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lundi 20 mai 2013
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SOMALIE: L’élection du nouveau gouvernement suppose un risque accru pour les journalistes
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BillyV/Flickr
En Somalie, les journalistes sont de plus en plus souvent la cible de meurtres ciblés
MOGADISCIO, 1 octobre 2012 (IRIN) - Alors que le pays peine à mettre derrière lui des années d’anarchie à la suite de l’élection récente du
nouveau président
, la situation des journalistes en Somalie est de plus en plus précaire.
« Jusqu’à présent, 13 journalistes ont été tués et 19 autres blessés cette année, et les meurtres pourraient se poursuivre si on n’agit pas rapidement », a dit à IRIN Abdirashid Del, un membre important de l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), ajoutant que les
transitions politiques
supposent souvent un risque sécuritaire accru pour les journalistes en Somalie.
Selon certaines informations confirmées par la NUSOJ, deux autres journalistes ont été tués par des hommes armés à Mogadiscio les 27 et 28 septembre : un journaliste sportif pour le site internet ciyaarahamaanta.com et un correspondant de l’agence de presse Saba.
En Somalie, les attentats à la bombe et les assassinats ciblant les journalistes sont souvent imputés à la milice Al-Shabab, qui est affiliée à Al-Qaida.
« Al-Shabab fait peut-être partie du problème, mais je ne peux pas affirmer catégoriquement qu’ils sont responsables. Nous ne sommes pas un tribunal qui peut décider de ce qui s’est passé. Il faut mener des enquêtes pour déterminer qui est impliqué et pourquoi ces incidents se produisent à un rythme aussi alarmant », a dit M. Del.
« Même si nous croyons que le gouvernement n’est pas impliqué, la responsabilité sécuritaire lui revient. La protection du peuple est en effet l’une des principales fonctions du gouvernement », a-t-il ajouté.
L’endroit le plus dangereux
Le 20 septembre, trois journalistes ont été tués et cinq autres blessés lorsque deux kamikazes se sont fait exploser dans un restaurant populaire du quartier de Hamer Wayne, à Mogadiscio.
Le lendemain, le journaliste radio Hassan Yusuf Absuge a été abattu près des bureaux de la station pour laquelle il travaillait dans le quartier de Yaqshiid.
« J’ai pensé quitter mon emploi ou me réfugier dans un endroit plus sûr, à Nairobi ou à Hargeisa [capitale de la république autodéclarée du Somaliland] par exemple, mais j’ai changé d’idée lorsque des collègues m’ont conseillé de rester. Imaginez perdre quatre journalistes en l’espace de deux jours ! », a dit à IRIN le journaliste radio Hussein Abdulle Mohamed.
« Quand l’un de vos collègues se fait tuer, la première question qui vous vient à l’esprit, c’est : qui sera le prochain ? »
Abdulllahi Mohamed Ali, aussi connu sous le nom de Suldan, a dit à IRIN qu’il continuerait de travailler comme journaliste à Mogadiscio même s’il a été blessé et qu’il a perdu des amis proches. « La mort est inévitable. Qu’on vive à Washington ou à Mogadiscio, le moment de notre mort est déjà programmé. »
D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Somalie est l’endroit le plus dangereux en Afrique pour la pratique du journalisme.
« Nous ne connaissons pas nos ennemis. Nous sommes comme des moutons coincés dans un enclos. Ils viennent au moment qui leur convient et nous massacrent l’un après l’autre », a dit Suldan, ajoutant que l’avenir des médias en Somalie ne peut être considéré séparément de celui du pays. « Il ne peut y avoir une branche verte sur un arbre qui n’a pas de tronc. »
Les médias gérés par le gouvernement n’ont pas été épargnés. « Nous avons connu une période beaucoup plus dangereuse pendant laquelle nous ne pouvions pratiquement rien faire parce qu’Al-Shabab contrôlait la majeure partie de la capitale. J’étais totalement conscient des dangers auxquels je m’exposais quand j’ai rejoint Radio Mogadishu. Je suis venu ici parce que je voulais avoir accès à une plate-forme qui me permettrait d’aider le pays », a dit à IRIN le journaliste Abdifitah Dahir Jeyte.
Contrer l’intimidation
Abdulkadir Mohamed Abdulle, journaliste auprès de la toute nouvelle chaîne Radio Goobjoog, a exhorté ses compatriotes à demeurer impartiaux lorsqu’ils exercent leur activité dans un environnement hostile où les bonnes histoires sont aussi les plus dangereuses.
