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mardi 21 mai 2013
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MIGRATION: Grèce – « un environnement dangereux pour les migrants »
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Rafael Alvez/Flickr
Le traitement des migrants par la police grecque sous haute surveillance
BANGKOK, 20 août 2012 (IRIN) - Des groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé la répression policière menée en Grèce à l’encontre des migrants sans papiers, ainsi que les conditions de détention inhumaines et les crimes haineux commis en toute impunité.
Les autorités grecques ont adopté des mesures de lutte contre l’immigration clandestine dans la capitale, Athènes. Début août, la police a arrêté
7 754 migrants
, dont 1 656 ont été placés dans des centres de détention pour s’être introduit illégalement sur le territoire.
« La Grèce a le droit d’appliquer ses lois relatives à l’immigration et, après un procès équitable, d’expulser les personnes dont le séjour dans le pays n’est pas juridiquement fondé », a dit Benjamin Ward, directeur adjoint de la section Europe et Asie centrale de
Human Rights Watch
. « Mais elle n’a pas le droit de traiter ces personnes comme des criminels ou de présumer qu’elles sont en situation irrégulière en raison de leur race ou de leur origine ethnique ».
Selon l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (
Frontex
), durant les trois premiers mois de l’année 2012, environ 64 pour cent des migrants en situation irrégulière présents dans l’Union européenne (UE) sont arrivés clandestinement par la Grèce.
Selon les chiffres du gouvernement et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (
OCDE
), en 2010, les migrants clandestins représentaient près de 10 pour cent des 11 millions d’habitants que compte la Grèce, soit environ 810 000 personnes.
« La Grèce semble être le pays par lequel il est le plus facile d’entrer en Europe, de plus en plus de personnes vont donc essayer de passer par ici », a commenté Nikitas Kanakis, directeur de Médecins du Monde (MDM) Grèce, qui tient un centre de soins gratuits pour les migrants sans papier de la capitale. « Mais le manque de services et la politique [restrictive] en matière d’immigration, combinés à la profonde crise économique et sociale [que connaît la Grèce] [...] créent un environnement dangereux pour les migrants ».
Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (
HCR
), la plupart des migrants en situation irrégulière se trouvant en Grèce y sont bloqués faute d’argent pour poursuivre leur voyage et en raison du « dysfonctionnement » du système de traitement des demandes d’asile. Seulement 2 860 des plus de 10 000 demandes d’asile et 47 000 recours déposés en 2010 ont obtenu une issue positive.
Le HCR a également remarqué que dans la première moitié de l’année 2011, les autorités grecques avaient arrêté environ 57 000 migrants sans papiers et que la plupart avaient été expulsés sans qu’aucun effort ne soit fait pour évaluer leur situation.
Les migrants qui échappent aux arrestations et à l’expulsion risquent de plus en plus d’être confrontés à la violence et au racisme dans ce pays qui connaît la pire crise économique depuis des décennies. « En Grèce, les migrants sans papiers n’ont pas les moyens de satisfaire nombre de leurs besoins essentiels », a dit Tassos Yphantis, assistant social pour MDM, qui a pris en charge environ
300 victimes d’agressions
au cours des six premiers mois de 2011.
« La plupart d’entre eux sont sans domicile ou vivent en groupe dans des appartements exigus et n’ont pas accès aux soins de santé primaires. Ils vivent quotidiennement dans la crainte de se faire arrêter ou agresser pour des motifs racistes », a-t-il commenté.
Le HCR, la Commission nationale pour les droits de l’homme et 19 groupes appartenant au
Racist Violence Recording Network
(Réseau d’enregistrement des incidents de violence raciste), ont dénoncé l’agression mortelle d’un jeune Irakien le 12 août et ont appelé le gouvernement à mettre un terme à l’impunité des crimes haineux. Les agressions racistes de migrants et de réfugiés sont « un phénomène quasi quotidien », ont-ils dit.
Un migrant âgé de 16 ans, qui a fui l’Afghanistan lorsque les talibans ont recruté de force son frère aîné, a atteint la Grèce avec l’aide d’un passeur après 35 jours d’un voyage éprouvant à travers l’Iran et la Turquie. Il a obtenu un permis de séjour temporaire de six mois après avoir déposé une demande d’asile et vit maintenant dans un jardin public d’Athènes avec d’autres migrants afghans. « Un chauffeur de bus m’a pris de force mon permis de séjour, car je n’avais pas payé mon ticket de bus », a-t-il relaté. « J’ai protesté et on m’a conduit au poste de police, où on m’a confisqué mon permis ».
