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KENYA: Les préjugés liés au VIH font obstacle aux accouchements en milieu hospitalier
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Allan Gichigi/IRIN
Seulement 44 pour cent des Kenyanes accouchent à l’hôpital (photo d’archives)
NAIROBI/KISUMU, 13 septembre 2012 (IRIN) - Lorsque le moment est venu d’accoucher de son deuxième enfant, Jane Atieno, âgée de 24 ans, a fait appel à une accoucheuse traditionnelle plutôt qu’à l’hôpital local. Elle cherchait ainsi à se soustraire au dépistage du VIH ou à la torture que représentait pour elle l’idée de devoir dire à son mari que le personnel de santé voulait qu’il assiste à ses visites médicales prénatales.
« À la maison, personne ne prend la peine de tester ta sérologie, mais quand je vais à l’hôpital, ils me disent qu’ils veulent me faire faire un dépistage [du VIH]. Et ils veulent que mon mari m’accompagne, mais je ne peux pas le convaincre de le faire », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews, chez elle, à Kisumu, une ville de la province de Nyanza, dans l’ouest du Kenya.
Mme Atieno a trop peur d’être traitée comme un paria pour faire le test du VIH et elle n’a jamais fait faire de dépistage à son enfant d’un an. « Quand je vais à l’hôpital, je leur mens [en disant que] j’ai fait le test là où j’ai accouché », a-t-elle dit.
Préjugés
Selon une étude publiée récemment par l’université d’Alabama à Birmingham dans la revue PLoS Medicine, les préjugés liés au VIH empêchent peut-être les mères kenyanes de bénéficier de services obstétricaux essentiels, délivrés par des agents qualifiés. L’étude a révélé que « l’accouchement à l’hôpital est généralement considéré comme plus approprié pour les femmes dont la grossesse présente des complications, comme le VIH ».
« L’idée selon laquelle l’accouchement à l’hôpital n’est nécessaire que pour les femmes qui ont des problèmes ou des complications et non pas pour une naissance “normale” semble être très commune dans la région », a dit à IRIN/PlusNews Janet Turan, chercheuse principale de cette étude.
L’étude a analysé les différents facteurs liés à la peur et à l’expérience des préjugés liés au VIH chez les femmes enceintes et à leur recours aux services de maternité. L’enquête a eu lieu à Migori, un district rural de la province de Nyanza, où la prévalence du VIH de 13,9 pour cent est deux fois supérieure à la moyenne nationale. Environ 35 pour cent des personnes interrogées ont dit avoir accouché dans un centre médical. Parmi les autres, 78 pour cent disaient avoir accouché avec l’aide d’une accoucheuse traditionnelle.
Selon
l’enquête démographique sur la santé
réalisée au Kenya en 2008-2009, 92 pour cent des femmes enceintes étaient suivies par les services prénataux d’un hôpital, mais seulement 44 pour cent accouchaient avec l’aide d’un prestataire qualifié.
Campagnes de santé
Selon les auteurs de l’étude, les campagnes publiques de sensibilisation visant à améliorer la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant sont en partie responsables de l’idée que les services obstétricaux qualifiés sont davantage adaptés aux femmes porteuses du VIH.
« Les efforts de mobilisation de la population visant à augmenter le recours aux services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant [...] peuvent avoir involontairement renforcé l’idée que les femmes qui accouchent dans de tels services sont probablement séropositives au VIH », ont remarqué les auteurs.
Selon Mme Turan, les campagnes de santé sont essentielles pour corriger ces idées fausses concernant l’accouchement à l’hôpital.
« Les campagnes de santé devraient insister sur le fait que l’accouchement dans un établissement de santé avec un prestataire de soins qualifié est important pour toutes les femmes », a dit Mme Turan.
L’étude a découvert que les femmes qui avaient une attitude plus négative par rapport aux personnes porteuses du VIH étaient moins susceptibles d’accoucher à l’hôpital que celles qui avaient une attitude plus positive à leur égard. Les femmes les plus instruites, qui discutaient avec leur partenaire du lieu de l’accouchement et qui assistaient à plus de quatre visites médicales prénatales étaient également plus enclines à accoucher à l’hôpital.
« Associer des stratégies bien connues de lutte contre les préjugés liés au VIH et des interventions de santé maternelle et de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant pourrait réduire certains des problèmes de santé les plus urgents pour les femmes et les enfants d’Afrique subsaharienne », ont conclu les auteurs.
