivant avec le VIH devraient avoir honte. Par ailleurs, 22 pour cent des hommes et 18,3 pour cent des femmes étaient d’accord avec l’affirmation selon laquelle les personnes vivant avec le VIH sont à blâmer pour avoir amené la maladie dans la communauté.
« Nous sommes surpris qu’il y ait encore des attitudes négatives envers les personnes séropositives à ce stade-ci de l’épidémie. Nous devons changer notre façon de percevoir ces personnes. Nous devons les accepter », a dit Wilford Kirungi, un épidémiologiste chevronné qui travaille pour le ministère de la Santé, à l’occasion de la publication du rapport.
« Au bout du compte, de telles attitudes permettent aux sociétés de se soustraire de la responsabilité de s’occuper et de prendre soin des personnes infectées. Plus important encore, la stigmatisation conduit au secret et au déni et empêche les gens de demander de l’aide et des tests de dépistage du VIH, ainsi que des soins et des services de soutien », ont dit les auteurs du rapport.
La question de la stigmatisation est d’autant plus importante que le nombre de personnes vivant avec le VIH n’a jamais été aussi élevé grâce aux médicaments antirétroviraux (ARV).
Film d’IRIN : « : Le Révérend »
Dans le nouveau film d’IRIN intitulé « The Reverend », le révérend ougandais Gideon Byamugisha Baguma raconte sa démarche et les nombreux défis qu’il reste à relever.
Voir le film
« La stigmatisation existe toujours... Certains de mes amis sont incapables d’entretenir de bonnes relations avec moi depuis qu’ils connaissent mon statut VIH », a dit à IRIN/PlusNews Robert Okello*, un habitant de la capitale, Kampala.
Selon les activistes, la discrimination envers les populations marginalisées et à risque, notamment les travailleurs du sexe et les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes (MSM, men who have sex with men), nuit également à la lutte contre le VIH. Le pays s’efforce de faire baisser la prévalence du VIH, qui, selon le rapport, est passé de 6,4 pour cent en 2006 à 7,3 pour cent en 2011.
L’hostilité envers les MSM est très forte parmi les dirigeants du pays et dans la population générale. Les groupes de défense des droits ont récemment condamné une
attaque commise contre une personne transgenre
dans une boîte de nuit de Kampala. Les homosexuels ougandais disent que de telles attaques sont monnaie courante et que les auteurs de ces actes font rarement l’objet de poursuites.
Un projet de loi visant à durcir la
législation contre l’homosexualité
est toujours à l’étude au Parlement malgré la condamnation d’une grande partie de la communauté internationale. L’Enquête nationale sur les indicateurs du SIDA ne mentionne même pas les MSM. Pourtant, selon une
étude réalisée en 2008-2009
, la prévalence du VIH chez les répondants appartenant à cette population était de 13,7 pour cent.
« On considère généralement l’Ouganda comme un pays très religieux. Ce qui est ironique toutefois, c’est qu’on juge qu’il est OK de s’en prendre à une personne que l’on soupçonne d’être gay », a dit Pepe Julian Onziema, directrice de programmes auprès du groupe de défense des droits Sexual Minorities Uganda (SMUG). « Dans un environnement sécuritaire, [les membres de] la communauté gay et les responsables de la mise en œuvre des programmes VIH pourraient s’éduquer les uns les autres et montrer au reste de la société l’importance de se protéger du VIH. »
« C’est terrible de voir le gouvernement exclure les homosexuels ougandais de ses stratégies chaque fois qu’il en a l’occasion alors qu’il affirme vouloir éradiquer le VIH », a-t-elle ajouté. « Nous nous heurterons bientôt à des obstacles si nous ne considérons pas la lutte contre le VIH comme une responsabilité collective. »
*Nom d’emprunt
so/kr/rz-gd/amz
Theme (s)
:
Santé et nutrition
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
Droits de l'homme
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Ainsi, même si l’enquête de population a montré que 93 pour cent des hommes et 92 pour cent des femmes étaient prêts à s’occuper d’un membre de leur famille infecté par le VIH, environ 21,6 pour cent des hommes et 16,8 pour cent des femmes ont dit avoir l’impression que les personnes vivant avec le VIH devraient avoir honte. Par ailleurs, 22 pour cent des hommes et 18,3 pour cent des femmes étaient d’accord avec l’affirmation selon laquelle les personnes vivant avec le VIH sont à blâmer pour avoir amené la maladie dans la communauté.
« Nous sommes surpris qu’il y ait encore des attitudes négatives envers les personnes séropositives à ce stade-ci de l’épidémie. Nous devons changer notre façon de percevoir ces personnes. Nous devons les accepter », a dit Wilford Kirungi, un épidémiologiste chevronné qui travaille pour le ministère de la Santé, à l’occasion de la publication du rapport.
« Au bout du compte, de telles attitudes permettent aux sociétés de se soustraire de la responsabilité de s’occuper et de prendre soin des personnes infectées. Plus important encore, la stigmatisation conduit au secret et au déni et empêche les gens de demander de l’aide et des tests de dépistage du VIH, ainsi que des soins et des services de soutien », ont dit les auteurs du rapport.
La question de la stigmatisation est d’autant plus importante que le nombre de personnes vivant avec le VIH n’a jamais été aussi élevé grâce aux médicaments antirétroviraux (ARV).
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L’hostilité envers les MSM est très forte parmi les dirigeants du pays et dans la population générale. Les groupes de défense des droits ont récemment condamné une
attaque commise contre une personne transgenre
dans une boîte de nuit de Kampala. Les homosexuels ougandais disent que de telles attaques sont monnaie courante et que les auteurs de ces actes font rarement l’objet de poursuites.
Un projet de loi visant à durcir la
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« On considère généralement l’Ouganda comme un pays très religieux. Ce qui est ironique toutefois, c’est qu’on juge qu’il est OK de s’en prendre à une personne que l’on soupçonne d’être gay », a dit Pepe Julian Onziema, directrice de programmes auprès du groupe de défense des droits Sexual Minorities Uganda (SMUG). « Dans un environnement sécuritaire, [les membres de] la communauté gay et les responsables de la mise en œuvre des programmes VIH pourraient s’éduquer les uns les autres et montrer au reste de la société l’importance de se protéger du VIH. »
« C’est terrible de voir le gouvernement exclure les homosexuels ougandais de ses stratégies chaque fois qu’il en a l’occasion alors qu’il affirme vouloir éradiquer le VIH », a-t-elle ajouté. « Nous nous heurterons bientôt à des obstacles si nous ne considérons pas la lutte contre le VIH comme une responsabilité collective. »
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