Des groupes de défense des droits de l’homme
ont dénoncé le caractère discriminatoire des récents actes de répression et l’inhumanité des conditions de détention.
« Les immigrés sans papiers sont généralement détenus dans les postes de police, qui sont surchargés et incapables d’accueillir un si grand nombre de personnes », a dit à IRIN Christos Manouras, lieutenant adjoint et porte-parole de la police.
Mais la situation évolue. « Les migrants sont transférés dans de nouveaux centres de détentions [à Athènes et près de la frontière turque] pour éviter de surcharger les locaux de la police. Ces centres de détention respectent les normes internationales et hébergent les migrants qui ne remplissent pas les conditions d’obtention de l’asile et attendent d’être rapatriés. »
Le 31 juillet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les autorités grecques ont signé un accord visant à proposer, dans les 12 prochains mois, un « retour volontaire assisté » à 7 000 migrants clandestins se trouvant en Grèce.
Ce projet de 12 millions de dollars, financé par le Fonds européen pour le retour, avec une participation à hauteur de 25 pour cent du gouvernement grec, offrira à un petit nombre de migrants un soutien à la réintégration dans leur pays d’origine.
« L’afflux de migrants traversant nos frontières pèse fortement sur la Grèce. Ce n’est pas un problème grec, mais un problème européen, qui devrait être traité comme tel », a dit le porte-parole de la police, M. Manouras. « Les retours volontaires assistés aideront à lutter contre le crime organisé des trafiquants d’êtres humains et assureront un retour digne aux migrants. »
Alors que l’UE se débat avec la question de savoir qui doit assumer la responsabilité du rapatriement des migrants, les droits de ces derniers sont en péril, a dit M. Kanakis, de MDM.
« La crise économique a une incidence profonde sur la vie des migrants en situation irrégulière et altère la sympathie de la population à leur égard. [...] Les autorités devraient adopter une stratégie claire en matière d’immigration et prendre des mesures simples comme la mise en place de centres d’hébergement de nuit, de bains [publics] et de services pour les femmes et les enfants », a-t-il dit.
« Nous devons organiser des rapatriements simples et efficaces et renégocier avec l’UE. Il s’agit d’un problème européen. »
fm/pt/he
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Droits de l'homme
,
Migration
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Rafael Alvez/Flickr
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BANGKOK, 20 août 2012 (IRIN) - Des groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé la répression policière menée en Grèce à l’encontre des migrants sans papiers, ainsi que les conditions de détention inhumaines et les crimes haineux commis en toute impunité.
Les autorités grecques ont adopté des mesures de lutte contre l’immigration clandestine dans la capitale, Athènes. Début août, la police a arrêté
7 754 migrants
, dont 1 656 ont été placés dans des centres de détention pour s’être introduit illégalement sur le territoire.
« La Grèce a le droit d’appliquer ses lois relatives à l’immigration et, après un procès équitable, d’expulser les personnes dont le séjour dans le pays n’est pas juridiquement fondé », a dit Benjamin Ward, directeur adjoint de la section Europe et Asie centrale de
Human Rights Watch
. « Mais elle n’a pas le droit de traiter ces personnes comme des criminels ou de présumer qu’elles sont en situation irrégulière en raison de leur race ou de leur origine ethnique ».
Selon l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (
Frontex
), durant les trois premiers mois de l’année 2012, environ 64 pour cent des migrants en situation irrégulière présents dans l’Union européenne (UE) sont arrivés clandestinement par la Grèce.
Selon les chiffres du gouvernement et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (
OCDE
), en 2010, les migrants clandestins représentaient près de 10 pour cent des 11 millions d’habitants que compte la Grèce, soit environ 810 000 personnes.
« La Grèce semble être le pays par lequel il est le plus facile d’entrer en Europe, de plus en plus de personnes vont donc essayer de passer par ici », a commenté Nikitas Kanakis, directeur de Médecins du Monde (MDM) Grèce, qui tient un centre de soins gratuits pour les migrants sans papier de la capitale. « Mais le manque de services et la politique [restrictive] en matière d’immigration, combinés à la profonde crise économique et sociale [que connaît la Grèce] [...] créent un environnement dangereux pour les migrants ».
Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (
HCR
), la plupart des migrants en situation irrégulière se trouvant en Grèce y sont bloqués faute d’argent pour poursuivre leur voyage et en raison du « dysfonctionnement » du système de traitement des demandes d’asile. Seulement 2 860 des plus de 10 000 demandes d’asile et 47 000 recours déposés en 2010 ont obtenu une issue positive.
Le HCR a également remarqué que dans la première moitié de l’année 2011, les autorités grecques avaient arrêté environ 57 000 migrants sans papiers et que la plupart avaient été expulsés sans qu’aucun effort ne soit fait pour évaluer leur situation.
Les migrants qui échappent aux arrestations et à l’expulsion risquent de plus en plus d’être confrontés à la violence et au racisme dans ce pays qui connaît la pire crise économique depuis des décennies. « En Grèce, les migrants sans papiers n’ont pas les moyens de satisfaire nombre de leurs besoins essentiels », a dit Tassos Yphantis, assistant social pour MDM, qui a pris en charge environ
300 victimes d’agressions
au cours des six premiers mois de 2011.
« La plupart d’entre eux sont sans domicile ou vivent en groupe dans des appartements exigus et n’ont pas accès aux soins de santé primaires. Ils vivent quotidiennement dans la crainte de se faire arrêter ou agresser pour des motifs racistes », a-t-il commenté.
Le HCR, la Commission nationale pour les droits de l’homme et 19 groupes appartenant au
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(Réseau d’enregistrement des incidents de violence raciste), ont dénoncé l’agression mortelle d’un jeune Irakien le 12 août et ont appelé le gouvernement à mettre un terme à l’impunité des crimes haineux. Les agressions racistes de migrants et de réfugiés sont « un phénomène quasi quotidien », ont-ils dit.
Un migrant âgé de 16 ans, qui a fui l’Afghanistan lorsque les talibans ont recruté de force son frère aîné, a atteint la Grèce avec l’aide d’un passeur après 35 jours d’un voyage éprouvant à travers l’Iran et la Turquie. Il a obtenu un permis de séjour temporaire de six mois après avoir déposé une demande d’asile et vit maintenant dans un jardin public d’Athènes avec d’autres migrants afghans. « Un chauffeur de bus m’a pris de force mon permis de séjour, car je n’avais pas payé mon ticket de bus », a-t-il relaté. « J’ai protesté et on m’a conduit au poste de police, où on m’a confisqué mon permis ».
Des groupes de défense des droits de l’homme
ont dénoncé le caractère discriminatoire des récents actes de répression et l’inhumanité des conditions de détention.
« Les immigrés sans papiers sont généralement détenus dans les postes de police, qui sont surchargés et incapables d’accueillir un si grand nombre de personnes », a dit à IRIN Christos Manouras, lieutenant adjoint et porte-parole de la police.
Mais la situation évolue. « Les migrants sont transférés dans de nouveaux centres de détentions [à Athènes et près de la frontière turque] pour éviter de surcharger les locaux de la police. Ces centres de détention respectent les normes internationales et hébergent les migrants qui ne remplissent pas les conditions d’obtention de l’asile et attendent d’être rapatriés. »
Le 31 juillet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les autorités grecques ont signé un accord visant à proposer, dans les 12 prochains mois, un « retour volontaire assisté » à 7 000 migrants clandestins se trouvant en Grèce.
Ce projet de 12 millions de dollars, financé par le Fonds européen pour le retour, avec une participation à hauteur de 25 pour cent du gouvernement grec, offrira à un petit nombre de migrants un soutien à la réintégration dans leur pays d’origine.
« L’afflux de migrants traversant nos frontières pèse fortement sur la Grèce. Ce n’est pas un problème grec, mais un problème européen, qui devrait être traité comme tel », a dit le porte-parole de la police, M. Manouras. « Les retours volontaires assistés aideront à lutter contre le crime organisé des trafiquants d’êtres humains et assureront un retour digne aux migrants. »
Alors que l’UE se débat avec la question de savoir qui doit assumer la responsabilité du rapatriement des migrants, les droits de ces derniers sont en péril, a dit M. Kanakis, de MDM.
« La crise économique a une incidence profonde sur la vie des migrants en situation irrégulière et altère la sympathie de la population à leur égard. [...] Les autorités devraient adopter une stratégie claire en matière d’immigration et prendre des mesures simples comme la mise en place de centres d’hébergement de nuit, de bains [publics] et de services pour les femmes et les enfants », a-t-il dit.
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