Selon les professionnels de santé, le gouvernement doit également se pencher sur les autres obstacles à l’utilisation de services obstétricaux qualifiés. « La distance entre la population et les centres de santé, le coût des accouchements dans ces établissements et l’idée que les agents de santé vont vous maltraiter ou vous faire subir de force certaines opérations chirurgicales ne sont que quelques exemples », a dit à IRIN/PlusNews Nicholas Okeyo, agent hospitalier du centre de santé de Maseno.
ko/ho/kr/rz
Theme (s)
:
Egalité entre les sexes
,
Santé et nutrition
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
Droits de l'homme
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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NAIROBI/KISUMU, 13 septembre 2012 (IRIN) - Lorsque le moment est venu d’accoucher de son deuxième enfant, Jane Atieno, âgée de 24 ans, a fait appel à une accoucheuse traditionnelle plutôt qu’à l’hôpital local. Elle cherchait ainsi à se soustraire au dépistage du VIH ou à la torture que représentait pour elle l’idée de devoir dire à son mari que le personnel de santé voulait qu’il assiste à ses visites médicales prénatales.
« À la maison, personne ne prend la peine de tester ta sérologie, mais quand je vais à l’hôpital, ils me disent qu’ils veulent me faire faire un dépistage [du VIH]. Et ils veulent que mon mari m’accompagne, mais je ne peux pas le convaincre de le faire », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews, chez elle, à Kisumu, une ville de la province de Nyanza, dans l’ouest du Kenya.
Mme Atieno a trop peur d’être traitée comme un paria pour faire le test du VIH et elle n’a jamais fait faire de dépistage à son enfant d’un an. « Quand je vais à l’hôpital, je leur mens [en disant que] j’ai fait le test là où j’ai accouché », a-t-elle dit.
Préjugés
Selon une étude publiée récemment par l’université d’Alabama à Birmingham dans la revue PLoS Medicine, les préjugés liés au VIH empêchent peut-être les mères kenyanes de bénéficier de services obstétricaux essentiels, délivrés par des agents qualifiés. L’étude a révélé que « l’accouchement à l’hôpital est généralement considéré comme plus approprié pour les femmes dont la grossesse présente des complications, comme le VIH ».
« L’idée selon laquelle l’accouchement à l’hôpital n’est nécessaire que pour les femmes qui ont des problèmes ou des complications et non pas pour une naissance “normale” semble être très commune dans la région », a dit à IRIN/PlusNews Janet Turan, chercheuse principale de cette étude.
L’étude a analysé les différents facteurs liés à la peur et à l’expérience des préjugés liés au VIH chez les femmes enceintes et à leur recours aux services de maternité. L’enquête a eu lieu à Migori, un district rural de la province de Nyanza, où la prévalence du VIH de 13,9 pour cent est deux fois supérieure à la moyenne nationale. Environ 35 pour cent des personnes interrogées ont dit avoir accouché dans un centre médical. Parmi les autres, 78 pour cent disaient avoir accouché avec l’aide d’une accoucheuse traditionnelle.
Selon
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Campagnes de santé
Selon les auteurs de l’étude, les campagnes publiques de sensibilisation visant à améliorer la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant sont en partie responsables de l’idée que les services obstétricaux qualifiés sont davantage adaptés aux femmes porteuses du VIH.
« Les efforts de mobilisation de la population visant à augmenter le recours aux services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant [...] peuvent avoir involontairement renforcé l’idée que les femmes qui accouchent dans de tels services sont probablement séropositives au VIH », ont remarqué les auteurs.
Selon Mme Turan, les campagnes de santé sont essentielles pour corriger ces idées fausses concernant l’accouchement à l’hôpital.
« Les campagnes de santé devraient insister sur le fait que l’accouchement dans un établissement de santé avec un prestataire de soins qualifié est important pour toutes les femmes », a dit Mme Turan.
L’étude a découvert que les femmes qui avaient une attitude plus négative par rapport aux personnes porteuses du VIH étaient moins susceptibles d’accoucher à l’hôpital que celles qui avaient une attitude plus positive à leur égard. Les femmes les plus instruites, qui discutaient avec leur partenaire du lieu de l’accouchement et qui assistaient à plus de quatre visites médicales prénatales étaient également plus enclines à accoucher à l’hôpital.
« Associer des stratégies bien connues de lutte contre les préjugés liés au VIH et des interventions de santé maternelle et de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant pourrait réduire certains des problèmes de santé les plus urgents pour les femmes et les enfants d’Afrique subsaharienne », ont conclu les auteurs.
Selon les professionnels de santé, le gouvernement doit également se pencher sur les autres obstacles à l’utilisation de services obstétricaux qualifiés. « La distance entre la population et les centres de santé, le coût des accouchements dans ces établissements et l’idée que les agents de santé vont vous maltraiter ou vous faire subir de force certaines opérations chirurgicales ne sont que quelques exemples », a dit à IRIN/PlusNews Nicholas Okeyo, agent hospitalier du centre de santé de Maseno.
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