« Quand l’un de vos collègues se fait tuer, la première question qui vous vient à l’esprit, c’est : qui sera le prochain »
« On ignore quel sera l’avenir des médias en Somalie, car la frontière entre l’impartialité et le parti pris s’estompe de plus en plus », a-t-il dit. « Le gouvernement nous dit que nous ne pouvons pas rester impartiaux quand vient le temps d’aborder les questions d’intérêt national et Al-Shabab nous dit que nous ne pouvons pas être impartiaux entre le bien et le mal. L’époque où les journalistes pouvaient présenter les différentes facettes d’un événement semble de plus en plus révolue. »
Pendant l’occupation de Mogadiscio par Al-Shabab, les chaînes n’avaient même pas le droit de diffuser de la musique – une interdiction à laquelle les animateurs ont répondu avec une
certaine ironie
.
Malgré l’annonce du retrait d’Al-Shabab de Mogadiscio, en 2011, l’
insécurité
règne toujours dans la capitale somalienne. Cette situation n’a cependant pas affecté la presse écrite et audiovisuelle, un secteur dynamique qui compte au moins 20 chaînes de radio à Mogadiscio seulement.
Impunité
Dans une
déclaration
publiée le 24 septembre en réaction aux derniers meurtres, Human Rights Watch (HRW) a exhorté le nouveau gouvernement à adopter des mesures pour offrir une meilleure protection aux journalistes.
« Les journalistes somaliens ont longtemps été les principales cibles de toutes les parties au conflit pendant la violente guerre civile qui a ébranlé le pays », a dit Leslie Lefkow, directrice adjointe de la division Afrique de HRW. « Le nouveau président somalien peut agir pour mettre fin à cette situation horrible en ordonnant rapidement la tenue d’enquêtes sérieuses sur ces meurtres. »
Selon HRW, des responsables d’Al-Shabab ont dit aux médias que les attaques du 20 septembre avaient été menées par leurs sympathisants, mais que la milice n’avait formulé aucun ordre à ce sujet.
Warsame Mohamed Hassan, un maire adjoint pour les affaires sécuritaires de la région de Banadir, a dit : « Les journalistes font partie de ces personnes irremplaçables que nous perdons à cause d’Al-Shabab, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les protéger et pour protéger l’ensemble des citoyens somaliens. »
Aucune poursuite n’a été engagée pour le meurtre d’un journaliste en Somalie. L’
Indice de l’impunité du CPJ pour 2012
classe la Somalie parmi les pays « où les journalistes sont massacrés et où leurs meurtriers ne sont pas inquiétés. »
amd/aw/rz-gd/amz
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Alerte précoce
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Démocratie et gouvernance
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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SOMALIE: L’élection du nouveau gouvernement suppose un risque accru pour les journalistes
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En Somalie, les journalistes sont de plus en plus souvent la cible de meurtres ciblés
MOGADISCIO, 1 octobre 2012 (IRIN) - Alors que le pays peine à mettre derrière lui des années d’anarchie à la suite de l’élection récente du
nouveau président
, la situation des journalistes en Somalie est de plus en plus précaire.
« Jusqu’à présent, 13 journalistes ont été tués et 19 autres blessés cette année, et les meurtres pourraient se poursuivre si on n’agit pas rapidement », a dit à IRIN Abdirashid Del, un membre important de l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), ajoutant que les
transitions politiques
supposent souvent un risque sécuritaire accru pour les journalistes en Somalie.
Selon certaines informations confirmées par la NUSOJ, deux autres journalistes ont été tués par des hommes armés à Mogadiscio les 27 et 28 septembre : un journaliste sportif pour le site internet ciyaarahamaanta.com et un correspondant de l’agence de presse Saba.
En Somalie, les attentats à la bombe et les assassinats ciblant les journalistes sont souvent imputés à la milice Al-Shabab, qui est affiliée à Al-Qaida.
« Al-Shabab fait peut-être partie du problème, mais je ne peux pas affirmer catégoriquement qu’ils sont responsables. Nous ne sommes pas un tribunal qui peut décider de ce qui s’est passé. Il faut mener des enquêtes pour déterminer qui est impliqué et pourquoi ces incidents se produisent à un rythme aussi alarmant », a dit M. Del.
« Même si nous croyons que le gouvernement n’est pas impliqué, la responsabilité sécuritaire lui revient. La protection du peuple est en effet l’une des principales fonctions du gouvernement », a-t-il ajouté.
L’endroit le plus dangereux
Le 20 septembre, trois journalistes ont été tués et cinq autres blessés lorsque deux kamikazes se sont fait exploser dans un restaurant populaire du quartier de Hamer Wayne, à Mogadiscio.
Le lendemain, le journaliste radio Hassan Yusuf Absuge a été abattu près des bureaux de la station pour laquelle il travaillait dans le quartier de Yaqshiid.
« J’ai pensé quitter mon emploi ou me réfugier dans un endroit plus sûr, à Nairobi ou à Hargeisa [capitale de la république autodéclarée du Somaliland] par exemple, mais j’ai changé d’idée lorsque des collègues m’ont conseillé de rester. Imaginez perdre quatre journalistes en l’espace de deux jours ! », a dit à IRIN le journaliste radio Hussein Abdulle Mohamed.
« Quand l’un de vos collègues se fait tuer, la première question qui vous vient à l’esprit, c’est : qui sera le prochain ? »
Abdulllahi Mohamed Ali, aussi connu sous le nom de Suldan, a dit à IRIN qu’il continuerait de travailler comme journaliste à Mogadiscio même s’il a été blessé et qu’il a perdu des amis proches. « La mort est inévitable. Qu’on vive à Washington ou à Mogadiscio, le moment de notre mort est déjà programmé. »
D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Somalie est l’endroit le plus dangereux en Afrique pour la pratique du journalisme.
« Nous ne connaissons pas nos ennemis. Nous sommes comme des moutons coincés dans un enclos. Ils viennent au moment qui leur convient et nous massacrent l’un après l’autre », a dit Suldan, ajoutant que l’avenir des médias en Somalie ne peut être considéré séparément de celui du pays. « Il ne peut y avoir une branche verte sur un arbre qui n’a pas de tronc. »
Les médias gérés par le gouvernement n’ont pas été épargnés. « Nous avons connu une période beaucoup plus dangereuse pendant laquelle nous ne pouvions pratiquement rien faire parce qu’Al-Shabab contrôlait la majeure partie de la capitale. J’étais totalement conscient des dangers auxquels je m’exposais quand j’ai rejoint Radio Mogadishu. Je suis venu ici parce que je voulais avoir accès à une plate-forme qui me permettrait d’aider le pays », a dit à IRIN le journaliste Abdifitah Dahir Jeyte.
Contrer l’intimidation
Abdulkadir Mohamed Abdulle, journaliste auprès de la toute nouvelle chaîne Radio Goobjoog, a exhorté ses compatriotes à demeurer impartiaux lorsqu’ils exercent leur activité dans un environnement hostile où les bonnes histoires sont aussi les plus dangereuses.
« Quand l’un de vos collègues se fait tuer, la première question qui vous vient à l’esprit, c’est : qui sera le prochain »
« On ignore quel sera l’avenir des médias en Somalie, car la frontière entre l’impartialité et le parti pris s’estompe de plus en plus », a-t-il dit. « Le gouvernement nous dit que nous ne pouvons pas rester impartiaux quand vient le temps d’aborder les questions d’intérêt national et Al-Shabab nous dit que nous ne pouvons pas être impartiaux entre le bien et le mal. L’époque où les journalistes pouvaient présenter les différentes facettes d’un événement semble de plus en plus révolue. »
Pendant l’occupation de Mogadiscio par Al-Shabab, les chaînes n’avaient même pas le droit de diffuser de la musique – une interdiction à laquelle les animateurs ont répondu avec une
certaine ironie
.
Malgré l’annonce du retrait d’Al-Shabab de Mogadiscio, en 2011, l’
insécurité
règne toujours dans la capitale somalienne. Cette situation n’a cependant pas affecté la presse écrite et audiovisuelle, un secteur dynamique qui compte au moins 20 chaînes de radio à Mogadiscio seulement.
Impunité
Dans une
déclaration
publiée le 24 septembre en réaction aux derniers meurtres, Human Rights Watch (HRW) a exhorté le nouveau gouvernement à adopter des mesures pour offrir une meilleure protection aux journalistes.
« Les journalistes somaliens ont longtemps été les principales cibles de toutes les parties au conflit pendant la violente guerre civile qui a ébranlé le pays », a dit Leslie Lefkow, directrice adjointe de la division Afrique de HRW. « Le nouveau président somalien peut agir pour mettre fin à cette situation horrible en ordonnant rapidement la tenue d’enquêtes sérieuses sur ces meurtres. »
Selon HRW, des responsables d’Al-Shabab ont dit aux médias que les attaques du 20 septembre avaient été menées par leurs sympathisants, mais que la milice n’avait formulé aucun ordre à ce sujet.
Warsame Mohamed Hassan, un maire adjoint pour les affaires sécuritaires de la région de Banadir, a dit : « Les journalistes font partie de ces personnes irremplaçables que nous perdons à cause d’Al-Shabab, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les protéger et pour protéger l’ensemble des citoyens somaliens. »
Aucune poursuite n’a été engagée pour le meurtre d’un journaliste en Somalie. L’
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classe la Somalie parmi les pays « où les journalistes sont massacrés et où leurs meurtriers ne sont pas inquiétés. »
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